14/07/2021 08:55
Les violences en Afrique du Sud, nourries par un ras-le-bol général sur fond de crise économique, se sont intensifiées avec un dernier bilan faisant état de 72 morts, après avoir sporadiquement commencé dans la foulée de l'incarcération de l'ex-président Jacob Zuma.
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De la fumée s'élève au-dessus d'un bâtiment incendié par des pillards à Umhlanga, près de Durban, en Afrique du Sud, le 13 juillet.
Photo : AFP/VNA/CVN

En pays zoulou (Est), fief de l'ancien chef d'Éat où il est emprisonné depuis jeudi 8 juillet, des premiers incidents limités avaient éclaté le lendemain avec des routes bloquées et plusieurs camions incendiés.

Mais en quelques jours, 27 personnes ont trouvé la mort dans la région, selon la police mardi soir 13 juillet. À plus de 500km de là, les violences et les pillages frénétiques se sont répandus dans la plus grande ville du pays, Johannesburg: 45 personnes sont mortes dans la province du Gauteng.

La plupart des décès sont survenus lors de bousculades pendant des pillages de magasins et de centres commerciaux, a affirmé la police. D'autre morts et blessures sont aussi liées à des explosions de distributeurs automatiques de billets et à des tirs, a-t-elle précisé.

"Je ne me sens pas vraiment concerné par Zuma. Je prenais des choses dans le magasin pour ma mère", a déclaré Tibello, 30 ans, au chômage, les bras chargés de chips et de bonbons près d'un centre commercial de Soweto, dévasté un peu plus tôt par les pillards.

Durement touchée par une troisième vague de COVID-19, l'Afrique du Sud, qui a atteint un chômage record à 32,6% avec la pandémie, a imposé de nouvelles restrictions sanitaires fin juin.

Dans ce contexte, des milliers de Sud-Africains ont fait la sourde oreille aux appels au calme des autorités et continué à affluer mardi 13 juillet vers les entrepôts et les magasins, remplissant charriots et coffres de voitures.

"Police dépassée" 

Les images des pillages ont montré des foules compactes et avides se précipitant pour récupérer un téléviseur géant, une table, des couches ou encore des conserves...

La police, en sous-nombre, a rapidement été dépassée. L'armée a été déployée, 2.500 soldat venant épauler les policiers dans les points chauds, notamment dans les townships autour de Johannesburg.

Au total, 1.234 personnes ont été arrêtées. Mais dans la soirée, des messages donnant peu à peu une idée de l'étendue des destructions continuaient à affluer.

La raffinerie South African Petroleum (Sapref) a déclaré fermer temporairement son usine, qui fournit 35% du carburant consommé dans le pays, pour cause de "force majeure".

Le ministre de la Police, Bheki Cele, s'est engagé à ce que la situation "ne se détériore pas davantage". Mais dans la journée, des images ont montré des pillards faisant tranquillement des allers et venus dans un centre commercial du township miséreux d'Alexandra.

AFP/VNA/CVN
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