19/09/2015 15:42
Frappé mercredi 16 septembre par un puissant séisme d'une magnitude de 8,3 degrés, le Chili peut toutefois se targuer d'un bilan matériel et humain limité grâce à des protocoles d'alerte renouvelés et une architecture anti-sismique d'avant-garde.
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Le tremblement de terre de cette semaine est le plus puissant enregistré sur la surface de la Terre depuis le début de l'année. Pourtant, le bilan humain s'élève à "seulement" 12 morts et cinq disparus alors que les dégâts matériels concernent essentiellement des constructions légères, en bois ou en terre, sur la côte, frappée par des vagues de quatre à cinq mètres.

La ville de Concon, à 110 km au nord-ouest de Santiago, le 17 septembre 2015, au lendemain du violent séisme qui a touché le Chili.
Photo : AFP/VNA/CVN

Si le Chili, situé sur une zone sismique d'intense activité, s'en est aussi bien sorti mercredi, c'est qu'il a tiré les leçons d'une précédente catastrophe : le 27 février 2010, un séisme de 8,8 degrés suivi d'un raz de marée avait causé la mort de plus de 500 personnes et provoqué 30 milliards de dollars de dégâts, soit 18% du PIB. Cette semaine, les protocoles ont fonctionné.

Quelques minutes après le séisme, la Marine a lancé une alerte au tsunami sur tout le territoire, provoquant l'évacuation d'un million de personnes qui ont pu regagner leurs foyers saines et sauves quelques heures plus tard. Il y a cinq ans, après une série d'ordres contradictoires des autorités, les habitants des zones côtières étaient restés chez eux ou avaient regagné leurs maisons après que l'alerte au raz de marée avait été levée. Mais un tsunami avait finalement frappé les côtes du pays peu après, tuant au moins une centaine de personnes. La justice enquête encore sur les responsabilités de ce fiasco meurtrier.

Constructions résilientes

"L'impact du tremblement de terre de 2010 dans le centre du pays - qui a touché directement plus de 70% de la population - a permis une prise de conscience qui je crois n'aurait pas été possible autrement", a expliqué à l'AFP Sergio Barrientos, docteur en sismologie de l'Université de Californie (Etats-Unis) et directeur du Centre sismologique national chilien.

"Les investissement du Chili dans une architecture résiliente, les systèmes d'alertes rapides et la planification urbaine ont permis qu'à cette occasion, le nombre de victimes reste bas, malgré l’intensité du séisme", a déclaré de son côté Margareta Wahlström, chèfe du Bureau des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophes (UNISDR).

À Santiago et dans les autres grandes villes du nord du Chili, où a eu lieu le tremblement de terre, aucun dégât majeur n'a été signalé, grâce à une architecture adaptée.

"Au Chili, les puissants tremblements de terre sont si fréquents que nos ingénieurs ont conçu des infrastructures et des immeubles qui supportent ces secousses", a ajouté M. Barrientos.

Déjà en 2010, seuls 0,3% des 10.000 immeubles de Santiago avaient été affectés, grâce à des normes de construction rigoureuses et une technologie innovante de "dissipation sismique" ou "isolement sismique". Cette technique cherche à soustraire les constructions aux mouvements du sol, évitant ainsi les déplacements et les accumulations d'énergie dans les structures.

Un effort important a également été mené dans le secteur éducatif. Le Bureau national des urgences (Onemi) intervient en milieu scolaire grâce à une maison qui reproduit les effets d'un séisme et en organisant de fréquentes simulations d'évacuations.

"Nous avons appris à coexister avec ces phénomènes, aujourd'hui, c'est notre quotidien d'être exposés aux conséquences possibles de tremblements de terre", a résumé M. Barrientos.
AFP/VNA/CVN
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