12/12/2015 14:41
L’histoire des arts martiaux traditionnels vietnamiens est intimement liée à l’histoire du pays. Les pratiquer permet de découvrir la culture et la mentalité de tout un peuple.

>>Ces artisans de l’expansion internationale du Vovinam

Les arts martiaux traditionnels sont souvent à l’honneur lors des fêtes de villages. Photo : Thanh Tùng/VNA/CVN

Les arts martiaux tradi-tionnels vietnamiens (ou vo thuât, en vietnamien) regroupent les arts martiaux créés ou pratiqués au Vietnam, et sont constitués d’une multitude de techniques de combat, de pratiques et de styles, développés dans le pays au fil des siècles.

L’histoire du vo thuât, intimement liée à l’histoire d’un Vietnam constamment en butte aux invasions, voit se croiser de multiples influences : chinoises, principalement, mais aussi indonésiennes, tibétaines. Le vo thuât a ainsi progressé par échanges et absorptions, enrichissant son fond traditionnel sans pour autant perdre son authenticité, ancrée dans une mentalité spécifique, une culture riche, et une histoire bien particulière.

Les arts martiaux traditionnels vietnamiens sont nés dans les campagnes et les villages. Des fouilles archéologiques témoignent de l’existence, dès la préhistoire et la haute antiquité, de techniques guerrières utilisées par les anciens Vietnamiens. Cet art du combat servait aux paysans de moyen de défense et de survie, à un niveau local, d’abord, et ensuite, du fait de sa situation géographique, pour lutter contre les multiples tentatives d’invasion et d’occupation de leurs belliqueux voisins.

Les arts martiaux, trésors culturels

La multiplication de conflits de différents types, la diversité d’influences assimilées et adaptées, et les écarts géographiques ont entraîné, au sein du vo thuât, le développement d’une extraordinaire richesse de courants de pratique, militaires comme civils, adaptés à la défense du territoire autant qu’aux luttes intestines. À certaines périodes de l’histoire du pays, les détenteurs d’un savoir martial se sont protégés par l’anonymat, et ont enseigné clandestinement.

Le vo thuât constitue un des trésors culturels du pays. Photo : VNA/CVN

Depuis toujours, les Vietnamiens pensent que les arts martiaux sont l’un des chemins menant l’homme «au vrai, au bien et au beau » (chân – thiên – my). Ils permettent de fortifier le corps autant que l’esprit, de mieux faire face aux adversités de la vie. Ils relient aussi à l’identité culturelle nationale et aux ancêtres, qui ont tant lutté pour bâtir et protéger le pays.
 
Le vo thuât constitue un des trésors culturels du pays. Fierté de tous les Vietnamiens sans exception, ils sont enseignés aux forces de l’ordre et figurent même au programme des universités. La Fédération française des arts martiaux vietnamiens regroupe actuellement une vingtaine de styles différents, de factures plus ou moins récentes. On peut y voir le Vovinam, le Thanh Long, le Minh Long, le Kim Long, le Han Bai, le Viet Kune Dao, le Qwan Ki Do, etc. Mais les arts martiaux du Vietnam ne se résument pas à une vingtaine d’écoles, loin de là !

À la conquête du monde

On trouve des écoles d’arts martiaux vietnamiens dans le monde entier, en particulier en France où de nombreux Vietnamiens sont venus s’installer au cours de l’histoire récente. Un certain nombre de maîtres sont restés fidèles à l’école ou au style que leur propre maître leur avait enseigné.

Les arts martiaux sont l’un des chemins menant l’homme «au vrai, au bien et au beau». Photo : Thanh Tùng/VNA/CVN

Pour Olivier Barney, un adepte du maître Nguyên Duc Môc, de l’école Son Long quyên thuât, la passion pour les arts martiaux l’a aidé à mieux connaître et à aimer le Vietnam, ainsi que son peuple.

«Notre maître est arrivé en France durant la Seconde guerre mondiale. Il a ouvert un centre à Paris. Puis, ses élèves sont allés dans diverses régions de France, à l’étranger, pour ouvrir des centres. Actuellement, nous sommes présents en France, en Suisse, en Autriche, en Algérie et au Burkina Faso. Nous suivons la voie tracée par notre maître. La chose la plus importante que l’on apprend, c’est le +dao duc+ (la vertu)», confie-t-il.

De son côté, la Russe Natalia Nikokosheva, qui vit actuel-lement à Hô Chi Minh-ville, a découvert le vo thuât à Moscou, quand elle était étudiante à l’Université des relations internationales. Parlant vietnamien et faisant des études sur la culture et l’histoire vietnamiennes, elle est tout de suite tombée amoureuse du Tinh Vo Dao, après avoir rencontré sa chef de file, Hô Hoa Huê.

«Des amis vietnamiens m’ont parlé du Tinh Vo Dao et de Hô Hoa Huê. Quand j’ai été initiée à cet art martial, j’ai pu constater que tout ce qu’ils m’avaient dit était juste. Le Tinh Vo Dao est très spécial. Avec ses mouvements souples, même une personne à la santé fragile ou une femme peut battre un homme robuste. J’ai présenté le Tinh Vo Dao à de nombreux amis Russes qui, eux aussi, ont été conquis. La vertu et la droiture sont au cœur des arts martiaux. Au Vietnam, les maîtres et les adeptes respectent cela. J’apprécie beaucoup», conclut-elle.
 
Phuong Nga/CVN
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