14/07/2019 17:10
Situé à 50 km de Hanoï, Duong Lâm est l’un des rares villages vietnamiens qui ont gardé leurs cultures et traditions d’antan. C’est le premier village vietnamien à être reconnu comme "vestige historique national" en 2005. Depuis, cette cité n’a cessé de s’ouvrir nationalement mais aussi internationalement, son architecture restée intacte attirant de plus en plus de touristes étrangers.
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Portail d’entrée du village de Duong Lâm.
Photo: Tùng Nguyên/CVN

Par une belle matinée de juin, nous faisons deux heures de voiture depuis Hanoï pour nous rendre dans l’ancien village de Duong Lâm. La ville puis la campagne se succèdent dans le paysage routier. À peine arrivés devant le village, nous devinons l’atmosphère légendaire des lieux.

"Il y a 6.000 personnes qui vivent dans ce village parmi 2.000 familles" explique Nguyên Trong An, chef adjoint du Comité de gestion des répliques de l’ancien village de Duong Lâm. Depuis que le site a été reconnu "vestige historique national" en 2005, les touristes étrangers ne cessent d’affluer, "nous sommes ouverts au tourisme depuis 20 ans et au début il n’y avait que des touristes Vietnamiens, mais depuis 10 ans, il y a des Chinois, des Australiens, des Japonais... qui viennent ici" ajoute-t-il. Une pleine saison qui se déroule le plus souvent aux alentours des fêtes de printemps, ainsi, les touristes peuvent profiter des festivités culturelles dans un cadre inaltérable.

Pour entrer dans le village nous devons franchir une grande porte en latérites, une matière première abondante dans la région, puis en nous promenant dans les rues du village nous découvrons une ambiance calme et reposante qui nous donne l’impression que le temps s’est arrêté.

Les bonbons de Duong Lâm

Ancienne maison du village Duong Lâm.
Photo: Tùng Nguyên/CVN

Nous faisons notre premier arrêt à Cao Van Hiên, une boutique artisanale qui fabrique ses propres bonbons. Le tenancier nous accueille et nous partage son expérience et son amour pour son village, "j’aime beaucoup mon village parce que je suis né ici, mon métier est très attaché à la tradition de notre culture et j’essaye de renvoyer ce sentiment aux touristes étrangers". Cinq types de bonbons sont proposés, tous, fait à partir de sucre blanc, d’arachide, de blé noir et de graine de sésame. Depuis peu, l’Agence de coopération internationale du Japon (JICA) soutient les pratiques traditionnelles du site historique, parmi elles, les bonbons de Duong Lâm "ma femme a été invitée au Japon pour suivre une formation et en même temps présenter nos bonbons, nous sommes très fiers" ajoute-il.

Des pâtisseries qui sont restées les mêmes depuis le XIIIe siècle, malgré une modernisation et une numérisation des procédés de fabrication.

Après cette formidable rencontre et dégustation, nous reprenons notre route pour nous arrêter de nouveau devant la maison communale de Mong Phu. Une architecture impressionnante en latérites couvertes d’un toit aux versants courbés. En face de celle-ci, on trouve des petites boutique de souvenir qui proposent des spécialités et pâtisseries délicieuses ainsi que des guides de l’ancien village écrits en trois langues: Vietnamien, Anglais et Français.

La sauce de soja prisée des Japonais

Hà Huu Thê nous explique comment fabriquer de la sauce de soja.
Photo: Tùng Nguyên/CVN

Puis, nous sommes allés dans une ancienne maison qui fabrique de la sauce de soja. De nombreuses jarres étaient exposées devant l’ancienne maison pour faciliter la macération. Là-bas, nous faisons la connaissance de Hà Huu Thê qui fait ce métier depuis 30 ans, "la fabrication de la sauce soja est restée la même depuis le XVIe siècle, et s’est transmise de génération en génération" témoigne-t-il. 

"Ici, nous réalisons entre 5.000 et 6.000 litres par an, il nous faut beaucoup de soleil et les températures de l’été sont idéales pour avoir un bon produit" ajoute-t-il.

Un aliment qui peut se conserver pendant des années et qui nécessite deux mois minimum de macération. Hà Huu Thê explique que la demande a fortement augmenté depuis l’ouverture du village aux touristes, "la qualité du produit est très importante pour moi, si le client est satisfait, il va revenir".

Parmi les habitués les plus récurrents, les Japonais, qui apprécient particulièrement son produit, une de ces clientes japonaises revient d’ailleurs tous les ans pour lui acheter des litres par dizaines. Un producteur qui se trouve aussi sous la tutelle de la JICA, "ma femme va aussi partir au Japon au mois de septembre pour suivre une formation et faire connaître notre produit" s’enthousiaste-t-il, et conclu sur l’importance de ces coutumes ancestrales "je suis attaché à mon métier qui symbolise notre village et mon pays natal".

Le midi, nous avons mangé dans une ancienne maison au centre de l’ancien village, après un bon repas copieux et une petite balade, il était temps de regagner la capitale Hanoï et de dire au revoir à Duong Lâm, ainsi qu’à son atmosphère légendaire.
 
Hélène Duros/CVN
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