30/07/2017 14:42
Hanoï sera au cœur des investissements du gouvernement et étrangers pour le projet de développement des «Smart cities» au Vietnam jusqu’en 2030. Pour ce faire, l’administration doit résoudre le plus rapidement possible les problèmes notoires de la ville.
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Un plan d’urbanisme incohérent de Hanoï donne une physionomie peu flatteuse. Photo : Huy Hùng/VNA/CVN

Capitale du Vietnam, Hanoï compte une population de près de 8 millions d’habitants sur une superficie de 3.300 km2. Ce centre administratif, politique, culturel et économique du pays dispose de toutes les ressources requises en vue de se transformer en ville «intelligente», en adéquation avec la quatrième révolution industrielle dite «4.0» en se concentrant sur l’importance de l’Internet et des technologies de l’information et des communications (TIC) dans la vie de tous les jours.

De ce postulat, trois éléments de fond sont nécessaires à la construction d’une ville «intelligente» : le rôle des administrations, les progrès technologiques, et une compréhension essentielle du concept de cité «intelligente» chez les gens.

Un projet réalisable à long terme

Nombreux sont les spécialistes faisant preuve d’optimisme à l’égard de la décision du Comité populaire de Hanoï de 2012, privilégiant le développement de la capitale vers une « smartization » de la ville. En effet, le Vietnam a fait appliquer les nouvelles technologies dans certains domaines d’activités dans l’administration, tels que la gestion de fonds, les douanes, la sécurité sociale, la santé et la circulation notamment.

De ce fait, la docteure Lê Thi Bich Thuân, membre du Comité exécutif de l’Association des architectes vietnamiens, a présenté les six caractéristiques principales qui définissent une cité «intelligente».

À savoir les espaces urbains, l’administration électronique, la capacité économique, les ressources humaines, le respect de l’environnement et la qualité de vie des habitants. La dernière visite en date du Premier ministre Nguyên Xuân Phuc au Japon en juin 2017 a consolidé l’accord d’investissements prévu pour la construction de la cité «intelligente» satellite de Nhât Tân – Nôi Bài, en banlieue de la capitale. Ce projet comportera les éléments suivants : un centre touristique et culturel de l’ASEAN, un village culturel, un parc de 35 ha, un quartier d’affaires avec une tour de 108 étages, un centre commercial international, un centre d’expositions et de festivals ainsi que la station centrale Bac Hông.

«Crédité d’un fond d’investissement de 4 milliards de dollars, le projet de Nhât Tân – Nôi Bài serait réalisable. Cependant, le Comité populaire devrait plutôt s’intéresser aux aspects relatifs à la vie de tous les jours, qui touchent directement les gens tels que la santé, la circulation, le tourisme et l’éducation», a précisé Vu Thi Vinh, urbaniste, ancienne secrétaire générale de l’Association des villes vietnamiennes et ancienne adjointe rectrice de l’Université d’architecture de Hanoï.

Un avenir plein de défis

La rive gauche de Hanoï devra attendre avant de devenir une ville intelligente. 
Photo : Quê Anh/CVN

Cependant, les spécialistes rappellent que même si la quatrième révolution industrielle a démarré au début du XXIe siècle, seules quatre villes dans le monde sont recensées comme étant villes «intelligentes» : Yokohama au Japon, Putrajaya - la nouvelle capitale administrative de la Malaisie, Songdo en République de Corée, et la cité universitaire de Canton en Chine. Quelques villes cependant commencent partiellement à se transformer, telles que Tel-Aviv (Israël), Singapour, l’Eurométropole de Strasbourg (France), Dubaï (EAU) et Cochin (Inde).

«On ne parviendra jamais à transformer Hanoï en ville intelligente de manière intégrale. En effet, l’installation des nouvelles technologies ne sera possible que dans certains quartiers ainsi que dans la ville satellite de Nhât Tân – Nôi Bài», a partagé Vu Thi Vinh.

Cependant, les recherches et études de terrain en urbanisme affirment que Hanoï affronte au moins six difficultés majeures : un plan d’urbanisme incohérent sur le long terme, un manque de fonds d’investissements, un retard dans le développement des technologies, une vision peu ambitieuse des administrations dans l’élaboration de nouveaux plans appropriés et dernier point, mais non des moindres, une méconnaissance notable des gens quant à la notion même de ville «intelligente».

«L’objectif ultime de la cité +intelligente+ consiste en une interaction directe et immédiate entre la population et ses administrations via les TIC. En effet, si la population est incapable de faire part à ses administrations des problèmes qu’elle encourt, alors l’idée même de ville intelligente échoue, a-t-elle souligné. Pour ce faire, il est important que tous les habitants puissent comprendre ce concept !»

Le Dr Nguyên Dinh Hoa, du Département des télécom-munications de l’Université internationale de Bac Hà (province de Bac Ninh, Nord), s’exprime sur le sujet en déclarant que les administrations municipales doivent progresser en la matière. «Je voudrais insister notamment sur l’amélioration des infrastructures et le renforcement de l’administration électronique. Nous devons favoriser également l’usage des technologies au sein de chaque organisation, bureau et activité quotidienne pour que la population s’adapte mieux».

Dang Duong/CVN

 
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