17/03/2020 11:33
Wall Street a encaissé une des pires séances de son histoire lundi 16 mars alors que la panique face à l'avancée inexorable de la pandémie de coronavirus l'emportait sur les efforts massifs déployés par la Banque centrale américaine pour tenter de rassurer les marchés.
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Des courtiers boursiers à Wall Street. Photo : AFP/VNA/CVN

Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, s'est effondré de 12,93%, sa plus lourde chute depuis le Lundi noir d'octobre 1987. À 20.188,52 points, il tombe à son plus bas niveau depuis février 2017. Le Nasdaq, à forte coloration technologique, s'est écroulé de 12,32%, à 6.904,59 points tandis que l'indice élargi S&P 500 a plongé de 11,98% à 2.386,13 points.

L'affolement a gagné les courtiers dès le début de la séance, une chute de 7% du S&P 500 déclenchant automatiquement une suspension des échanges pendant un quart d'heure, censé permettre aux acteurs du marché de reprendre leurs esprits. C'est la troisième fois en six séances que ce mécanisme est utilisé. Les marchés font face à une extrême volatilité depuis le début de la crise du coronavirus, qui s'est encore accentuée la semaine dernière entre ce qui était alors la pire chute du Dow Jones depuis 1987 jeudi 12 mars (-10%), et sa plus importante hausse depuis 2008 vendredi (+9,4%).

Les indices ont repris un peu de terrain lundi 16 mars en cours de séance. Mais ils ont de nouveau plongé à la toute fin de la journée, alors que la Maison Blanche donnait une conférence de presse sur les efforts déployés par l'administration américaine pour lutter contre le coronavirus. Donald Trump y a notamment estimé que l'épidémie pourrait prendre fin en juillet ou en août aux États-Unis. L'explosion du nombre de cas de contaminations dans le monde et les mesures drastiques de confinement imposées un peu partout affolent les investisseurs, qui redoutent une récession économique mondiale.

La Réserve fédérale américaine est bien montée au créneau pour tenter de rassurer en annonçant dimanche soir en urgence une nouvelle baisse de son taux directeur à près de zéro. D'autres grandes banques centrales ont pris des mesures similaires pour éviter que les échanges financiers ne se grippent. La Fed a également annoncé en cours de séance lundi 16 mars qu'elle allait offrir 500 milliards de dollars supplémentaires sur le marché monétaire, en plus du programme de 700 milliards de dollars de rachats d'actifs déjà dévoilés la veille.

"Les marchés financiers paniquent complètement malgré la réponse massive et coordonnée des banques centrales", observe Quincy Krosby, responsable de la stratégie des marchés pour Prudential Financial. "Il est clair désormais que la Fed est prête à faire tout ce qu'il faut. Mais les acteurs du marché attendent maintenant des mesures budgétaires qui permettent d'atténuer le choc pour les consommateurs et les entreprises", estime la spécialiste.

"Le problème numéro un actuellement est de savoir comment contenir le virus", relève-t-elle par ailleurs. "Ensuite il faut savoir quelles sont ses conséquences sur l'économie, sur le consommateur, sur les dépenses des entreprises", ajoute la spécialiste. "C'est à cette pyramide d'incertitudes que les marchés répondent." L'anxiété des marchés a été accentuée lundi 16 mars par l'annonce d'une chute en mars de l'activité manufacturière dans la région de New York à son plus bas niveau depuis la crise financière de 2009, premier signal chiffré de l'impact du coronavirus sur le secteur.

Malgré les mesures prises par la banque centrale américaine pour s'assurer qu'elles ne manquent pas de liquidités, les banques ont été particulièrement laminés : Bank of America s'est effondrée de 17,59%, JPMorgan Chase de 14,96% et Citigroup de 19,30%. Les compagnies aériennes, en très forte baisse en début de séance, ont limité les dégâts. Le lobby du transport aérien américain a demandé des aides d'urgences pouvant aller jusqu'à 50 milliards de dollars, et Donald Trump a assuré qu'il fallait les "soutenir".

Delta a reculé de 6,65%, United Airlines de 14,82% tandis que American Airlines a fini en hausse de 11,25%. Apple, qui a annoncé la fermeture de tous ses magasins hors de Chine jusqu'au 27 mars pour tenter de contenir la propagation du nouveau coronavirus, a plongé de 12,86%. Sur le marché obligataire, le taux d'emprunt de la dette à dix ans des États-Unis a de nouveau chuté, signe de la ruée des investisseurs pour les actifs considérés comme des valeurs sures, et évoluait à 0,725% en fin de séance.

AFP/VNA/CVN

 

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