23/05/2015 15:19
Partisans et opposants du mariage homosexuel attendaient impatiemment samedi 23 mai en Irlande le résultat du référendum sur la légalisation de ces unions, dont la tenue constitue une petite révolution dans une société longtemps influencée par l'Église catholique.
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Le résultat était attendu dans l'après-midi samedi 23 mai, après 15h00 GMT. Les premières estimations devraient tomber en milieu de journée. Les ultimes sondages suggéraient une victoire du oui, même si l'écart avec le non s'est réduit à l'approche du vote.

Vendredi 22 mai, plus de 3,2 millions d'Irlandais ont été appelés à se prononcer sur une modification de la Constitution proposant d'autoriser "le mariage entre deux personnes, sans distinction de sexe". Ce référendum historique, 22 ans après la dépénalisation de l'homosexualité en Irlande, a donné lieu à des débats passionnés au cours des dernières semaines, reflétant les interrogations de la société irlandaise face au conservatisme de l'Église catholique, opposée au mariage homosexuel.

Un couple homosexuel sort d'un bureau de vote le 22 mai 2015 à Drogheda, au nord de Dublin
Un couple homosexuel sort d'un bureau de vote le 22 mai 2015 à Drogheda, au Nord de Dublin. Photo : AFP/VNA/CVN

Si le non l'emporte, "cela voudra dire qu'une majorité d'Irlandais a choisi de continuer à porter préjudice à une autre partie de la population", a estimé vendredi le Dublinois John Nagle. Comme un symbole, des pancartes "Votez oui", "Egalité pour tous" avaient été accrochées dans la ville près de l'ancienne maison d'Oscar Wilde, auteur dont l'homosexualité lui valut d'être emprisonné en Grande-Bretagne au XIXe siècle pour outrage à la pudeur.

Moins expansifs, les partisans du non ont exprimé leurs craintes de voir l'institution du mariage dénaturée. "Je ne crois pas que deux hommes devraient se marier. Ni même deux femmes. Je n'arrive pas à me faire à l'idée que deux hommes soient en couple... Qui est le mari et qui est la femme ?", a déclaré Betty Young, la soixantaine.

"Faire ce qui est juste"

Le oui a été défendu par tous les principaux partis politiques irlandais, y compris le Fine Gael, pourtant plutôt conservateur, du Premier ministre Enda Kenny, qui a dit dans un tweet avoir voté "oui pour l'égalité". Le camp du oui a aussi reçu le soutien de célébrités du monde du sport et du spectacle. Le groupe irlandais U2 avait appelé sur Instagram à voter en faveur du mariage gay avec le message : "In the name of love... vote yes", citant un de ses titres les plus célèbres.

Dans le camp adverse, l'Église catholique d'Irlande et les conservateurs ont clamé que le mariage devait rester l'apanage des couples composés d'un homme et d'une femme. Mais l'influence de l'Église n'a cessé de décliner au cours des dernières années, érodée par les bouleversements économiques et sociaux, même si l'avortement reste interdit en Irlande, sauf lorsque la vie de la mère est en danger.

L'institution religieuse paie aussi le prix du scandale des affaires de pédophilie impliquant des prêtres, parfois couvertes par des responsables ecclésiastiques. L'Irlande, pays de 4,6 millions d'habitants, avait voté en 1995 pour légaliser le divorce, malgré, là aussi, l'opposition de l'Église. Dix-huit pays, dont treize en Europe, ont légalisé le mariage entre personnes de même sexe, mais à chaque fois par voie parlementaire.

Ce référendum, "c'est une histoire de décence, de morale. C'est décider de faire ce qui est juste", a déclaré Shane, un artiste gay, à Drogheda, ville portuaire située à 55 kilomètres au Nord du Dublin.
 
AFP/VNA/CVN
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