21/10/2021 09:28
Talibans, Russes, Chinois et Iraniens se sont accordés mercredi 20 octobre pour renforcer leur collaboration sécuritaire en Afghanistan, où l'activité de groupes terroristes et le risque d'une crise humanitaire font craindre une déstabilisation de toute la région.
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L'envoyé présidentiel russe pour l'Afghanistan, Zamir Kaboulov (gauche), salue Mawlawi Shahabuddin Dilawar, membre d'une délégation talibane reçue à Moscou, le 20 octobre.
Photo : AFP/VNA/CVN

Une délégation des talibans s'est rendue à Moscou pour les premiers pourparlers internationaux en Russie depuis leur arrivée au pouvoir en août.

Outre l'Afghanistan, ces négociations ont impliqué dix pays, à savoir la Russie, la Chine, l'Iran, le Pakistan, l'Inde et les pays d'Asie centrale, mais pas les États-Unis.

Dans une déclaration commune, les participants ont souligné mercredi 20 octobre leur volonté de coopérer en matière de sécurité pour "contribuer à la stabilité régionale", le régime de Kaboul étant confronté à "l’activité d'organisations terroristes".

"Tout engagement ultérieur avec l'Afghanistan requiert de prendre en compte une nouvelle réalité, l'arrivée au pouvoir des talibans", ont-ils écrit dans cette déclaration commune.

L'Afghanistan, exsangue après des décennies de guerre, est confronté à la double menace d'une grave crise humanitaire et sécuritaire en raison de l'activité de groupes jihadistes, en particulier aux attentats sanglants de l'État islamique - Khorasan (EI-K).

Conférence de donateurs

Les dix pays ayant participé aux négociations de Moscou avec les talibans ont également exhorté ces derniers à mettre en place des "politiques modérées", tant au plan intérieur qu'extérieur, selon leur déclaration commune.

Ils ont enjoint les nouveaux maîtres de Kaboul à adopter des "politiques amicales à l'égard des voisins de l'Afghanistan, à atteindre les objectifs communs d'une paix durable, de la sécurité et d'une prospérité sur le long terme".

Les dix pays ont également appelé les talibans à "respecter les droits des groupes ethniques, des femmes et des enfants".

Enfin, ils ont demandé à l'ONU d'organiser "une conférence internationale des donateurs" pour éviter une grave crise humanitaire.

Une délégation talibane reçue par les autorités russes à Moscou, le 20 octobre.
Photo : AFP/VNA/CVN

D'après leur déclaration commune, le "fardeau" de la reconstruction économique et du développement de l'Afghanistan doit être porté par "les acteurs (du conflit) qui étaient dans le pays ces 20 dernières années", une allusion claire aux forces occidentales, en particulier américaines.

Les talibans, soumis à des sanctions internationales, n'ont pas les fonds pour faire tourner les banques et verser les salaires. Washington a notamment gelé les réserves de la Banque centrale afghane.

S'exprimant au Sénat, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a quant à lui reconnu mercredi 20 octobre que le manque de liquidités en Afghanistan pourrait entraîner un effondrement de l'État.

Craintes de Moscou

Dans un communiqué distinct, la diplomatie russe a réitéré son appel à un gouvernement "inclusif" en Afghanistan, impliquant d'autres tendances politiques dans les structures de pouvoir.

Au début des discussions, le chef de la délégation afghane, le vice-Premier ministre Abdul Salam Hanafi, avait cependant jugé que son gouvernement était "déjà inclusif".

L'émissaire du Kremlin pour l'Afghanistan, Zamir Kaboulov, a de son côté estimé que les talibans devaient tenir leurs promesses en matière de respect des droits de l'homme pour obtenir une reconnaissance de la communauté internationale.

Pour sa part, M. Hanafi a appelé la communauté internationale à reconnaître le pouvoir taliban, arguant que "l'isolement de l'Afghanistan n'est dans l'intérêt d'aucune partie".

Mercredi 20 octobre, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a relevé que "de nombreux groupes terroristes, en premier lieu l'État islamique et Al-Qaïda, cherchaient à profiter" de l'instabilité dans ce pays.

"Nous reconnaissons les efforts entrepris pour stabiliser la situation politico-militaire", a souligné M. Lavrov.

Russes, Turcs, Iraniens, Européens, pays d'Asie centrale ont aussi à cœur d'éviter une crise des réfugiés. M. Lavrov a à cet égard relevé mercredi 20 octobre que des jihadistes pourraient "se cacher dans des flux migratoires".

AFP/VNA/CVN
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