24/01/2013 13:46
Mettant fin à la guerre du Vietnam, les Accords de paix de Paris de 1973 fêteront ce 27 janvier leurs 40 ans. Rencontre avec quatre Viêt kiêu, qui soutenaient activement les négociations entre le Nord et le Sud Vietnam.

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Quarante ans en arrière, beaucoup de Vietnamiens résidant en France - les Viêt kiêu de France - étaient très jeunes, ils avaient une vingtaine d'années. Quelles que soient les raisons de leur expatriation, ils se retrouvaient alors à l'Union des Vietnamiens de France.

Créée en avril 1969, l'Union des Vietnamiens de France avait pour objectif de servir la Résistance des Vietnamiens contre les Américains. Elle comprenait diverses associations des étudiants, des intellectuels, des ouvriers, des commerçants, des personnes âgées, ou encore des médecins, vietnamiens vivant en France. Elle a été dissoute en 1975, après la réunification du pays.

La communauté vietnamienne en France fêtait la conclusion des Accords de paix de Paris le 27 janvier 1973. Photo : Archives


En 1976, l'Union générale des Vietnamiens de France (UGVF) a vu alors le jour, et œuvre depuis au développement du pays. Son vice-président Nguyên Van Bôn, chargé des affaires extérieures, était à l'époque président de l'Association des étudiants vietnamiens de France (qui comprenait environ 300 membres). "Il est regrettable que les personnes ayant aidé directement les deux délégations de négociations du Vietnam soient aujourd’hui peu nombreuses", indique-t-il.

Nguyên Van Bôn


D'après lui, les Viêt kiêu de France ont notamment collecté à partir de 1954 de l'argent pour envoyer au Fonds de lutte contre les Américains au Vietnam.

Le temps s'est écoulé si rapidement que personne ne s'est rendue compte que les négociations des Accords de Paris avaient duré cinq longues années. La délégation de la République démocratique du Vietnam (Nord Vietnam) ne logeait plus à l'hôtel, mais habitait à Choisy-le-Roi, dans la banlieue sud de Paris. Des Viêt kiêu l'ont activement aidé dans ses tâches quotidiennes, notamment la cuisine, ou la traduction de la presse française. "Chacun s’efforçait de mener à bien la mission qui lui était assignée, si petite soit-elle", se souvient M. Bôn.

Soutiens de l’ombre

Bùi Thanh Tùng

Bùi Thanh Tùng réside en France depuis 1967. Il est l’actuel secrétaire général de l'UGVF.

Entre 1968 et 1972, il a régulièrement participé à l'organisation de manifestations, de colloques, de rencontres et de réunions avec des intellectuels et des amis français. Il leur a expliqué la guerre du Vietnam, le Front national de libération, la République démocratique du Vietnam. Accompagné d’autres étudiants, il a activement aidé les deux délégations à partir de 1968 : la République démocratique du Vietnam et le Gouvernement révolutionnaire provisoire de la République du Sud Vietnam formé par le Front national de libération, "répondant à
n'importe laquelle de leur demande". De plus, il a coopéré avec l'ambassade du Vietnam en France pour organiser d'autres actions et accélérer le processus de négociation.

Des témoignages qui s’en vont…

Đoàn Huu Trung

De nombreux octogénaires ne peuvent actuellement pas se rappeler ou raconter clairement ce qu'ils ont fait et éprouvé pendant ces cinq ans de négociations, de 1968 à 1973.

C’est d'abord le cas de Thérèse Nguyên Van Ký, présidente de l'UGVF.

Elle est toujours médecin, comme il y a 40 ans. Elle a soigné de nombreux membres des deux délégations et des Viêt kiêu. Elle a également participé à des rencontres, des manifestations, des sensibilisations auprès du public. Son action a été particulièrement notable. Pourtant, elle ne se souvient que d'une image, celle de l'avenue des Champs-Élysées couverte de drapeaux vietnamiens, manifestant ainsi le succès des négociations de paix.


De son côté, Đoàn Huu Trung, qui organisait à l'époque des meetings à des lieux peuplés de Viêt kiêu et aidait la délégation du Front national de libération à Massy, a utilisé la poésie pour coucher sur papier ses ressentis les plus profonds. Ils sont donc toujours là.

Lê Hà/CVN

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