19/07/2017 11:11
Un couple disparu depuis 75 ans dans le massif des Diablerets, dans le Sud de la Suisse, a été retrouvé momifié dans les neiges d'un glacier, une découverte qui va permettre aux enfants survivants de faire enfin leur deuil.
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Les corps momifiés d'un couple suisse retrouvés dans un glacier du massif des Diablerets dans les Alpes suisses, le 18 juillet.
Photo : AFP/VNA/CVN

Les corps parfaitement conservés gisaient, proches l'un de l'autre, avec à leur côté des sacs à dos, une bouteille, un livre et une montre, a raconté au quotidien suisse Le Matin le directeur du domaine skiable Glacier 3000, Bernard Tschannen.

C'est un employé du domaine qui, lors d'une visite d'inspection à proximité du téléski du Dôme, jeudi dernier 13 juillet dans la soirée, a aperçu un monticule qui ressemblait de loin à un amas de pierres. "Il s'agissait d'un homme et d'une femme portant des vêtements datant de la période de la dernière guerre" mondiale, a déclaré M. Tschannen. "La glace les a parfaitement préservés et leurs affaires étaient intactes".

Le directeur du domaine skiable pense que le couple est probablement tombé dans une crevasse et que le glacier a rendu les corps à la faveur de la fonte des glaces.

Le lieu de la découverte dans le glacier de Tsanfleuron, à 2.615 mètres d'altitude, est proche d'un ancien chemin pédestre reliant les cantons de Berne et du Valais.

"Tout porte à croire qu'ils tentaient de rejoindre le canton de Berne à pied, comme cela se faisait parfois à l'époque. C'était le chemin le plus court", a estimé M. Tschannen.

Selon la télévision publique RTS, la bouteille de vin retrouvée près des corps portait l'indication "Sion", ce qui laisserait penser qu'ils venaient du Valais.

Vendredi matin 14 juillet, la police de Sion a redescendu les corps dans la plaine par hélicoptère et a demandé à l'institut de médecine légale de Lausanne de procéder à leur identification.

Un cordonnier et une institutrice

Selon Le Matin, il s'agirait d'un cordonnier de 40 ans, Marcelin Dumoulin, et de sa femme Francine, institutrice de 37 ans, qui étaient partis à pied le 15 août 1942 du village de Chandolin pour aller voir leur bétail dans les montagnes.

"Je les ai vus partir ce samedi matin-là. Il faisait un temps radieux. Ils devaient passer la nuit sur l'alpage de Grilden et rentrer le dimanche", a raconté Monique Gautschy, une des deux filles du couple, aujourd'hui âgée de 86 ans et qui avait 11 ans à l'époque.

"Tout d'un coup, un gros nuage noir a recouvert le glacier dans l'après-midi. Mon oncle a juste eu le temps de voir mes parents une dernière fois avec ses jumelles", a-t-elle ajouté au téléphone. "J'ai attendu jusqu'au lundi matin, mais ils ne sont jamais rentrés".

Après deux mois et demi de recherches infructueuses, les 7 enfants - 5 garçons et deux filles âgés de 2 à 13 ans - ont dû être placés dans des familles d'accueil. Seule la fille cadette Marceline, qui avait 4 ans, a pu être adoptée par une tante.

"C’était la première fois que ma mère accompagnait mon père pour une telle excursion", a confié au Matin Marceline Udry-Dumoulin. "Elle avait toujours été enceinte auparavant et ne pouvait pas effectuer des déplacements dans des conditions météorologiques aussi dures que celles du glacier".

"Je suis montée trois fois sur le glacier par la suite, toujours à leur recherche. Je me demandais constamment s’ils avaient souffert et ce qu’ils étaient devenus. J’ai le bonheur d’avoir des réponses à ces questions désormais", a-t-elle ajouté.

Marceline et Monique sont les deux seuls enfants survivants, a confirmé leur nièce Maryline Dumoulin.

"Mes deux tantes sont très, très contentes de pouvoir faire enfin leur deuil", a-t-elle dit par téléphone depuis le village de Chandolin.

"J'ai téléphoné à la police hier et ils m'ont dit qu'à 99%, ce sont bien mes grands-parents qu'on a retrouvés, mais qu'il fallait encore attendre les résultats des tests ADN ce vendredi pour en avoir le cœur net", a-t-elle ajouté, précisant que sa tante Marceline avait donné son ADN lundi 17 juillet.

"La police m'a dit que les corps étaient encore congelés, mais on pourra reconnaître la montre de mon grand-père et aussi les sacs à dos car c'est lui qui les confectionnait en cuir de vache".

AFP/VNA/CVN

 

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