30/07/2017 14:46
Pour sa première fois au festival, l'Américaine Norah Jones a ouvert vendredi 28 juillet la 40e édition de "Jazz in Marciac" (JIM), marquant ainsi le retour à ses racines jazz, après un crochet par le pop-rock.
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La chanteuse américaine Norah Jones en concert, le 10 février 2017 à Los Angeles.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Bonsoiiiiir", la voix chaude et suave, mâtiné d'accent "yankee", traverse le chapiteau de Marciac, où aucune des 5.000 places n'est libre. Les notes bleues s'alignent et les applaudissements crépitent. Pour la première fois, Norah Jones monte sur la scène de Marciac. C'est un événement, sent la foule.

Son premier album, Come Away with Me, reste l'un des plus vendus de l'histoire du jazz, avec 23 millions d'exemplaires écoulés et cinq Grammy Awards. Pourtant, la New-Yorkaise n'était jamais montée sur cette scène incontournable du jazz, à la différence de la plupart des grands noms du genre.

Il fallait cette fois qu'elle le fasse, alors qu'elle semble amorcer un retour aux sources, après avoir flirté avec la country, le folk puis le pop-rock minimaliste.

Dans son dernier disque Day Breaks, que Norah Jones présente au JIM, l'artiste aux quarante millions de disques vendus retrouve des couleurs plus jazz et acoustiques, en y faisant en particulier jouer le géant du saxophone Wayne Shorter, légende vivante du jazz âgée de 83 ans.

Voilà un formidable cadeau que la fille du grand cithariste indien Ravi Shankar offre au JIM pour sa 40e édition, d'autant plus que la chanteuse-compositrice s'était fait rare en France : elle n'y avait pas tourné pendant quatre ans, jusqu'à fin 2016.

Le JIM, un des plus grands festivals du genre avec 220.000 visiteurs environ, se déroulera jusqu'au 15 août.

Hancock, Dibango, Lockwood,...

Ibrahim Maalouf, ici aux Vieilles Charrues (2016), jouera à "Jazz in Marciac" le 1er août 2017.
Photo : AFP/VNA/CVN

Comme à l'accoutumée, le petit village médiéval du Gers fera défiler les plus grandes stars : l'explorateur du jazz Herbie Hancock (samedi 29 juillet) ; le Camerounais Manu Dibango (10 août) ; le guitariste aux 10 Grammy Awards George Benson (mardi 1er août)...

Anniversaire oblige, cette année réserve quelques exclusivités. Ainsi, le violoniste français Didier Lockwood présentera le 8 août, et pour la première fois, son nouveau quartet. Et le 6 août, le pianiste cubain Roberto Fonseca jouera un répertoire inédit taillé sur mesure pour cette 40e édition.

Parmi les grands habitués du JIM, Wynton Marsalis, parrain du festival qui s'y produit chaque année, jouera avec le musicien irakien Naseer Shamma le 7 août, puis avec la chanteuse Cecile McLorin Salvant, le 11.

Autres incontournables, la diva Dee Dee Bridgewater présentera dimanche  30 juillet son album bientôt dans les bacs, "Memphis", qui est un hommage à la musique blues et soul, tandis que le trompettiste Ibrahim Maalouf jouera lundi 31 juillet.

Le Cubain Chucho Valdès, qui avait remporté le Latin Grammy Award pour son album Tribute To Irakere enregistré à Marciac en 2015, rejoindra le chapiteau le 2 août.

Outre les grandes stars, le "festival bis" offrira gratuitement des dizaines de spectacles, dans les rues mêmes du village avec, notamment les groupes d'Alexis Avakian, de Paul Chéron, de Laurent Couthaliac, Tom Ibarra...


Un festival de jazz pas comme d'autres

"Jazz in Marciac" a été créé en 1978 à l'initiative d'une poignée d'amateurs dans cette bastide médiévale de moins de 2.000 habitants. D'abord consacré au jazz traditionnel, il se concentre sur des formations de La Nouvelle-Orléans, avant de se diversifier et d'être considéré comme l'un des plus importants festivals de jazz au monde.

La plupart des grands noms du jazz s'y sont produits : Bill Coleman, Lionel Hampton, Dizzy Gillespie, Stan Getz, Keith Jarrett...
 

APF/VNA/CVN
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