13/05/2015 16:39
Les chefs de la diplomatie russe Sergueï Lavrov et américain John Kerry ont montré mardi 12 mai à Sotchi les premiers signes de détente entre leurs pays après plus d'un an de crise en Ukraine, et la volonté de travailler ensemble sur les grands sujets internationaux.
>>John Kerry à Sotchi pour y rencontrer Vladimir Poutine

Alors que les deux puissances traversent la pire crise de leurs relations diplomatiques depuis 1991, la simple venue du secrétaire d'État américain, première visite d'un haut responsable américain depuis le déclenchement du conflit en Ukraine, était en soi le signe d'une volonté de renouer des liens.
 
"Nous n'étions pas toujours d'accord pendant notre conversation, mais la rencontre d'aujourd'hui nous a permis de mieux nous comprendre", a salué M. Lavrov lors d'une conférence de presse commune avec M. Kerry au terme de quatre heures d'entretiens avec le président Vladimir Poutine.
 
M. Kerry, accompagné de M. Lavrov (droite), a déposé une gerbe de fleurs à un mémorial de soldats soviétiques tués lors de la Seconde Guerre mondiale, le 12 mai à Sotchi.
Photo : AFP/VNA/CVN

M. Kerry, qui doit se rendre mercredi 13 mai à Antalya, en Turquie, pour participer à un sommet de l'OTAN, a de son côté souligné le "besoin urgent" de trouver une position commune dans les dossiers épineux qui agitent le monde. Il a par ailleurs avancé l'idée d'une levée des sanctions occidentales si la trêve était respectée en Ukraine.
 
Le secrétaire d'État américain et son homologue russe se sont "mis d'accord (...) pour se concentrer sur un seul objectif : faire en sorte que ceux qui ont signé les accords du 12 février (à Minsk) les respectent", a annoncé M. Lavrov.
 
De son côté, M. Kerry a estimé que "le recours à la force par toute partie à ce moment (du conflit ukrainien) serait extrêmement destructeur", douchant ainsi les ambitions du président Petro Porochenko de reprendre par exemple le contrôle de l'aéroport de Donetsk, qui est aux mains des séparatistes.
 
Outre le conflit ukrainien, les deux hommes ont également discuté du conflit syrien et de la question du programme nucléaire iranien, sur lequel un accord définitif doit être conclu avant le 30 juin.
 
"Nous comprenons tous que l'unité est (...) la clé d'un bon accord", a indiqué M. Kerry. "La Russie et les États-Unis sont des alliés dans cet effort", a-t-il assuré, ajoutant que la vente de missiles russes S-300 à Téhéran "n'enfreignait pas la loi internationale".
 
Coopération
 
Avant la conférence de presse, John Kerry avait salué un échange "franc" avec son homologue russe sur son compte Twitter. "Il est important de conserver les lignes de communication entre les États-Unis et la Russie lorsque nous nous penchons sur des problématiques mondiales urgentes", avait écrit M. Kerry.
 
Pour sa part, la diplomatie russe avait jugé "long et franc" l'entretien entre les deux hommes.
 
Une heure avant le début de la conférence de presse, alors que Vladimir Poutine s'entretenait toujours avec John Kerry dans sa résidence privée au bord de la mer Noire, le ministère russe des Affaires étrangères avait diffusé un communiqué.
 
"La Russie est prête à une coopération constructive avec les États-Unis (...) cependant, cette coopération n'est possible que sur une base juste et équitable, sans tentative de diktat ou de contrainte", avait ainsi déclaré le ministère dans un communiqué.

"La crise actuelle des relations avec Washington n'est pas de notre responsabilité", avait également souligné Moscou. "La poursuite d'une confrontation, avec des tentatives de pression sur nous par le biais des sanctions, est un chemin qui ne mène nulle part", avait ajouté la diplomatie russe.
 
En début de journée, dans une ambiance décontractée, sous le soleil de Sotchi, M. Kerry, accompagné de M. Lavrov, avait déposé une gerbe de fleurs à un mémorial de soldats soviétiques tués lors de la Seconde Guerre mondiale.
 
AFP/VNA/CVN
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