12/03/2017 15:00
Le double attentat de Damas qui a fait le 11 mars près de 60 morts selon une ONG, en majorité des pèlerins chiites irakiens, n'avait pas été revendiqué le 12 mars en début de journée. Il s'agit de l'une des attaques les plus meurtrières commises dans la capitale syrienne en six ans de guerre.
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Des experts inspectent le lieu de l'attaque après un double attentat dans la vieille ville de Damas, le 11 mars 2017. Photo : AFP/VNA/CVN


Damas a été frappée par plusieurs attentats contre le régime du président syrien Bachar al-Assad depuis le début de la guerre en 2011, même si elle est restée à l'écart des combats qui ont ravagé le reste de la Syrie.

"Il y a eu au moins un kamikaze qui s'est fait exploser" dans la vieille ville, dans le sud-est de Damas, a indiqué à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), une organisation non gouvernementale.

L'attaque a eu lieu près du cimetière de Bab al-Saghir, dans une zone où se trouvent de nombreux mausolées chiites, devenus lieux de pèlerinage, mais aussi des mausolées sunnites.

L'OSDH a fait état d'un bilan d'au moins 59 morts - 47 pèlerins en majorité chiites irakiens et 12 combattants pro-régime - et de "plusieurs dizaines de blessés dont certains graves".

La télévision d'État syrienne a donné un bilan de 40 morts et 120 blessés. Elle a évoqué l'explosion de "deux bombes posées par des terroristes", terme qui fait référence aux ennemis - rebelles et jihadistes - du régime.

Autobus dévastés

La chaîne a montré des images de plusieurs autobus dévastés, avec des vitres brisées et des soutes éventrées. D'autres autobus ont été en partie carbonisés.

Un témoin a affirmé au photographe de l'AFP sur place que le deuxième attentat s'était produit après que les passants s'étaient rassemblés à la suite du premier.

Le ministère syrien des Affaires étrangères a condamné "l'attentat terroriste lâche qui est une riposte aux victoires de l'armée arabe syrienne contre Daech et Al-Nosra", en référence au groupe État islamique (EI) et à l'ex-branche d'Al-Qaïda en Syrie.

En Irak, où la majorité de la population est chiite, le ministère des Affaires étrangères a fait état d'une quarantaine de ressortissants irakiens tués et de plus de 100 blessés.

Il a rejeté la responsabilité de l'attaque sur les groupes "takfiris", en référence aux extrémistes sunnites.
 

Ruines à Douma, ville sous contrôle des opposants près de Damas, en Syrie, le 30 décembre 2016. Photo : AFP/VNA/CVN


Ces dernières années, plusieurs attentats meurtriers ont visé Sayeda Zeinab, un haut lieu de pèlerinage chiite au sud de Damas.

La plupart de ces attaques ont été revendiquées par des groupes jihadistes hostiles à l'Iran et au mouvement chiite libanais Hezbollah, principaux alliés du régime du président Assad.

L'attaque la plus meurtrière, en février 2016, a fait 134 morts, dont 97 civils. Elle a été revendiquée par l'EI, qui avait pris en 2014 le contrôle de vastes territoires en Irak et en Syrie mais en a depuis perdu une grande partie.

En Irak, où une offensive est en cours pour reprendre à l'EI la grande ville de Mossoul, dans le nord, des forces paramilitaires irakiennes ont annoncé samedi 11 mars avoir découvert un charnier contenant les corps de centaines de personnes exécutées par les jihadistes.

Capture d'écran montrant le site d'un attentat au camion piégé à Azaz, dans le Nord de la Syrie, le 7 janvier 2017. Photo : AFP/VNA/CVN


Fosses communes

Ces forces ont dit avoir trouvé dans la prison de Badouch, près de Mossoul, des dizaines de fosses communes avec plusieurs centaines de corps.

Dans un rapport publié en mars 2015, l'ONU avait déclaré qu'environ 600 hommes avaient été exécutés par l'EI quand le groupe jihadiste s'était emparéde cette prison en juin 2014.

Trois forces sont actuellement engagées dans le Nord de la Syrie près du fief jihadiste de Raqa: les troupes turques et leurs alliés rebelles syriens, les forces du régime appuyées par la Russie, et une alliance arabo-kurde soutenue par les États-Unis, les Forces démocratiques syriennes (FDS).

Le président syrien a affirmé que Raqa était une "priorité" pour son armée dans une interview à la chaîne chinoise Phoenix TV diffusée samedi 11 mars.

Alors que l'assaut sur Raqa se précise, près de 300 familles de combattants de l'EI ont fui la ville depuis le 10 mars, selon l'OSDH.

Déclenchée par la répression de manifestations pro-démocratie il y a près de six ans, la guerre en Syrie, qui a fait plus de 310.000 morts, est devenue très complexe avec l'implication de groupes jihadistes, de forces régionales et de puissances internationales.

AFP/VNA/CVN

 

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