27/04/2019 09:36
Cà Hom - Bên Ha, spécialisé dans la fabrication de nattes, est un des villages de métiers traditionnels de la province de Trà Vinh. Malgré les vicissitudes, son savoir-faire s’est perpétué et ses produits occupent aujourd’hui une place de choix sur les marchés du Sud.
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La fabrication de nattes à Cà Hom - Bên Ha est transmise de génération en génération par les femmes. Photo: BM/CVN

Selon les artisans les plus âgés, l’apparition du tissage des nattes de Cà Hom - Bên Ha, commune de Hàm Tân, district de Trà Cu, province méridionale de Trà Vinh, est un pur hasard. Apparemment, ce phénomène découlerait des visites rendues par plusieurs femmes à leurs proches résidant dans un village spécialisé dans la fabrication de nattes dans la province de Cà Mau. À leur retour, elles ont demandé à leur mari de fabriquer des cadres pour s’y essayer à leur tour.   
                                               
Un temps misérable

Au début, faute d’expérience, leurs  produits étaient de facture médiocre, mais peu importait étant donné leur usage exclusivement domestique. Après plusieurs tentatives, les nattes de Cà Hom sont devenues plus belles et plus attractives, notamment grâce à la production de modèles différents: blanc, couleur, fleurs ou lettres...

Au fil du temps, ce métier s’est développé dans toute la région de Cà Hom et Bên Ha. Il fut transmis de génération en génération par les femmes, jusqu’à synthétiser un savoir-faire justifiant un label de prestige.

Après la période d’autosuffisance des années 1920, les artisans de ce village ont fabriqué des nattes à grande échelle, à tel point que celles-ci acquirent une renommée solide sur les marchés, non seulement dans la région Sud, mais aussi au Cambodge pendant les années 1960.

Quelques aînées se souviennent qu’à cette époque-là, des dizaines de vélos transportaient chaque jour des nattes de Cà Hom - Bên Ha pour les vendre dans les districts et provinces voisins. Sur les marchés de Cân Tho ou de Vinh Long (Sud),  leur prix était de 40% à 50% supérieur, voire 70%, à celui de celles fabriquées à Cà Mau, pourtant incluses dans la même gamme. Elles parvenaient, malgré tout, à surpasser la concurrence, le prix se justifiant largement par la qualité du produit et l’originalité de ses motifs. Chaque famille du village disposait alors de quelques cadres de tissage qui fonctionnaient à pleine capacité. 

Renaissance spectaculaire

Ngô Thi Pho, une des femmes à qui l’on doit la renaissance de l’activité dans le village. Photo: BM/CVN

Au début des années 1970, l’apparition en masse des nattes en plastique bon marché menaça l’artisanat du village. Pourtant, faute de qualité, après une courte période, les nouveaux produits cédèrent la place aux nattes traditionnelles dans le cœur des clients.  

Ngô Thi Pho est une des femmes à qui l’on doit la renaissance de l’activité dans le village après cette époque troublée. Selon elle, pendant les années 1990, en raison du manque de matières premières et d’originalité concernant les modèles, le métier faillit disparaître. Des centaines d’artisans quittèrent le village pour tenter leur chance dans d’autres régions. Mme Pho resta malgré tout fidèle au poste, déterminée à affronter les problèmes. La tisseuse expérimenta de nombreux designs en agrémentant ses œuvres de couleurs chatoyantes et de motifs attrayants (fleurs, caractères chinois ou lettres khmères) sur les deux faces des nattes. Malgré plusieurs échecs, elle persévéra et finit par atteindre son but.

Au seuil des années 2000, le nombre de clients explosa et cet engouement permit à Cà Hom - Bên Ha de renaître de façon spectaculaire. On notera d’ailleurs que les produits représentant des temples cambodgiens furent certainement le bélier qui ouvrit les portes des marchés de la région, tant ce motif est apprécié par les Khmers, aussi bien au Vietnam qu’au Cambodge.

Ces dernières années, grâce aux organismes compétents de la province de Trà Vinh, le village des nattes de Cà Hom - Bên Ha a connu une prospérité croissante. Il compte 500 cadres de tissage employant 1.500 travailleurs, essentiellement des femmes. Chaque année, il fournit au marché 150.000 paires de nattes en moyenne.

À noter que parmi les 400 familles qui vivent de ce métier, plus de 80% sont des Khmers. Les prix des produits fabriqués par les artisans qualifiés atteignent parfois plusieurs centaines de milliers de dôngs et ceux-ci ne sont fabriqués que sur commande.

Actuellement, la commune de Hàm Tân comprend 30 ha de souchets de Malacca au service de la fabrication des nattes.

Huong Linh/CVN


 
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