12/06/2017 09:54
Le parti du président Emmanuel Macron se dirige vers une victoire écrasante aux législatives après le premier tour dimanche 11 juin, marqué par une débâcle historique du Parti social (PS), un net revers pour la droite et le Front national (FN) et une abstention record, environ un électeur sur deux ayant boudé les urnes.
>>Premier tour des législatives, vers une majorité parlementaire profondément bouleversée
>>La France en marche vers le grand renouvellement de l'Assemblée

Le président Emmanuel Macron (droite) et son épouse Brigitte votent pour le premier tour des législatives au Touquet, le 11 juin.
Photo : AFP/VNA/CVN

Selon les estimations par sièges des sondeurs, le mouvement présidentiel, La République En Marche (REM), et son allié du MoDem raviraient dimanche prochain entre 400 et 455 des 577 sièges de l'Assemblée nationale, largement au-dessus de la majorité absolue (289 élus).

Le Premier ministre Edouard Philippe a estimé que les Français avaient confirmé leur "attachement dans le projet de renouvellement, de rassemblement et de conquête" de M. Macron. "Rien n'est joué, il faut rester mobilisé", a cependant tempéré le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner. Se gardant de triomphalisme, l'Élysée ne fera pas non plus "de commentaire".

Le Parti socialiste, qui contrôlait la moitié de l'Assemblée sortante, s'effondrerait autour de 15 à 40 sièges, soit encore moins que les 57 de la débâcle de 1993. C'est un "recul sans précédent de la gauche", a reconnu son Premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis, qui a mis en garde contre le risque de "l'unanimisme" au Parlement.

Législatives : estimations du 1er tour.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le patron du PS, éliminé à Paris, fait partie du cortège des battus, avec les anciens ministres Mathias Fekl, Pascale Boistard, Aurélie Filippetti, François Lamy, Kader Arif, Christian Eckert... Le candidat du PS à la présidentielle, Benoît Hamon, a également été éliminé dès le 1er tour, tout comme les ex-ministres écologistes Cécile Duflot et Emmanuelle Cosse. D'autres sont en ballotage très défavorable, comme Najat Vallaud-Belkacem.

Protégés par le camp Macron, Stéphane Le Foll, Marisol Touraine et l'ex-Premier ministre Manuel Valls sont en ballotage favorable. Un autre ancien locataire de Matignon Bernard Cazeneuve a appelé à "rebâtir la gauche de gouvernement".

La droite, qui espérait priver le nouveau président Macron de majorité, terminerait avec 70 à 130 élus LR et UDI. Dont une partie devrait soutenir la majorité présidentielle. Un score "décevant pour notre famille politique", a convenu l'ex-président de l'Assemblée Bernard Accoyer.

Chef de la campagne LR-UDI, François Baroin a appelé à la mobilisation pour éviter des "pouvoirs concentrés" dans "un seul et même parti". À Paris, Nathalie Kosciusko-Morizet parvient au second tour mais est en ballotage très défavorable derrière le candidat REM.

Le FN en net repli

Des sympathisants de La République en Marche applaudissent à l'annonce des premières estimations lors du premier tour des législatives, le 11 juin à Paris.
Photo : AFP/VNA/CVN

Quant au Front national, un mois après son score record au second tour de la présidentielle, il obtiendrait seulement 1 à 10 sièges, contre 2 lors de la précédente législature. Avec un score de 13 à 14% très éloigné du score de Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle (21,30%).

C'est "une déception", a reconnu son vice-président Florian Philippot : la barre des quinze députés pour former un groupe avait longtemps constitué un objectif minimal.

Mme Le Pen, en tête avec 46% des voix dans le Pas-de-Calais, a centré sa riposte sur le "taux d'abstention catastrophique" qui "pose la question du mode de scrutin" majoritaire.

La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, obtiendrait, elle, 10 à 23 fauteuils, PCF inclus. Mais "la division des forces de gauche se paie très cher", regrette le communiste Pierre Laurent, critiquant le refus d'alliance de M. Mélenchon, qui avait réuni plus de 19% des voix au 1er tour de la présidentielle.

La présidente du Front national Marine Le Pen, le 11 juin à Paris.
Photo : AFP/VNA/CVN

"L'immensité de l'abstention montre qu'il n'y a pas de majorité pour détruire le Code du travail", a jugé M. Mélenchon qui, contrairement à la présidentielle, a immédiatement appelé ses électeurs à "ne jamais permettre l'élection d'un candidat Front national".

Pour la première fois de l'histoire de la Ve République, l'abstention aux législatives dépasserait la barre des 50% au premier tour.

Au terme d'une campagne atone qui a vu la REM creuser nettement l'écart sur ses rivaux, l'abstention pulvérise le précédent record pour un premier tour, qui remontait à 2012 (42,8%, puis 44,6% au second tour).
 
AFP/VNA/CVN
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