12/06/2019 11:30
La Commission européenne a mis mardi 11 juin son veto au projet de fusion dans l'acier du conglomérat allemand Thyssenkrupp avec l'Indien Tata, craignant une réduction de la concurrence dans ce secteur.


Le siège du conglomérat allemand Thyssenkrupp à Essen, en Allemagne.
Photo: AFP/VNA/CVN


Lundi 10 mai, Thyssenkrupp et Tata avaient en réalité déjà enterré leur projet de mariage. Les deux groupes avaient dit renoncer à faire davantage de concessions (notamment en vendant des actifs supplémentaires) pour arracher le feu vert de la Commission européenne.

Ils avaient expliqué que leur union n'aurait plus du tout été pertinente s'ils avaient dû se séparer d'autres activités. La Commissaire européenne à la concurrence, Margrethe Vestager, a donc décidé d'interdire ce rapprochement, ce qui fait monter à six le nombre de fusions interdites depuis le début de son mandat, fin 2014, dont celle dans le rail du Français Alstom avec l'Allemand Siemens.

Thyssenkrupp a indiqué vouloir étudier les raisons du refus, mais l'entreprise ne partage pas l'avis de la Commission, a indiqué une source proche du dossier. Les deux groupes avaient notamment proposé la cession d'usines en Espagne, en Belgique et au Royaume-Uni, a indiqué cette même source.

"En l'absence de mesures correctives répondant aux graves problèmes de concurrence que nous avions recensés, la concentration entre Tata Steel et Thyssenkrupp se serait traduite par une hausse des prix" dans le secteur de l'acier, a justifié Mme Vestager, citée dans un communiqué.

"Aussi nous avons interdit cette concentration afin d'éviter un préjudice grave pour les clients industriels et les consommateurs européens", a ajouté la Danoise, qui a réaffirmé son désir de prendre la tête de la Commission européenne.

L'exécutif européen a surtout considéré les remèdes proposés sur le créneau des produits d'acier destinés à l'emballage comme insuffisant, a précisé la source proche du dossier.

Pour Thyssenkrupp, la position de la Commission avait motivé en mai un virage à 180 degrés de sa stratégie: abandonnant le projet de scission annoncé à l'automne dernier et qui devait suivre la fusion avec Tata, le groupe allemand veut désormais se muer en holding. Il compte supprimer 6.000 emplois dans le monde au cours de cette restructuration et vise l'introduction en bourse de sa très rentable division ascenseurs.
 

APS/VNA/CVN

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