10/12/2015 17:34
Le gouvernement américain est favorable à la loi votée le 8 décembre par la Chambre des représentants du Congrès qui prévoit de durcir les contrôles de voyageurs européens qui pouvaient jusqu'à présent entrer aux États-Unis sans visa, a indiqué le 9 décembre la diplomatie américaine.
>>La Chambre des représentants vote pour renforcer les contrôles sur les voyageurs sans visa

Le Congrès américain à Washington.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Nous soutenons la législation bipartisane proposée par la Chambre des représentants. Et nous espérons que le Congrès va agir rapidement pour voter cette loi", a déclaré le porte-parole du département d'État, John Kirby, se félicitant d'une "amélioration" à venir du système de visas pour se rendre aux États-Unis.

La Chambre, à majorité républicaine, a largement adopté une mesure renforçant les contrôles du programme d'exemption de visas dont bénéficient 38 pays, afin d'empêcher d'éventuels jihadistes à passeports européens de se rendre librement aux États-Unis. La proposition de loi doit encore passer par le Sénat, également aux mains des républicains. Elle interdirait aux voyageurs des 38 pays partenaires s'étant rendus depuis mars 2011 en Irak, Syrie, Iran et Soudan de bénéficier d'une exemption de visa.

Pour l'instant, pour des séjours courts, ces ressortissants étrangers se contentent de remplir en ligne un formulaire appelé ESTA, un système qui n'est pas remis en cause.

Mais le durcissement de la loi va compliquer les voyages d'Européens - travailleurs humanitaires, hommes d'affaires, touristes, journalistes - qui se sont rendus un jour dans ces quatre pays. En principe, les personnes devront se rendre dans un consulat américain pour un entretien préalable au visa.

Interrogé par la presse sur ces cas de figure, M. Kirby a répondu qu'"il était un peu trop tôt pour savoir exactement ce que cela allait signifier pour l'homme d'affaire X originaire d'un certain nombre de pays" européens. "Il faudra trouver un équilibre", a-t-il reconnu.

Mais si la loi s'applique, un médecin ou un journaliste britannique ou français, qui a vécu aux États-Unis ou qui s'y est rendu à de multiples reprises tout en ayant un jour mis les pieds en Iran ou en Irak, sera dorénavant obligé de demander un visa pour retourner aux États-Unis en vacances ou pour un bref séjour professionnel.

En revanche, un touriste espagnol qui n'a jamais été aux États-Unis, inconnu donc a priori des services américains d'immigration, pourra, lui, entrer dans le pays sans visa, à condition de n'avoir jamais été en Irak, Iran, Syrie ou Soudan depuis 2011.

Dès mardi 8 décembre, l'association de défense des libertés ACLU et d'autres organisations avaient dénoncé le texte de loi comme discriminatoire.

AFP/VNA/CVN
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