15/09/2015 13:28
Les 28 États membres de l'UE, réunis le 14 septembre à Bruxelles, ne sont pas parvenus à un accord unanime sur la répartition de 120.000 réfugiés supplémentaires pour faire face à l'afflux de demandeurs d'asile, a indiqué le soir du 14 septembre la présidence luxembourgeoise.
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"Une grande majorité d'États se sont engagés sur le principe d'une relocalisation (des 120.000 réfugiés), mais tout le monde n'est pas pour l'instant à bord", a reconnu le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères Jean Asselborn, qui a présidé un conseil extraordinaire des ministres de l'Intérieur de l'UE.

Des policiers hongrois font barrage à l'arrivée de migrants venus de Serbie près du village serbe de Horgos, le 14 septembre.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Nous n'avons pas eu l'accord que nous voulions" sur ce point, a admis de son côté le commissaire à l'Immigration, Dimitris Avramopoulos, lors d'une conférence de presse commune, à l'issue de débats qu'il a qualifiés de parfois "enflammés" entre États.

Les participants ont, comme prévu, validé le 14 septembre la décision de se répartir l'accueil de quelque 40.000 réfugiés en deux ans, conformément à ce qu'ils avaient convenu fin juillet (même s'ils n'ont pour l'heure fixé la destination précise dans l'UE que de quelque 32.000 personnes).

Mais ils ont échoué à dégager un consensus sur une nouvelle proposition de la Commission européenne qui leur avait demandé la semaine dernière de "relocaliser" 120.000 réfugiés de plus, se trouvant actuellement en Italie, en Grèce et en Hongrie, avec des quotas contraignants.

Sur ce point, "la discussion doit se poursuivre", a expliqué le ministre français de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, soulignant qu'"un certain nombre de pays ne veulent pas adhérer à ce processus de solidarité".

"Ce n'est pas seulement nous, ou la République tchèque, il y a eu aussi d'autres pays" qui se sont opposés au mécanisme dit de "relocalisation", a rétorqué le ministre slovaque de l'Intérieur, Robert Kalinak, cité par des médias slovaques.

Organiser les retours

Les ministes allemand et français ont préféré insister sur une série "d'avancées concrètes" obtenues le 14 septembre.

Le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères Jean Asselborn, le 14 septembre à Bruxelles.
Photo : AFP/VNA/CVN

Ils ont souligné que l'Italie et la Grèce avaient clairement accepté la mise en route à leurs frontières extérieures de "hotspots", des centres d'accueil chargés d'enregistrer les migrants à leur arrivée en Europe, et de distinguer en amont s'ils relèvent du droit d'asile ou de la migration illégale.

"Nous devons armer Frontex (l'agence européenne de surveillance des frontières) davantage en moyens pour lui permettre d'organiser les retours de ceux qui sont migrants économiques irréguliers vers les pays de provenance", a plaidé M. Cazeneuve, faisant de la réussite des "hotspots" une condition pour la "relocalisation" des réfugiés.

Mais si la Grèce et l'Italie ont donné leur accord, la Hongrie a campé sur son refus catégorique d'héberger ces "hotspots" et de participer au mécanisme de "relocalisation", résistant lors de la réunion du 14 septembre à la pression d'autres États, en particulier du couple franco-allemand.

La Hongrie "serait pourtant bénéficiaire du dispositif, puisqu'elle fait partie maintenant des pays en première ligne", a regretté une source européenne.

Les ministres de l'Intérieur de l'UE doivent se revoir les 8 et 9 octobre à Luxembourg, pour un nouveau conseil au cours duquel sera rediscutée la répartition des réfugiés, mais il n'est pas exclu qu'une rencontre soit organisée avant cette date.
 
AFP/VNA/CVN
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