26/07/2020 17:19
La police a utilisé samedi 25 juillet des grenades éblouissantes et du gaz au poivre contre les manifestants à Seattle, qui rejoint le mouvement initié à Portland contre le racisme et désormais le déploiement d'agents fédéraux ordonné par Donald Trump.

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Les forces de l'ordre ont répliqué à Portland avec d'abondants tirs de gaz lacrymogène et dispersé la foule. Photo : AP/VNA/CVN

En parallèle, des heurts entre manifestants et policiers ont de nouveau marqué la nuit de vendredi 24 juillet à samedi 25 juillet dans la ville de Portland, dans l'Oregon, théâtre depuis près de deux mois de ces rassemblements. 

Mais à Seattle, dans l'État de Washington, la nuit de samedi 25 juillet à dimanche 26 juillet a été particulièrement mouvementée, avec cette réplique policière à une tentative de manifestants de déclencher un incendie devant un centre de détention pour mineurs.

Certains des manifestants ont tenté de se protéger du gaz au poivre avec des parapluies, selon un journaliste de l'AFP sur place, témoin également de détonations. Selon le Seattle Times, 16 personnes ont été interpellées.

À Portland, épicentre de la protestation, des manifestants ont tenté de mettre à terre une barrière devant le tribunal fédéral, a constaté une journaliste de l'AFP. Les forces de l'ordre ont là aussi répliqué avec d'abondants tirs de gaz lacrymogène et dispersé la foule.

Le mouvement dans cette ville du nord-ouest des États-Unis avait commencé, comme ailleurs dans le pays et dans le monde, après la mort fin mai d'un homme noir, George Floyd, sous le genou d'un policier blanc à Minneapolis. Il s'est amplifié lorsque sont arrivés mi-juillet des policiers fédéraux à Portland.

Dans de nombreuses vidéos publiées sur les réseaux sociaux, on voit ces agents, en tenue paramilitaire et sans badge visible d'identification, utiliser des véhicules banalisés pour interpeller des manifestants, attisant les braises de la contestation.

Une enquête officielle a été ouverte jeudi 23 juillet par le ministère de la Justice sur l'action très controversée de policiers fédéraux sur place.

Le président Trump, qui fait notamment campagne pour être réélu en novembre sur le rétablissement de "l'ordre", a aussi annoncé mercredi 22 juillet renforcer les effectifs des agents fédéraux à Chicago et d'autres villes après une résurgence de la criminalité et des fusillades.

Incident à Louisville 

Samedi 25 juillet, trois personnes ont été légèrement blessées par arme à feu en marge d'une manifestation antiraciste à Louisville, dans l'État du Kentucky, ont rapporté des médias américains. La police a toutefois évoqué des circonstances "accidentelles".

Dans cette ville, des militants noirs du groupe NFAC, lourdement armés, ont protesté contre la mort de Breonna Taylor, une femme noire tuée par la police en mars dans son appartement. Mais la police était déployée pour éviter tout accrochage avec des contre-manifestants blancs d'un groupe conservateur, également armés. 

À Portland, dans la nuit de vendredi 24 juillet à samedi 25 juillet, au-delà des tensions, les manifestants s'étaient aussi retrouvés dans une atmosphère bon enfant, jouant des percussions et tirant des feux d'artifice sous les applaudissements de la foule.

Certains d'entre eux s'étaient réunis avant la tombée de la nuit devant un mémorial commémorant des personnes noires décédées de violences policières.

"C'est incroyable qu'autant de personnes viennent, donc je veux juste être une voix de plus", a dit Sean Robinson, gérant en informatique. "Et mon autre message, c'est que les vies des personnes noires comptent". 

Daniel Douglas, un informaticien de 31 ans, porte un sac à dos sur lequel il a écrit "les fédéraux dehors maintenant". "On ne veut pas que des fédéraux venus de l'extérieur de notre ville occupent notre ville et terrorisent nos communautés", a-t-il expliqué.

AFP/VNA/CVN

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