18/02/2017 08:56
Le Vietnam compte environ 8.000 fêtes traditionnelles dont la majorité tenue au printemps, juste après le Têt traditionnel. Ces dernières années, beaucoup d’entre elles ont fait l’objet de critiques, obligeant le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme à resserrer sa gestion.

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Le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme veille à ce que les fêtes printanières se fassent dans l’ordre et conformément aux bonnes mœurs.
Photo : Quôc Viêt/VNA/CVN

Comme chaque année après le Nouvel An lunaire, une nouvelle saison de festivités a commencé. Quelle que soit leur taille, quelle que soit leur lieu d’organisation, toutes les fêtes populaires expriment une reconnaissance envers les ancêtres, envers les divinités locales… Les fêtes traditionnelles sont des événements importants de la vie spirituelle des citoyens. Elles se tiennent partout dans le pays et font partie du patrimoine culturel national. Nombre d’entre elles se perpétuent depuis des centaines, voire des milliers d’années.

Leur organisation a longtemps été laissée aux bons soins des communautés villageoises concernées. Mais, modernité et intégration mondiale obligent, elles doivent satisfaire à de nouvelles exigences. Il s’agit de mettre en avant de belles valeurs culturelles traditionnelles et humaines tout en se conformant aux pratiques mentionnées dans les Conventions internationales sur la protection de la diversité culturelle de l’UNESCO, dont le Vietnam est signataire. Et surtout d’abandonner des rites qui n’ont plus leur place dans une société moderne et civilisée, de garantir une ambiance saine et, surtout, l’ordre public.

Mettre fin aux fêtes à but commercial

Lors d’une réunion organisée mi-janvier concernant le bilan de la gestion et de l’organisation des fêtes printanières de l’an précédent, le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme a demandé aux autorités des villes et provinces de réévaluer les fêtes locales, dans l’optique de préserver et valoriser celles véhiculant des traditions culturelles authentiques et, à l’inverse, de recadrer voir de supprimer celles comportant des rites d’un autre âge.

En particulier, le ministère a souligné l’interdiction d’organiser des fêtes villageoises visant à faire des profits sur le dos des visiteurs. Ainsi, il a été demandé aux provinces de Vinh Phuc, Hà Giang, Tuyên Quang, Yên Bai, Lào Cai (Nord), Binh Phuoc (Sud) de ne plus organiser de fêtes de combats de buffle qui, selon les spécialistes, ne peuvent prétendre à aucune tradition locale de longue date. Plusieurs autres provinces au Nord comme Phu Tho, Bac Ninh, Nam Dinh ou Thai Binh ont été critiquées pour leurs fêtes désordonnées, avec notamment vols et disputes.   
 
«Le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme s’oppose aux fêtes printanières organisées de manière improvisée et dans le but de tirer des profits commerciaux. Les fêtes doivent prôner les belles valeurs culturelles, progressistes, et non perpétuer des habitudes ou coutumes contraires aux bonnes mœurs et à l’ordre public», a affirmé Trinh Thi Thuy, directrice du Département des activités culturelles locales au sein du ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme.

Les gestionnaires ont réussi à persuader le village de Nem Thuong d’abandonner le «tranchage du cochon» en public lors de sa fête traditionnelle.
Photo : Thanh Thuong/VNA/CVN 

Dialoguer, pas imposer

Le ministère est conscient de la nécessité de remodeler les fêtes villageoises où sont pratiqués des sacrifices rituels de cochons ou de buffles devant un large public, dont des enfants. La meilleure solution n’est pas d’interdire mais de dialoguer avec les localités concernées pour que le changement vienne d’elles-mêmes. Ainsi, dans les communes de Huong Nha et Xuân Quang, du district de Tam Nông, province de Phu Tho (Nord), après des rencontres à l’initiative du ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme, les habitants locaux ont convenu d’abandonner cette année l’abattage cultuel du buffle. Il sera remplacé par un acte symbolique.

Lê Thi Minh Ly, directrice du Centre de recherche et de valorisation des patrimoines culturels, apprécie l’efficacité des rencontres avec les habitants locaux. D’après elle, «le dialogue entre gestionnaires et habitants est nécessaire et souvent efficace». Elle a pris l’exemple de l’abandon du «tranchage du cochon» lors de la fête traditionnelle du village de Nem Thuong, province de Bac Ninh (Nord).

Les années précédentes, cette fête a été critiquée pour l’abattage cruel de porcs en public, qui sont coupés en deux en niveau du thorax avec un sabre. En 2015, l’Animal Asia Foundation (AAF) avait lancé une campagne de mobilisation de l’opinion publique pour faire cesser ce festival, en le qualifiant de «barbare». «Nous avons réussi à persuader les locaux en leur montrant qu’autrefois l’abattage du porc se faisait de manière normale, et non de façon barbare devant un public. Et ils ont été convaincu», explique-t-elle.

Espérons que ces changements dans l’organisation des fêtes villageoises de Nem Thuong (province de Bac Ninh, Nord), de Tam Nông et de Hiên Quan (province de Phu Tho, Nord), de Bàn Gian (province de Vinh Phuc, Nord) ouvriront la voie à une évolution naturelle et en douceur vers des fêtes modernes et civilisées.            

Linh Thao/CVN

 
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