29/07/2017 14:42
La ville «intelligente» n’est plus un rêve futuriste, l’impact du numérique dans le développement urbain étant désormais une réalité. À Hanoï aussi, le processus est lancé. Mais où et comment la capitale doit-elle investir pour prétendre à ce statut ? Enquête.

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Le nouveau centre urbain de Hoà Lac, à une trentaine de kilomètres du cœur de Hanoï, pourrait devenir une cité «intelligente». Photo : TB/CVN

La ville dite «intelligente» ne relève plus de la science-fiction. Elle est désormais à portée de main. Ce terme désigne une ville utilisant les informations combinées à la technologie pour améliorer la qualité de vie, réduire la demande énergétique et son impact sur l’environnement. La ville «intelligente» cherche ainsi à concilier les piliers sociaux, culturels et environnementaux à travers une approche systémique qui allie gouvernance participative et gestion éclairée des ressources naturelles afin de faire face aux besoins des institutions, des entreprises et des citoyens. Une ville «intelligente» est une cité qui utilise et insère les nouvelles technologies de l’information et des communications (TIC) dans ses différents secteurs dans le but d’optimiser l’utilisation des infrastructures existantes.  Actuellement, tous les acteurs économiques - secteurs public et privé confondus - œuvrent pour donner à la capitale ce statut.

Les premiers pas d’une ville «intelligente»

Près de dix ans après l’extension de ses limites administratives, de nombreux stratégies, aménagements et plans de développement de l’agglomération de Hanoï ont été approuvés et mis en place peu à peu. Dans certains domaines, on a déjà utilisé et inséré les TIC dans le but de répondre aux exigences d’une cité «intelligente».

Dans le domaine des communications, le Centre de régulation de la circulation de Hanoï - avec son réseau de caméras, des «points-route» diffusés sur les ondes de la radio nationale La Voix du Vietnam - contribue à la gestion du trafic dans la capitale, premiers pas vers un système de communications intelligent.
En outre, grâce à des efforts constants, le Vietnam a pointé en 2016 à la 89e place mondiale en termes d’Indice de développement de l’e-gouvernement (EGDI) réalisé par l’Organisation des Nations unies, soit dix places de mieux qu’en 2014. L’utilisation de produits de paiement électronique, tels que cartes de crédit et cartes prépayées dans les domaines indispensables comme l’électricité, l’eau, le salaire, l’assurance, facilite la vie des habitants. Le secteur éducatif a lui aussi mis l’accent sur les TIC. Les leçons électroniques ou les examens en ligne sont encouragés par de nombreux établissements scolaires. 

En règle générale, les TIC au Vietnam connaissent un développement spectaculaire, permettant de moderniser beaucoup de secteurs de la vie socio-économique. En 2015, le Vietnam se trouvait dans le top 10 en Asie-Pacifique et le top 30 au monde au niveau de la conception de logiciels. Environ 60% des Vietnamiens de moins de 35 ans sont familiarisés avec les nouvelles technologies et 52% ont accès à l’Internet. Des éléments qui donnent la conviction que le pays est parfaitement à même de mettre sur pied des villes «intelligentes».

Les zones et domaines à privilégier

Le réseau de caméras contribue à la gestion du trafic dans la capitale, premiers pas vers un système de communications intelligent de la ville.
Photo : Doàn Tân/ VNA/CVN

Néanmoins, deux obstacles majeurs se dressent devant la bonne marche des travaux à Hanoï : l’urbanisation galopante et la faiblesse des infrastructures que cela implique, et les ressources financières. Dans ce contexte, quels secteurs et zones la capitale compte-t-elle privilégier en termes d’investissements pour devenir une cité «intelligente» ?  

À une trentaine de kilomètres du cœur de Hanoï, le nouveau centre urbain de Hoà Lac semble ouvrir la voie. Technopôle en devenir, il abrite un parc dédié aux hautes technologies, l’Université nationale de Hanoï et une zone industrielle destinée à accueillir de grands groupes spécialisés dans les TIC comme Viettel, FPT, etc. De plus, Hoà Lac a pour critères obligatoires d’accueillir uniquement des projets opérant dans les technologies numériques avancées.    

En outre, un accord de coopération relatif au projet de construction du centre urbain Nhât Tân - Nôi Bài, crédité d’un fonds d’investissement de 4 milliards de dollars et qui couvrira 2.080 ha, a récemment été signé par le Comité populaire de la ville de Hanoï et les groupes BRG et Sumitomo - ce dernier étant l’un des trois plus grands groupes japonais. Idéalement situé, avec un parc foncier important et l’expérience précieuse du Japon dans ce domaine, ce projet a vocation à être une ville «intelligente», avec une cité centrale entourée de citées satellites.

Les transports et communications font aussi l’objet des préoccupations de Hanoï. Un réseau de chemins de fer urbains modernes est en train d’être construit, lequel permettra de faciliter le déplacement des habitants, un point critique.

Dans l’avenir, la capitale doit également agir dans les domaines relatifs à la gestion de l’environnement, à l’énergie et à la sécurité. Dernier point, et non des moindres : l’éducation. Forte de ses potentiels et avantages au niveau des ressources humaines, Hanoï doit considérer l’investissement dans ce domaine comme une composante essentielle en vue de devenir une ville intelligente. Il faut notamment créer, dans les écoles dont la réputation n’est plus à faire, un «environnement numérique» en mobilisant la participation du secteur privé.
 
Huong Linh/CVN

 
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