10/07/2017 09:59
Régime syrien et opposition se retrouvent lundi 10 juillet à Genève pour un septième round de négociations de paix sous la houlette de l'ONU, avec peu d'espoir de trouver une issue au conflit qui ravage le pays depuis six ans.
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La table des discussions lors du précédent round de négociations, le 16 mai à Genève. Photo : AFP/VNA/CVN

Le processus de Genève a été de plus en plus éclipsé par des discussions à Astana, au Kazakhstan, qui sont chapeautées par la Russie et l'Iran ainsi que la Turquie.

Et dimanche 9 juillet, un cessez-le-feu négocié par les États-Unis, la Russie et la Jordanie est entré en vigueur dans le Sud de la Syrie, là encore hors du cadre de Genève.

Autant d'acteurs internationaux, impliqués de près ou de loin dans le dossier, qui démontrent la complexité d'une guerre qui a fait depuis 2011 plus de 320.000 morts et jeté sur les routes plus de la moitié de la population.

Les discussions de Genève seront axés sur quatre points : la rédaction d'une nouvelle Constitution, la gouvernance -terme flou pour évoquer une transition politique-, la tenue d'élections et la lutte contre le terrorisme.

Le dernier round de négociations s'était achevé en mai avec peu d'avancées. L'émissaire de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, avait expliqué que "d'importants différends" persistaient sur des "questions majeures".

L'opposition syrienne a longtemps insisté sur le départ du président Bachar al-Assad dans toute solution politique au conflit. Pour le régime, il n'en est pas question.

L'émissaire de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, lors de la conférence de presse après les négociations de Genève, le 19 mai.
Photo : AFP/VNA/CVN

Au vu de ces profondes divergences, Yehia al-Aridi, un porte-parole du Haut Comité des négociations (HCN) qui rassemble des groupes-clés de l'opposition, a confié avoir de "modestes attentes" pour ce nouveau round.

Les pourparlers de Genève ont débuté en 2014, et se sont poursuivis depuis de façon intermittente avec de maigres résultats.

Depuis janvier, ils sont concurrencés par un autre cycle de pourparlers organisé par la Russie, l'Iran et la Turquie dans la capitale du Kazakhstan.

Washington plus impliqué ?

Ces trois pays se sont mis d'accord en mai sur la mise en place de quatre zones de "désescalade" en vue d'un cessez-le-feu durable, mais ont échoué à s'entendre sur les détails nécessaires à l'application de ce plan.

Par ailleurs, Washington, Moscou et Amman ont annoncé un accord de trêve entré en vigueur dimanche 9 juillet dans trois provinces méridionales.

Ramzi Ezzedine Ramzi, l'adjoint de l'envoyé spécial de M. de Mistura, a estimé que ce dernier accord aidait "à créer une atmosphère favorable aux discussions" de Genève.

"Nous espérons qu'un accord sera conclu dès que possible pour les autres zones qui ont fait l'objet de discussions et que cela pourra représenter un soutien significatif au processus politique", a-t-il ajouté.

Sur le terrain, le calme a régné dimanche 9 juillet dans le Sud de la Syrie au premier jour de ce cessez-le-feu, qui s'applique à trois provinces, Deraa, Qouneitra et Soueida.

Le secrétaire d'État américain Rex Tillerson a déclaré récemment que Washington et Moscou avaient évoqué "d'autres régions de Syrie" pour lesquelles les deux pays pourraient "continuer à collaborer".

AFP/VNA/CVN

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