18/05/2021 15:50
Une trentaine de dirigeants africains et européens se réunissent mardi 18 mai à Paris avec les grandes organisations économiques internationales, à l'initiative de la France, pour tenter de sauver l'Afrique de l'asphyxie financière qui la menace après la pandémie.
>>Un sommet sur le financement des économies africaines en mai à Paris
>>Macron annonce un sommet pour un financement "plus équitable" de l’économie africaine

Le président français Emmanuel Macron (droite) et sa femme Brigitte Macron (2e, gauche) reçoivent le président de RDC, Félix Tshisekedi (gauche), et son épouse Denise Nyakeru Tsisekedi, le 17 mai à l'Élysée, à Paris.
Photo : AFP/VNA/CVN

L'Afrique fait figure de continent relativement épargné sur le plan sanitaire, avec seulement 130.000 morts du COIVD-19 sur un total mondial de près de 3,4 millions de morts. Mais elle en sort financièrement exsangue.

La réunion de Paris, qui débute à 13 heures locales (11h00 GMT), sous la houlette d'Emmanuel Macron, sera divisée en deux sessions, l'une sur le "financement et le traitement de la dette" publique, l'autre sur "le secteur privé africain".

Le dirigeant français conclura le sommet par une conférence de presse conjointe avec le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, à la tête de l'Union africaine.

Déficit de financement 

L'idée de ce "Sommet sur le financement des économies africaines" a germé à l'automne 2020, quand le Fonds monétaire international (FMI) a calculé que le continent risquait de se heurter à un déficit de financement de 290 milliards d'USD d'ici 2023.

Certes, la croissance du continent, qui a connu sa première récession en un demi-siècle l'an passé à cause de la pandémie, devrait rebondir de 3,4% en 2021 et de 4% en 2022. Et un moratoire mis en place dès avril 2020 a permis de donner un peu d'air au pays africains les plus endettés.

Mais cela ne suffira pas. Les dettes publiques explosent sur le continent, comme la pauvreté: en 2021, 39 millions d'Africains pourraient tomber dans l'extrême pauvreté, selon la Banque africaine de développement (BAD).

Sur le front épidémique, "seule une victoire totale, incluant pleinement l'Afrique, pourra venir à bout de cette pandémie", ont mis en garde de leur côté 18 dirigeants africains et européens mi-avril.

Réclamant un "moratoire immédiat sur le service de toutes les dettes extérieures (...) jusqu'à la fin de la pandémie" et une sanctuarisation de l'aide au développement, ils ont également exhorté le FMI à attribuer des droits de tirage spéciaux (DTS) aux pays africains pour leur fournir "les liquidités indispensables à l'achat de produits de base et de matériel médical essentiel".

Ces "DTS" peuvent être convertis en devises par les pays qui en ont besoin sans créer de dette supplémentaire.

Le président Emmanuel Macron (droite) reçoit son homologue sud-africain Cyril Ramaphosa, le 17 mai.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le principe d'une émission globale de DTS de 650 milliards d'USD est acquis, les États-Unis s'y étant déclarés favorables fin mars. Reste à savoir ce qui sera alloué aux pays africains.

En effet, ces fameux "DTS" sont répartis en fonction des quotes-parts de chaque pays au FMI : le plus gros va aux pays les plus riches. Sur le papier, l'Afrique ne bénéficierait que de 34 milliards d'USD.

Réallocation des DTS 

D'où la discussion qui va s'engager sur une réallocation par les pays développés de leurs précieux DTS aux pays les plus pauvres.

Une autre solution, défendue par le président ivoirien Alassane Ouattara, consisterait à réviser les quote-parts pour assurer une meilleure représentativité des pays africains au sein du FMI - et donc un meilleur accès à cet instrument de financement.

La France entend aussi mobiliser l'investissement privé pour financer les besoins immenses de développement d'un continent qui aspire à sortir de la logique de l'assistance.

Un entretien bilatéral entre le président français et celui du Mozambique est par ailleurs prévu en marge du sommet mardi 18 mai matin, pour aborder notamment la situation dans le Nord du pays, aux prises avec une guérilla jihadiste.

AFP/VNA/CVN

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