04/05/2017 15:57
Lancé il y a sept mois, le Zcash, dernière née des monnaies virtuelles, connaît un succès inattendu, en raison de l'anonymat conféré à ses utilisateurs, mais cette opacité risque de rendre difficile son intégration dans le système financier.
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Le Zcash connaît un succès inattendu en raison de l'anonymat qu'il confère à ses utilisateurs. Photo : AFP/VNA/CVN

Au lendemain de son lancement en octobre dernier, le cours du Zcash s'est envolé sur les plateformes d'échanges au point d'atteindre les 1.000 dollars l'unité, rivalisant ainsi avec le Bitcoin, pionnière des devises virtuelles créée en 2009. Elle fait maintenant partie des dix monnaies virtuelles les plus utilisées.
 
Si son cours s'est replié depuis, cette monnaie continue de susciter l'intérêt et a été adoptée par des consommateurs russes, chinois, vénézuéliens et dès ce 4 mai par les Sud-Africains. Les Brésiliens, eux, en usent déjà pour régler leurs factures d'électricité, leurs impôts et achats.
 
Pour faire son trou dans la galaxie des devises virtuelles, le Zcash se vante de "protéger la vie privée", ignorant ainsi la transparence exigée par les autorités qui veulent éviter que ces monnaies électroniques servent à financer les activités criminelles telles blanchir l'argent sale, financer le terrorisme, l'évasion fiscale et la fraude.
 
Le Zcash a été développé par des scientifiques des universités américaines de Johns Hopkins et du Massachusetts Institute of Technology (MIT) en collaboration avec leurs collègues israéliens des universités de Tel Aviv et Technion (Israel Institute of Technology). Seule l'identité de cinq des six personnes ayant créé ses clés cryptographiques est connue.
 
Il s'appuie sur une technologie baptisée zk-Snark, permettant d'effectuer des transactions sans laisser de trace. Les données sont cryptées, mais les utilisateurs sont libres de s'affranchir de cet anonymat.
 
Piratage et contrefaçon
 
Si d'autres monnaies virtuelles (Dash et Monero) offrent la discrétion, Zcash va plus loin dans ce sens que le vendeur d'un bien ne peut pas refuser une vente quelle que soit la provenance de l'argent de l'acheteur. C'est tout le contraire du Bitcoin, dont la technologie blockchain permet d'enregistrer les moindres détails d'une transaction de sorte qu'il est possible d'identifier les utilisateurs car chacun d'eux dispose d'une adresse composée de lettres et de chiffres.

Illustration d'un bitcoin, autre monnaie virtuelle répandue dans le système financier. Photo : AFP/VNA/CVN
"On n'a pas toujours besoin d'exposer ses communications à des inconnus sur internet", défend Zooko Wilcox, PDG de Zcash Electric Coin Company, la société américaine gérant le Zcash. Il espère que la discrétion rattachée au Zcash pourra vaincre les réticences des entreprises à l'adopter comme alternative fiable aux monnaies contrôlées par les gouvernements.
 
Les institutions financières traditionnelles ont commencé à s'intéresser au Bitcoin et plus particulièrement à sa technologie, la blockchain, seulement après la fermeture fin 2013 de Silk Road, un site internet qui permettait de régler les transactions en Bitcoins mais qui était devenu une plateforme d'échange de la drogue.

M. Wilcox, qui affirme avoir le soutien d'un ancien procureur fédéral américain pour attester de la fiabilité du Zcash, a tenu en novembre une réunion virtuelle avec les autorités canadiennes et américaines pour les familiariser au Zcash. Leur réaction a été, affirme-t-il, "très pragmatique".
 
Le Zcash n'est par ailleurs pas à l'abri d'une attaque informatique ni protégé de contrefaçon, à l'instar de l'attaque informatique survenue en juin dernier contre la monnaie virtuelle Ethereum via sa plateforme DAO. Quelque 50 millions de dollars avaient été volés. Consciente de ces risques, Zcash Electric, qui a levé 3 millions de dollars auprès de fonds, rémunère des hackers pour trouver des failles au Zcash, répond Zooko Wilcox. Jusqu'à 21 millions de Zcash devraient être créés, dont 10% sont promis aux actionnaires de la société Zcash Electric (fondateurs, employés, investisseurs ...).
 
AFP/VNA/CVN
 
 

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