05/08/2018 14:55
Le bilan s'est alourdi samedi 4 août à Gardez, dans l'Est de l'Afghanistan, où les autorités ont dénombré 35 morts et 94 blessés au lendemain de l'attentat de deux kamikazes en burqa dans une mosquée chiite, revendiqué par les jihadistes du groupe État islamique.
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Vue de l'intérieur d'une mosquée de Gardez dévastée par un attentat suicide le 3 août en Afghanistan. Photo: AFP/VNA/CVN

"Parmi les 35 morts, trois étaient des enfants" a déclaré à l'AFP Shamim Khan Katawazi, gouverneur de la province de Paktia, précisant que "parmi les 94 blessés, 17, dans un état critique, ont été transférés par hélicoptère à Kaboul". Un précédent bilan faisait vendredi 3 août état de 29 morts et 81 blessés.

Le chef de la police provinciale, le général Raz Mohammad Mandozai, a confirmé le nouveau décompte de victimes, ainsi que la présence d'enfants parmi elles.

Les kamikazes déguisés en femmes, dissimulant leurs vestes explosives sous les burqas, ont fait irruption dans la mosquée en pleine prière du vendredi 3 août et ont ouvert le feu sur les croyants avant d'activer leurs charges, provoquant un carnage.

Ce n'est pas la première fois que des kamikazes se présentent sous une burqa, profitant du fait que les femmes sont rarement fouillées.

Dans la soirée de samedi 4 août, le groupe État islamique (EI) a revendiqué l'attaque via son organe de propagande Amaq, selon le site américain spécialisé dans la surveillance des groupes islamistes et extrémistes.

Les talibans avaient rapidement fait savoir qu'ils n'avaient "rien à voir" dans ce massacre, désignant une nouvelle fois, implicitement, l'EI.

Sayed Moharram, 40 ans, enterre son fils. "J'étais à la maison j'ai entendu l'explosion j'ai couru à la mosquée et j'ai découvert le corps de mon fils parmi les morts. J'ai du mal à accepter qu'il ne sera plus à mes côtés" pleure-t-il.

Depuis deux ans, la minorité chiite d'Afghanistan et ses mosquées sont régulièrement ciblées par des attentats généralement revendiqués ou attribués aux extrémistes sunnites de l'EI.

Mais c'est la première fois qu'une mosquée chiite est visée dans la province instable de Paktia, frontalière des zones tribales du Pakistan et pourtant théâtre de nombreux attentats.

"Nous avions demandé au gouvernement de prendre des mesures et de protéger les mosquées et les rassemblements chiites, de déployer l'armée. Mais ils n'ont pas fait leur travail", dénonce Haji Sultan, 70 ans, en marge des funérailles.

L'EI, en recul face à l'armée et aux talibans sur le front militaire dans le Nord et l'Est, ses principaux fiefs, multiplie actuellement les attentats aveugles.

AFP/VNA/CVN

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