24/05/2018 18:37
L'Iran a fixé mercredi soir 23 mai, à l'attention des Européens, les conditions nécessaires à ses yeux pour son maintien dans l'accord sur le nucléaire après le retrait des États-Unis de ce pacte.
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Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, le 23 mai à Tébéran.
Photo: AFP/VNA/CVN

Voici ces conditions telles que détaillées par le guide suprême de la République islamique, l'ayatollah Ali Khamenei, lors d'un discours devant des dirigeants, parmi lesquels le président Hassan Rohani, selon la version officielle de ce texte publiée jeudi 24 mai.

Résolution au Conseil de sécurité

- "Le départ des États-Unis est une violation de la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies [qui a entériné en juillet 2015 l'accord sur le nucléaire iranien conclu quelques jours plus tôt à Vienne entre Téhéran et les pays du groupe 5+1 - Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne, NDLR]; les Européens doivent présenter une résolution contre les États-Unis au Conseil de sécurité pour protester contre cette action".

Pas de discussion sur les missiles

- "Les dirigeants des trois pays européens (signataires de l'accord, Allemagne, France, Grande-Bretagne, NDLR) doivent s'engager et promettre de n'évoquer en aucune manière les questions des missiles iraniens et de la présence de l'Iran dans la région [...] Tout le monde doit savoir que la République islamique d'Iran ne renoncera certainement pas aux éléments de sa puissance notamment en ce qui concerne sa défense".

Garantir les ventes de pétrole iraniennes

- "Si les États-Unis réussissent à perturber les ventes de pétrole de l'Iran, les Européens doivent garantir l'achat de la quantité de pétrole que nous voudrions vendre" aux principaux clients parmi lesquels la Chine, l'Inde, le Japon et l'Union européenne.

Garantir les transactions commerciales

- "Les banques européennes doivent garantir" la possibilité de "transactions commerciales avec l'Iran", ce que la plupart des grands établissements financiers européens rechignent à faire jusqu'à présent par peur de sanctions aux États-Unis où ils sont très exposés.

Les démarches européennes

Le président français Emmanuel Macron, le 22 mai à Paris.
Photo: AFP/VNA/CVN 

L'Union européenne, l'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne s'activent pour tenter de sauver l'accord de Vienne en maintenant Téhéran dans ce compromis conclu après douze ans de crise sur la question nucléaire iranienne et d'intenses efforts diplomatiques.

L'accord de Vienne a permis un retour de l'Iran dans la communauté des nations après des années d'isolement et un allègement des sanctions internationales le visant en échange d'un engagement à ne pas se doter de l'arme atomique.

Le président français Emmanuel Macron avait notamment proposé de "compléter" l'accord de Vienne en amenant l'Iran à discuter de ses missiles balistiques et de son rôle dans plusieurs conflits régionaux.

Scepticisme iranien

Téhéran accuse les États-Unis en premier chef, mais aussi les Européens, d’avoir failli à leurs promesses et de n'avoir rien fait pour permettre à l'Iran de bénéficier de l'ouverture économique que le pays espérait à la suite de l'accord.

Mais le passage, cette semaine à Téhéran du commissaire européen à l'Énergie, Miguel Arias Canete, ne semble pas avoir convaincu les autorités de la bonne volonté des Européens ou de leur capacité à empêcher le retrait américain de saborder totalement l'accord de Vienne.

"L'Iran ne cherche pas de dispute avec les Européens mais, compte tenu de leur comportement passé, nous ne leur faisons pas confiance. Pour cette raison, les garanties données doivent être réelles", a ainsi déclaré M. Khamenei mercredi soir 23 mai. "Si les Européens traînent les pieds face à nos demandes, le droit de l'Iran à reprendre ses activités nucléaires arrêtées (conformément à l'accord de 2015) reste entier", a-t-il ajouté.

Le dirigeant iranien a aussi demandé aux responsables de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA) de se préparer pour une reprise éventuelle "de l'enrichissement d'uranium à 20% [...] si nous constatons que cet accord n'a pas d'utilité".
 
AFP/VNA/CVN
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