25/12/2020 16:38
Dans la Basilique de la Nativité de Bethléem, cœur du monde chrétien le soir de Noël, une poignée de fidèles et de clercs ont célébré ensemble la messe de minuit, en cherchant un bout de "lumière" après une année de "ténèbres".
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Le patriarche latin de Jérusalem Pierbattista Pizzaballa conduit la messe de minuit à la Basilique de la Nativité à Bethléem, le 25 décembre.
Photo : AFP/VNA/CVN

La pandémie de COVID-19 n'aura peut-être pas eu raison de la messe de Noël à Bethléem, ville palestinienne de naissance du Christ il y a plus de 2.000 ans selon la tradition, mais elle aura modifié des rites bien anciens.

Dans la chapelle jouxtant la basilique, généralement bondée le soir de Noël, les autorités cléricales n'avaient donné accès qu'à quelques invités, et sur invitation, pour des célébrations tentant d'incarner la présence dans l'absence.

Absence certes du Christ, mais absence de touristes, de public local, voire du président palestinien Mahmoud Abbas qui, pour se prémunir de toute contamination, est apparu dans un message vidéo projeté sur les murs de Bethléem.

Dans la basilique, des bouts de papier étaient scotchés à intervalles réguliers sur les bancs de bois lustrés pour séparer les fidèles ; les quelques invités, dont l'ambassadrice américaine à l'ONU Kelly Craft et son armada de gardes du corps baraqués, avaient le visage barré de masques sanitaires.

Et "vous ne pouvez pas vous serrer la main, mais vous pouvez vous souhaiter la paix", a lancé le patriarche latin de Jérusalem Pierbattista Pizzaballa au moment des traditionnelles accolades entre voisins de bancs.

"Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi", a-t-il entamé son homélie en citant le livre d'Isaïe.

Avant d'enchaîner : "tout le monde se sent dans l'obscurité, fatigué, épuisé, oppressé par le poids de cette pandémie qui a pris en otage nos vies".

La chaleur du chœur

La vidéo d'un discours du président palestinien Mahmoud Abbas, projetée sur un mur près de la Basilique de la Nativité à Bethléem (Cisjordanie occupée), le 24 décembre. 
Photo : AFP/VNA/CVN

Dans ce monde de distanciation physique, de froideur, le choeur et l'orgue ont insufflé une chaleur à une basilique trop grande pour ses quelques fidèles et clercs qui ont toutefois eu l'impression de vivre un moment étrangement singulier.

"C'est une expérience unique parce comme personne religieuse notre modèle c'est le Christ (...) Prier ici sur le lieu de la naissance du Christ, c'est comme prier dans le lieu de la base de notre vie religieuse", s'est extasié le frère Fabrice, originaire du Congo-Brazzaville.

À l'extérieur de la basilique, les lumières d'un immense sapin de Noël se reflétaient sur les pierres de la place de la Nativité esseulée.

Si l'an dernier encore des milliers de personnes célébraient Noël sur la place, cette année les lieux étaient quasi abandonnés, et les restaurants avaient déjà rabattu leurs rideaux de fer à la mi-soirée.

Saef Manasa, 22 ans, un ouvrier du bâtiment, déambulait sur la place avec ses potes. "Je suis musulman mais j'aime beaucoup les chrétiens et Noël ça nous permet de célébrer ensemble", dit-il.

"Nous vivons dans un monde de pluralité", a d'ailleurs rappelé le patriarche dans cette messe en arabe, allemand, latin, anglais, hébreu...

Après les classiques "Adeste Fideles", "Gloria excelcis deo", le patriarche, les pères, les frères ont mené une procession avec un Jésus de porcelaine jusque dans la grotte de la Nativité, lieu du "miracle" de l'incarnation.

Mais un autre "miracle", hautement moins métaphysique, a enveloppé cette messe unique : comment des chanteurs au visage recouvert de masque sanitaire ont-ils pu dégager une telle puissance vocale?

AFP/VNA/CVN
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