17/04/2020 08:43
La pandémie de COVID-19 a franchi jeudi 16 avril un nouveau seuil, avec plus de 140.000 morts recensés dans le monde dont plus de 32.000 aux États-Unis, mais le président Donald Trump a jugé qu'il était temps de "faire redémarrer l'Amérique".
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La Piazza Navona à Rome le 16 avril.
Photo : AFP/VNA/CVN

Depuis son apparition dans la métropole chinoise de Wuhan (Centre) en décembre, la maladie a infecté plus de deux millions de personnes à travers le monde et les pays occidentaux.

Pour tenter de freiner sa course, environ 4,4 milliards d'êtres humains, soit près de 57% de la population mondiale, sont actuellement confinés, sous état d'urgence ou contraints par leurs autorités à rester chez eux. Et cela pèse lourdement sur l'économie mondiale.

Tiraillées entre les impératifs sanitaires et l'urgence de minimiser les coûts sur l'emploi ou la croissance, les autorités avancent vers le déconfinement en ordre dispersé. Après la France ou l'Allemagne, le président américain Donald Trump a révélé jeudi 16 avril son plan pour faire redémarrer la première économie du monde.

Avec plus de 650.000 cas recensés, les États-Unis sont la nouvelle ligne de front. Avec des pans entiers de l'économie en sommeil, ce sont plus de 22 millions de personnes qui se sont inscrites au chômage au cours des quatre dernières semaines.

Déterminé à réduire la facture économique, Donald Trump a jugé qu'en raison du ralentissement de la pandémie, "des grandes parties du pays pouvaient songer à rouvrir".

"La décision reviendra aux gouverneurs", a-t-il précisé, tout en estimant que certains États pourraient "littéralement" entamer le déconfinement "dès demain".

Les recommandations fédérales publiées par la Maison Blanche prévoient que les États se basent sur un certain nombre de critères précis pour renouer avec le cours de leurs activités en trois étapes. "Nous n'ouvrons pas tout d'un coup, on rouvre prudemment pas à pas", a précisé Donald Trump.

"Œil du cyclone" 

Arguant du ralentissement des admissions en soins intensifs et des hospitalisations, plusieurs pays européens ont eux aussi commencé à préparer le retour à la normale.

La Suisse a annoncé jeudi 16 avril un déconfinement "progressif" à compter du 27 avril, tandis que l'Allemagne compte rouvrir prochainement certains magasins et, à partir du 4 mai, écoles et lycées.

Applaudissements dédiés au personnel médical en première ligne dans la lutte contre le nouveau coronavirus, devant un hôpital universitaire de Liverpool le 16 avril.
Photo : AFP/VNA/CVN
Mercredi 15 avril, près de la moitié des écoliers du Danemark ont retrouvé leur classe. L'Autriche a rouvert mardi 14 avril ses petits commerces non essentiels et l'Italie, deuxième pays le plus affecté au monde avec plus de 21.000 morts, a rouvert certaines boutiques.

En Espagne (plus de 19.000 morts), une partie des salariés ont repris le chemin du travail. Mais le confinement devrait être prolongé au-delà du 25 avril.

La France, qui déplore près de 18.000 morts, prépare son plan de déconfinement progressif à partir du 11 mai, avec cependant des interrogations sur la réouverture des écoles.

Mais l'Europe reste dans "l'œil du cyclone" et ne doit "pas baisser la garde", a mis en garde l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en notant des "chiffres constants ou accrus" de contaminations au Royaume-Uni et dans l'Est du continent.

De fait, 861 décès supplémentaires ont été enregistrés ces dernières 24 heures au Royaume-Uni (près de 14.000 morts au total) et le gouvernement a décidé de prolonger le confinement "pour au moins trois semaines".

La Russie bat elle chaque jour de nouveaux records d'infections (27.938 malades et 232 morts), alors que les Moscovites respectent peu le confinement. Le président Vladimir Poutine s'est résolu à reporter la grande parade militaire du 9 mai, grand-messe patriotique célébrant la victoire sur l'Allemagne nazie en 1945. Les risques "sont encore extrêmement élevés", a-t-il reconnu.

Chauve-souris 

"Nous menons une enquête exhaustive sur tout ce que nous pouvons apprendre sur la façon dont ce virus s'est propagé", a déclaré le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo.

Un test de dépistage du COVID-9 à Wuhan, dans le Centre de la Chine, le 16 avril.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Il y a manifestement des choses qui se sont passées qu'on ne sait pas", a embrayé le président français Emmanuel Macron.

Le Royaume-Uni a déclare qu'il devrait répondre à des "questions difficiles sur l'apparition du virus.

Le nouveau coronavirus est apparu dans un marché en plein air de Wuhan où des animaux exotiques étaient vendus vivants. D'origine animale et proche d'un virus présent chez des chauves-souris, il aurait pu s'y transmettre à l'Homme et muter.

Un porte-parole de la diplomatie chinoise, Zhao Lijian, a balayé ces accusations. "De nombreux experts médicaux réputés dans le monde estiment que l'hypothèse d'une prétendue fuite n'a aucune base scientifique", a-t-il déclaré.

Washington a suspendu les fonds américains à l'agence onusienne pour sa "mauvaise gestion" de l'épidémie.

Le rôle de l'OMS a été abordé jeudi 16 avril par les dirigeants du G7 lors d'une réunion en visio-conférence. La Maison Blanche a affirmé que les échanges avaient porté sur "le manque de transparence et la mauvaise gestion systématique de la pandémie par l'OMS".

Au Brésil, où les hôpitaux sont au bord de la saturation, la crise sanitaire s'est doublée jeudi 16 avril d'une crise politique : le président Jair Bolsonaro a limogé son populaire ministre de la Santé, avec lequel il était en désaccord total sur les moyens de faire face à la pandémie.
 
AFP/VNA/CVN
 
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