24/09/2019 15:36
Ressusciter de précieuses tentures du château de Versailles ou du Palais de Catherine II, habiller de soie des cabines de jets privés ou de yachts...: la Manufacture Prelle tisse à Lyon le très haut de gamme et perpétue avec éclat la tradition des soyeux.
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Un artisan travaille sur un métier à soie à la manufacture Prelle à Lyon, le 16 septembre. Photo : AFP/VNA/CVN

C'est l'une des plus anciennes manufactures d'étoffes d'ameublement, née au milieu du XVIIIe siècle, et la seule qui demeure familiale et indépendante. "Nous visons le très haut de gamme, pas le volume. Nous sommes les seuls sur ce marché de niche", explique Guillaume Verzier, aux commandes de l'entreprise comptant 23 salariés.

Au sein des vastes ateliers, nichés dans le quartier de la Croix-Rousse, patrie des canuts, cohabitent métiers à tisser modernes et savoir-faire ancestral. Chacun s'affaire, très concentré.

À l'étage, le temps semble s'être arrêté... Sous une impressionnante charpente en bois, douze anciens métiers à bras permettent de réaliser des étoffes extraordinairement complexes, impossibles à réaliser sur les machines modernes.

"Les plus beaux velours ou brochés sont toujours faits à la main". Pour les motifs les plus compliqués, il faut une journée pour tisser... deux centimètres.

Des artisans s'activent sur une machine à soie de la manufacture Prelle, le 16 septembre à Lyon. Photo : AFP/VNA/CVN

Six mois ont ainsi été nécessaires pour retisser à l'identique un siège --en dépôt au Metropolitan Museum de New York-- ayant appartenu à la reine Marie-Antoinette. Ici, on travaille essentiellement la soie. Mais, "pour la restauration de la loge de l'Empereur à l'Opéra Garnier, par exemple, nous avons utilisé des fils de polyester non feu", normes anti-incendie obligent. Coton ou lin peuvent aussi être préférés afin d'éviter les brillances.

Dès le XVIIIe siècle, la maison livrait velours ciselés, brochés, brocarts ou lampas aux princes d'Europe et jusqu'à la cour de Catherine II de Russie. Et Prelle vient de refaire à l'identique le "Salon des Lyonnais" du palais d'été de la grande Catherine, déjà oeuvre du soyeux en 1866. "Notre créneau, c'est la reproduction d'étoffes anciennes pour les restaurations publiques (5 à 15% du chiffre d'affaires) et les tissus d'ameublement pour des particuliers fortunés", relève M. Verzier. Ces VVIP (Very, Very Important Person) "veulent retrouver dans leurs demeures, avions ou bateaux une ambiance XVIIIe" siècle français. 

AFP/VNA/CVN

 
 
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