23/12/2015 09:57
La Grèce a franchi mardi 22 décembre un pas vers la reconnaissance de l'État palestinien, avec un vote unanime du parlement en faveur de celle-ci, le Premier ministre Alexis Tsipras, soucieux de préserver les relations avec Israël, restant toutefois évasif sur le calendrier.
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Tous les partis grecs votent en faveur de la reconnaissance de la Palestine, le 22 décembre. Photo : AFP/VNA/CVN

Lors d'une séance spéciale à l'Assemblée, en présence du président palestinien Mahmoud Abbas lui-même, en visite à Athènes depuis lundi 21 décembre, tous les partis grecs - unanimité rarissime - ont voté oui à un texte appelant le gouvernement "à promouvoir les procédures adéquates pour la reconnaissance d'un État palestinien".

Chaleureusement applaudi par les députés, M. Abbas s'est dit "fier de se trouver dans le Parlement grec, le sanctuaire de la démocratie", et il a remercié les parlementaires grecs pour ce vote, qui "contribue à la création d'un État palestinien".

Israël de son côté a déploré quelques heures plus tard, par la voix de la vice-ministre des Affaires étrangères Tzipi Hotovely, que "les Palestiniens et Abou Mazen (Mahmoud Abbas) continuent à choisir la voie des décisions unilatérales pour obtenir une reconnaissance qui n'a aucune signification en pratique".

Alexis Tsipras avait annoncé dès lundi 21 décembre à l'issue de ses entretiens avec Mahmoud Abbas l'officialisation du nom Palestine sur les documents grecs en remplacement du terme "Autorité palestinienne", utilisé jusqu'ici.

Il a souligné que "la Grèce s'engageait à l'instauration d'un État palestinien viable, indépendant et souverain sur la base des frontières fixées en 1967 et ayant comme capitale Jérusalem Est, un pays qui coexistera pacifiquement avec Israël".

"Juger du bon moment"

Interrogé cependant par les médias sur la possible date d'une reconnaissance à proprement parler de l'État palestinien par la Grèce, M. Tsipras a répondu que son pays "jugerait du bon moment" pour cela, compte tenu à la fois des "relations fraternelles avec le peuple arabe et des relations de coopération avec Israël".

Il a insisté sur la nécessité d'une "solution viable" après "des discussions substantielles" entre les deux parties.

Le président palestinien Mahmoud Abbas prend la parole, le 22 décembre au parlement grec. Photo : AFP/VNA/CVN 

Traditionnellement pro-arabe, la Grèce s'est rapprochée d'Israël ces dernières années, notamment en matière énergétique, tout en conservant de bonnes relations avec les Palestiniens.

Alexis Tsipras s'était rendu fin novembre en Israël et dans les territoires palestiniens. C'est au cours de cette visite qu'il avait invité M. Abbas à Athènes pour assister au vote du parlement en faveur de la reconnaissance de l'État palestinien.

"Nous voulons vraiment que le gouvernement grec suive la décision du parlement et reconnaisse officiellement l'État de Palestine dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale", a affirmé Saëb Erakat, numéro deux de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), depuis Ramallah.

Pour Tassos Kourakis, vice-président du parlement grec, le vote en plénière est "un pas important" vers une telle reconnaissance.

Avant le parlement grec, d'autres assemblées parlementaires, comme le Sénat en France en 2014, ont déjà voté une résolution favorable à la reconnaissance de l'État palestinien.

Le texte adopté par le parlement grec est basé sur une série de résolutions internationales, sur la décision du parlement européen en décembre 2014 et sur des votes dans le même sens d'autres parlements.

Pour le gouvernement grec, la visite de M. Abbas en Grèce est perçue comme un signe "du renforcement" des relations historiques entre les deux pays.

Au total, 136 pays ont déjà reconnu l'État palestinien, dont huit en Europe : la République tchèque, la Hongrie, la Pologne, la Bulgarie, la Roumanie, Malte et Chypre l'ont reconnue avant leur entrée dans l'UE. La Suède a suivi en octobre 2014.
 
AFP/VNA/CVN
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