25/11/2019 10:26
Après quelques semaines de retard, les opérateurs télécoms connaissent désormais la totalité des conditions d'attribution des fréquences utilisées pour le déploiement de la 5G, avec l'annonce par le gouvernement du prix minimum.

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Les opérateurs télécoms connaissent désormais la totalité des conditions d'attribution des fréquences utilisées pour le déploiement de la 5G. 
Photo : AFP/VNA/CVN


Dans le quotidien économique Les Échos, la secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et de Finances, Agnès Pannier-Runacher, a annoncé dimanche  24 novembre que le prix de réserve était fixé à 2,17 milliards d'euros pour la totalité des fréquences mises à disposition.

Un montant qu'elle qualifie de "très attractif", proche du 1,5 milliard d'euros demandé par l'Autorité de régulation des télécoms (Arcep), qui militait pour un prix de réserve assez bas afin de permettre à tous les opérateurs de concourir.

Pourtant, pour les opérateurs, on est loin de la philosophie espérée, ces derniers souhaitant avoir un montant minimal à payer en échange d'obligations de couverture du territoire plus draconiennes.

Une approche qui avait prévalu il y a un peu d'un an, lors du "new deal mobile", pour lequel l'
État avait prolongé la durée d'attribution de plusieurs fréquences, sans passer par les enchères, en échange d'une meilleure couverture en 4G, en particulier dans les zones blanches.

"Nous sommes dans une équation inédite avec des opérateurs qui n'ont jamais eu autant d'obligations d'investissement et un montant potentiellement engagé dans les fréquences aussi important. Cette équation n'est pas cohérente avec ce qui a été avancé ces derniers mois par le gouvernement", a estimé le président de la Fédération française des télécoms, Arthur Dreyfuss.

Concrètement, les quatre opérateurs disposant d'un réseau en propre, Bouygues Telecom, Free, Orange et SFR, débourseront dans un premier temps 350 millions d'euros chacun pour bénéficier d'un premier bloc de 50 mégaHertz (MHz) de fréquences, soit une première rentrée de 1,4 milliard d'euros pour l’État.

Puis le reste des fréquences disponibles sera mis aux enchères, pour un montant minimal de 70 millions d'euros par bloc de 10 MHz, pour un total de 110 MHz disponible.

Un modèle qui pourrait amener les opérateurs à dépenser au bout du compte bien plus que les 2,17 milliards d'euros du prix de réserve fixé par le gouvernement.

Grise mine chez les opérateurs 

"La procédure est étrangement tournée", avait déclaré vendredi 22 novembre un analyste du marché, "elle présente toutes les conditions pour faire monter les enchères assez haut car les opérateurs auront besoin de disposer de suffisamment de fréquences s'ils veulent être en mesure de proposer tout ce que la 5G doit apporter".

Les opérateurs "investissent 10 milliards d'euros chaque année pour apporter la fibre et la 4G à tous les Français", rappelle M. Dreyfuss, "dans un marché avec les prix d'abonnement les plus bas d'Europe et la fiscalité la plus importante".

Pour les opérateurs, difficile d'accepter de payer le prix fort pour les fréquences, comme ils avaient déjà dû le faire en 2016 pour obtenir la bande des 700 MHz, pour ensuite devoir investir fortement dans le déploiement de leur réseau.

D'autant qu'ils restent dans le flou concernant les équipementiers qu'ils seront en mesure d'utiliser. Une donnée essentielle pour pouvoir commencer à mettre en place le réseau 5G.

Le gouvernement a voté une loi visant à améliorer encore la sécurisation des réseaux, donnant notamment un rôle accru à l'Agence nationale de la sécurité des systèmes informatiques (Anssi) puisque cette dernière validera chaque équipement installé.

En cause, les interrogations autour du géant chinois de télécoms, Huawei, accusé par les 
États-Unis de permettre aux services de renseignement chinois d'espionner les réseaux télécoms via les équipements du groupe, une accusation rejetée par Huawei et pour laquelle Washington n'a pas apporté de preuve.

Mais les décrets d'application n'ont toujours pas été publiés, empêchant les opérateurs de passer commande auprès des équipementiers, en vue des futurs déploiements.

"Quand nous investissons ce n'est pas pour 18 ou 24 mois mais pour 10 ou 15 ans, il est donc urgent que le gouvernement clarifie enfin sérieusement le sujet des équipementiers: si un équipementier était amené à être interdit, sur tout ou partie du territoire, la France prendrait des retards considérables", assure Arthur Dreyfuss.

En France, Bouygues Telecom et SFR sont les seuls opérateurs à utiliser des équipements Huawei pour leur réseau 4G.


AFP/VNA/CVN

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