10/05/2015 15:15
Michaël Laurençon a la trentaine et habite la région bordelaise, en France, zone de grands vignobles connus de tous. Pendant plusieurs années, il a travaillé dans le domaine commercial avant de prendre goût à la francophonie, au Vietnam et à la francophonie au... Vietnam.
Michaël Laurençon en visite dans une université vietnamienne.

Il n’avait, à première vue, pas de lien familial ou amical avec le Vietnam. Mais il a, depuis 2007, cet air qui lui trotte dans la tête, chanté par Pham Quỳnh Anh : Un jour j’irai là-bas te dire «Bonjour Vietnam». Ce qu’il fera en août 2014. Gros plan.

Un oral toujours brillant

Tout commence peut-être par la passion de Michaël pour les beaux discours qu’il aimait écouter à la radio ou à la télévision. Des discours, de personnalités qui étaient importantes pour lui, moins pour le fond que pour la qualité oratoire. Il se souvient que pendant ses années d’études, certains autour de lui s’étonnaient du registre dans lequel il s’exprimait, un ton courant voire épisodiquement soutenu. Il témoigne : «Je leur répondais, rêveur, mais tentant de (me) convaincre que cela me permettrait, un jour, de communiquer clairement si je devais être en contact avec des personnes à hautes responsabilités».

Michaël Laurençon (à droite) en réunion dans une université vietnamienne.

Une rencontre va être déterminante pour lui. L’action se passe en décembre 2008, alors que la crise économique mondiale bat son plein. Il fait la connaissance d’un certain Monsieur Khanh, ancien professeur de français (bénévole) pour les étudiants vietnamiens de Bordeaux, mais aussi d’Antoine (ils se reconnaîtront), personnage âgé et respecté de la communauté vietnamienne. M. Khanh fut sensible à la qualité de l’expression de Michaël et lui proposa de devenir son assistant. Au bout de quelques mois, Michaël reprit en mains les cours par intermittence, jusqu’à aujourd’hui. C’était sa première rencontre avec le Vietnam au cœur de sa ville. Mais, ce ne fut pas la première rencontre avec l’Asie.

Un petit dénominateur commun

En effet, en fouillant bien, l’Asie tournait quand même un peu autour de lui : «J’ai vécu depuis tout petit dans un univers interculturel avec un beau-papa né à l’île de la Réunion, certainement l’une des terres qui concentre le plus de diversité culturelle au mètre carré dans le monde avec une influence asiatique non négligeable. Comme quoi mon parcours était, peut-être, tout tracé !». Il découvrit peu à peu les traditions vietnamiennes notamment celles du Têt, en 2010. Il retient de cette fête la multitude de couleurs, la grâce des tenues traditionnelles, la variété des mets et des goûts, la beauté des danses et la poésie des chants, qu’il considère comme des vecteurs d’une grande richesse culturelle. De là est née une grande passion pour le Vietnam mais toujours en lien, en harmonie avec la France : «Je vois entre le Vietnam et la France un lien au-delà de l’histoire commune que nous connaissons, allant du XIXe au XXe siècle. Au niveau gastronomique, nos plats sont connus et reconnus dans le monde entier». Ceci le conforta dans l’idée que les deux pays doivent être des amis, d’où son engagement en 2013 auprès de l’Association d’amitié France-Vietnam (AAFV).

La francophonie au Vietnam

Michaël Laurençon (3e à droite) avec ses étudiants vietnamiens à Bordeaux.

Il s’intéresse à la francophonie, dans les deux formes qui la définissent, car il croit en son avenir et à ce qu’elle peut vivre au Vietnam. Les longues recherches pour y préparer sa première arrivée l’ont amené à cette conclusion d’un ancien conseiller pédagogique à l’AUF, qui traduit ce qu’il a pu ressentir, avant même de partir, et observer finalement : «La francophonie au Vietnam est donc peu […] visible, elle ne viendra pas à votre rencontre. Il vous faudra aller la chercher, car elle est là, un peu cachée dans les cœurs et les âmes de nombreux Vietnamiens. Ils la chérissent comme un vieux bijou, dans sa boîte, et lui font prendre l’air de temps en temps».

C’est ce qui l’a motivé, en plus de l’envie de revoir ses amis vietnamiens revenus après leurs cursus universitaires en France, à aller à la rencontre de ces gens, des professeurs, des responsables de pôles d’enseignement, pour avoir leurs visions sans concession et faire le point sur son état réel. Ces derniers temps, son implication grandissante à l’AAFV l’a amené à créer un groupe de travail nommé «Francophonie Active» dont le but est de contribuer à la valorisation du français à travers des actions de coopération dans plusieurs domaines, leurs communications, et la recherche de solutions nouvelles au service de la bonne continuité de l’amitié entre les deux pays. Ce n’est qu’un premier pas mais, il est déjà significatif.
 
Texte et photos : Hervé Fayet/CVN
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