24/05/2017 09:54
La Première ministre britannique Theresa May a annoncé mardi soir 23 mai le renforcement du niveau d'alerte terroriste de "grave" à "critique" après l'attentat-suicide de Manchester commis par un étudiant d'origine libyenne, qui a fait 22 morts lundi soir 22 mai.
>>Dix-neuf morts lors d'un "incident terroriste" à Manchester (police)

La première ministre Theresa May écrit un message de condoléance, le 23 mai à Manchester. Photo : AFP/VNA/CVN

"Nous ne pouvons ignorer la possibilité qu'un groupe d'individus plus large soit lié à l'attentat de Manchester", a souligné Theresa May, qui a également annoncé le déploiement de l'armée pour épauler la police.

Le niveau "critique" signifie qu'une attaque est considérée comme imminente.

La police a progressé dans son enquête : "L'homme soupçonné d'avoir commis l'atrocité de la nuit dernière a été identifié sous le nom de Salman Abedi, 22 ans", a déclaré le commissaire de police Ian Hopkins.

Selon plusieurs médias britanniques, Abedi est un Britannique né à Manchester de parents libyens ayant fui le régime de Kadhafi. Ils ont trouvé refuge d'abord à Londres, puis dans le quartier résidentiel de Fallowfield, au sud de Manchester, où le suspect résidait.

La priorité de l'enquête "reste d'établir s'il a agi seul ou au sein d'un réseau", a ajouté le commissaire de police.

Un homme de 23 ans avait été arrêté quelques heures plus tôt dans une autre banlieue résidentielle au sud de Manchester, en lien avec l'attentat, selon la police qui n'a pas précisé la nature de ce lien.

Des perquisitions ont été menées, notamment au domicile du suspect dans un quartier pavillonnaire de maisons modestes en briques rouges. Peu y connaissaient cet étudiant "discret" et "réservé". "Je ne suis même pas sûre de savoir à quoi il ressemble, je devais pourtant le croiser tous les jours", confiait Rachel Harding, 37 ans, qui vit à quelques maison de là.

"Petites filles en pleurs"

Saffie Rose Roussos, huit ans, assistait au concert de la star américaine Ariana Grande avec sa mère et sa sœur : elle a été tuée par la puissante explosion qui a frappé vers 22h30 (21h30 GMT) l'une des sorties du Manchester Arena à la fin du spectacle.

Veillée en hommage aux victimes de l'attentat suicide de la veille, le 23 mai à Manchester. Photo : AFP/VNA/CVN

L'assaillant a choisi "délibérément l'endroit et l'heure pour causer un maximum de victimes, dont de nombreux jeunes", a déploré la Première ministre Theresa May avant de rencontrer des enfants hospitalisés dans la troisième ville britannique.

Le bilan pourrait s'aggraver, certains des 59 blessés hospitalisés -- parmi lesquels 12 ont moins de 16 ans selon une source médicale -- se trouvant dans un état grave.

Un sans domicile fixe qui se trouvait à proximité de la salle de concert a captivé les réseaux sociaux en racontant à la télévision ITV avoir secouru des enfants hébétés, sortis en sang après l'explosion, en retirant "des clous" des bras et même du visage d'une petite fille.

Un centre d'accueil a été installé au stade de football de Manchester City pour les victimes et leurs proches. Et le quotidien de la ville, le Manchester Evening News, a lancé un appel aux dons qui avait déjà réuni près de 700.000 euros pour leur venir en aide.

L'explosion avait provoqué une panique lundi soir 22 mai. "Les gens tombaient les uns sur les autres dans l'escalier", a raconté Kennedy Hill, petite fille accompagné de sa maman. "Des papas portaient dans leurs bras des petites filles en pleurs", raconte Sebastian Diaz, 19 ans.

"C'est une fois de plus la jeunesse, nos modes de vie, notre culture qui ont été attaqués", a déclaré le ministre français de l'Intérieur, Gérard Collomb, un an et demi après l'attaque contre la salle de concert du Bataclan qui avait fait 90 morts à Paris, également revendiqué par le groupe État islamique.

AFP/VNA/CVN

 
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