09/02/2021 13:00
Donald Trump a demandé lundi 8 février aux sénateurs chargés de le juger pour "incitation à l'insurrection", de refermer immédiatement son procès qui doit débuter mardi 9 février et qui, même s'il a peu de chances de se conclure sur une condamnation, s'annonce embarrassant.
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L'ex-président américain Donald Trump le 31 juillet 2020 à Washington.
Photo : AFP/VNA/CVN

Les élus démocrates qui portent l'accusation ont immédiatement balayé une requête "futile", qui selon eux traduit les "efforts" du milliardaire républicain février pour échapper à "sa responsabilité" dans l'assaut sur le Capitole le 6 janvier.

À la veille d'un procès historique, les deux camps ont ferraillé par écrit, dans des argumentaires transmis au Sénat qui donnent un avant-goût des débats à venir.

Pour les avocats de l'ancien président, Donald Trump ne peut pas être jugé dans le cadre de la procédure de destitution puisqu'il n'est plus au pouvoir. Plaider le contraire est "totalement ridicule", ont-ils argué.

Me David Schoen et Bruce Castor ont donc demandé que les poursuites contre leur client soient immédiatement déclarées "nulles et non avenues".

Les procureurs démocrates, menés par l'élu de la Chambre des représentants Jamie Raskin, ont écarté une requête qui, selon eux, reflète l'absence "d'excuse ou de défense valable" de l'ancien président.

Donald Trump, qui est accusé d'avoir encouragé ses partisans à attaquer le Congrès au moment où les élus certifiaient la victoire de Joe Biden à la présidentielle, s'est livré "à la pire violation de la Constitution jamais commise par un président américain", ont-ils ajouté.

"Combien de temps ?" 

Le débat juridique occupera la première journée du procès mardi 9 février : chaque camp aura deux heures pour livrer ses arguments et les sénateurs voteront ensuite pour dire s'ils se jugent compétents, selon un accord entre les deux partis annoncé lundi 8 février.

Compte-tenu du contrôle démocrate sur le Sénat, les sénateurs devraient décider de mener le procès à son terme, même si son issue fait peu de doutes.

La Constitution impose en effet une majorité des deux tiers pour un verdict de culpabilité et il semble peu probable que 17 élus républicains joignent leur voix aux 50 démocrates.

Les étapes de la procédure de destitution d'un président américain.
Photo : AFP/VNA/CVN

Comme il y a un an, lors de son premier procès en destitution, Donald Trump devrait donc être acquitté.

"La seule question, c'est : vont-ils convoquer des témoins ? Combien de temps ça va durer ?", a estimé l'influent sénateur républicain Lindsey Graham.

L'accord conclu lundi 8 février fournit de premiers éléments de réponse. Les débats auront lieu tous les après-midi, et seront interrompus vendredi 12 soir et samedi 13 février, afin de permettre à Me Schoen, un juif pratiquant, de respecter le shabbat.

Chaque camp aura deux jours pour présenter ses arguments. Les sénateurs auront ensuite quatre heures pour poser des questions, avant de voter pour décider de convoquer ou non des témoins.

Cette possibilité ne semble pas la plus plausible, chaque camp ayant intérêt à avancer vite, les républicains parce qu'ils ne veulent pas s'attarder sur une séquence qui divise leurs rangs ; les démocrates parce qu'ils veulent se concentrer sur leur priorité : approuver les candidats et les lois de Joe Biden.

Si les élus ne réclament pas de nouveaux éléments, la défense et l'accusation auront quatre heures pour leur plaidoirie et réquisitoire, avant un vote final, peut-être dès mardi.

"Laisser le Sénat gérer" 

Joe Biden, qui a promis de travailler pour réconcilier l'Amérique, s'est depuis le début gardé d'intervenir dans ce procès. "On va laisser le Sénat gérer tout ça", a-t-il encore déclaré lundi 8 février lors d'un bref échange avec la presse.

Le nouveau président, tout occupé à lutter contre la pandémie, "ne passera pas beaucoup de temps à regarder les audiences, voir pas du tout", a ajouté la porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki.

Les débats seront retransmis en direct dans tous les États-Unis. Les procureurs démocrates devraient en profiter pour tenter de marquer les esprits en utilisant de nombreuses vidéos pour rappeler la violence de l'attaque et les mots incendiaires du président qui, quelques minutes plus tôt, appelait ses partisans à montrer "leur force".

Cette stratégie pourrait être dommageable pour Donald Trump qui, à 74 ans, caresse l'idée d'une nouvelle candidature en 2024. Même s'il garde une base de fervents partisans, l'attaque sur le Capitole a érodé sa popularité. Selon un sondage publié dimanche 7 février, 56% des Américains pensent qu'il faut condamner l'ex-président et lui interdire de se représenter - mais plus de 80% des républicains s'y opposent.

AFP/VNA/CVN
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