17/02/2017 08:53
"Diversité", "solidarité, "les immigrés nourrissent l'Amérique": sur les devantures de plusieurs dizaines de restaurants fermés à Washington, des pancartes expliquent pourquoi ils font grève jeudi 16 février lors d'une "Journée sans immigrés", initiative rare en protestation contre les politiques anti-immigration du président Donald Trump.

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Des militants pour les droits des migrants manifestent à Washington le 16 février. Photo : AFP/VNA/CVN

"Nous sommes trois fils d'immigrés", expliquent, sur une affichette collée sur une porte fermée, les fondateurs de Sweetgreen, une chaîne de bars à salade qui a décidé de clore ses 18 restaurants dans la capitale américaine.

"Nous soutenons le droit de nos employés à faire entendre leur voix en démocratie", poursuit le texte apposé sur la porte d'un établissement, à une quinzaine de minutes à pied de la Maison Blanche, que lit attentivement Edward Burger.

"C'est une bonne idée. Cette question des immigrés et de l'hospitalité des États-Unis est terriblement importante, pour eux comme pour nous. Il faut défendre leurs droits", confie ce médecin américain à la retraite âgé de 84 ans.

Ses déclarations contre les immigrés et les musulmans, son décret anti-immigration très controversé et actuellement suspendu par la justice ainsi qu'une vague d'arrestations et d'expulsions la semaine dernière, ont provoqué ce mouvement spontané de grève qui a pris de l'ampleur à Washington à la faveur du bouche à oreille.

Les immigrés nourrissent l'Amérique

"Monsieur le président, sans nous et sans notre soutien, ce pays est paralysé": du Pentagone jusque dans les quartiers à majorité hispanique, en passant par les rues commerciales proches de la Maison Blanche et du Capitole, ce même mot d'ordre a motivé la fermeture de quelque 70 restaurants jeudi 16 février, dont certaines des plus célèbres tables de la capitale.

Manifestation à Washington le 16 février. Photo : AFP/VNA/CVN

Des dizaines d'autres étaient également fermés ailleurs aux États-Unis, notamment à New York, Philadelphie ou Chicago, où environ 50 enseignes avaient baissé leurs rideaux.

Quelque 11 millions de clandestins vivent aux États-Unis et les sans-papiers représentaient 9% des employés du secteur de l'hôtellerie et de la restauration en 2014, selon l'institut Pew Research Center.

Arrivé d'Espagne dans les années 1990, le chef José Andrés est aujourd'hui à la tête d'un empire gastronomique aux États-Unis. Il a décidé de fermer cinq de ses restaurants à Washington "en soutien aux nombreux immigrants parmi nos employés". D'autres de ses enseignes restaient toutefois ouvertes, notamment pour les employés préférant travailler.

Personnalité hautement médiatique, le chef aux deux étoiles Michelin est en litige avec le président qui lui réclame plusieurs millions de dollars pour avoir renoncé à ouvrir un restaurant dans son hôtel de luxe, le Trump International Hotel, à Washington, après les propos contre les immigrés du républicain lors de la campagne électorale.

"Les immigrés nourrissent l'Amérique", pouvait-on lire sur les portes fermées de deux de ses célèbres restaurants, Jaleo et Oyamel, installés dans le quartier commercial de Chinatown.

AFP/VNA/CVN

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