14/02/2021 19:20
Au moins 100 camions-citernes ont été détruits samedi 13 février dans un incendie en Afghanistan à l'un des plus importants postes-frontières avec l'Iran, causant des millions de dollars de pertes, ont annoncé des responsables dimanche 14 février.
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Un pompier marche au milieu de camions-citernes détruits par un incendie le 14 février 2021 à la périphérie d'Herat en Afghanistan. Photo : AFP/VNA/CVN

"Nous avons appris qu'(au moins) entre 100 et 200 camions ont été détruits. Nous avons besoin de plus de temps pour déterminer l'ampleur des dommages", a déclaré Jailani Farhad, le porte-parole de gouverneur de la province de Herat, après s'être rendu sur les lieux.

L'incendie est toujours en cours, mais a été quasiment éteint, et une enquête est en cours.

Environ 20 blessés ont été emmenés à l'hôpital suite à l'incendie, qui a débuté samedi en début d'après-midi au poste-frontière d'Islam Qala, a ajouté M. Farhad, un chiffre confirmé par des responsables de santé.

Alors que les pompiers tentaient d'éteindre le feu, des pilleurs se sont introduit sur les lieux, dérobant des biens importés et exportés à la frontière, a raconté Younus Qazi Zada, le chef de la Chambre de commerce de Herat.

"La catastrophe est bien plus importante que ce que nous pensions", a-t-il rapporté.

"Malheureusement, des voleurs sans vergogne ont pillé un grand nombre de biens", a dénoncé M. Zada.

Samedi, il avait estimé des "millions de dollars de pertes".

Un photographe de l'AFP qui s'est rendu sur le lieu de l'incident dimanche 14 février a décrit des flammes et de la fumée flottant toujours au-dessus des carcasses calcinées des véhicules.

Des centaines de personnes se disant propriétaires de camions se sont rassemblées autour du cordon de police dans l'espoir de s'approcher du site de l'incendie.

Un membre des forces de sécurité afghanes marche au milieu de camions-citernes détruits par un incendie le 14 février 2021. Photo : AFP/VNA/CVN

Selon le ministère des Finances, le feu a débuté dans un camion selon les rapports prémilitaires.

L'incident a causé "de lourdes pertes financières", dont du carburant, des camions-citernes et des infrastructures du bureau de douane, a-t-il regretté.

Une délégation a été envoyée de Kaboul pour enquêter sur l'incident, a précisé le ministère.

Une grande partie de la province de Herat n'avait pas d'électricité dimanche 14 février, car des lignes électriques ont été endommagées.

Fuites vers l'Iran

Islam Qala est l'un des plus importants passages frontaliers d'Afghanistan.

L'Afghanistan a reçu une exemption de la part de Washington lui permettant d'importer de l'essence et du gaz iraniens malgré les sanctions américaines.

La frontière "était ouverte pour les camions, voitures et personnes fuyant l'incendie vers l'Iran", a raconté Saeed Khatibzadeh, porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien.

Des Afghans marchent au milieu de camions-citernes détruits par un incendie le 14 février 2021 à la périphérie d'Herat, près de la frontière avec l'Iran.
Photo : AFP/VNA/CVN

Selon le vice-président afghan Amrullah Saleh, des centaines de camions ont pu entrer en Iran pour se protéger.

Des pompiers afghans et iraniens sont toujours sur les lieux pour éteindre les derniers petits feux, a précisé M. Farhad.

Prenant avantage de la situation, les talibans ont attaqué samedi 13 février un poste de sécurité voisin pendant l'incendie, a-t-il déploré.

Ces derniers attaquent régulièrement les camions-citernes qu'ils soupçonnent d'approvisionner les troupes étrangères en Afghanistan.

En 2014, les insurgés ont revendiqué une attaque près de Kaboul qui a détruit plus de 200 camions-citernes.

Rien n'indique cependant que le groupe soit responsable de l'incendie de samedi 13 février.

Des forces de sécurité ont tout de même été déployées autour du poste-frontière.

Malgré les pourparlers de paix entre les talibans et Kaboul ouverts en septembre à Doha, pas une journée ne se passe dans le pays sans une explosion, des attaques contre les forces gouvernementales ou un assassinat ciblé.

Ces négociations inter-afghanes sont aujourd'hui au point mort.

Sitôt l'entrée en fonction du président des États-Unis Joe Biden, son administration a ordonné un réexamen de l'accord signé avec les talibans en février 2020 à Doha, qui prévoit le retrait total des forces américaines d'Afghanistan d'ici le 1er mai.
 
AFP/VNA/CVN
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