25/12/2015 16:10
Le pape François est arrivé le soir du 24 décembre dans une basilique Saint-Pierre de Rome bondée pour célébrer la traditionnelle messe de minuit, retransmise aux 1,2 milliard de catholiques dans le monde, sur fond de menaces jihadistes et de violences de la Cisjordanie à la Syrie.
 
Le pape François célèbre la messe à la veille de Noël en la basilique St Pierre, le 24 décembre au Vatican.
Photo : AFP/VNA/CVN

Arrivé à 20h30 GMT, le pape argentin est arrivé au milieu d'une longue procession dans la nef de la basilique au son du "Gloria in excelsis Deo". Ce chant traditionnel ouvre la longue célébration de la messe dite de minuit, avancée de plus d'une heure depuis des années. Les flashs de centaines de portables immortalisaient l'instant.

Les pèlerins, par crainte d'attentats, n'étaient pas venus en foule plus tôt dans la journée sur la place Saint-Pierre, malgré l'ouverture début décembre du "Jubilé de la miséricorde" par le pape François.

Soldats, policiers et gendarmes étaient déployés dans tout le quartier autour du Vatican, comme ils le sont chaque jour depuis le début de cette "Année Sainte".

Les célébrations de cette fête de la "paix" pour les chrétiens, qui célèbre la naissance de Jésus, ont lieu dans un contexte international tendu, notamment en raison des menaces du groupe État islamique et d'autres mouvements jihadistes.

Troubles en Cisjordanie

Alors que débutait plus tôt une journée de célébrations à Bethléem, où le Christ est né selon la tradition biblique, trois nouvelles attaques ont été lancées contre des juifs en Cisjordanie occupée, dont les auteurs palestiniens ont été abattus par les forces de l'ordre.

Un quatrième Palestinien a été tué lors de heurts avec des soldats israéliens. La spirale meurtrière a également porté un rude coup au tourisme en Terre sainte, où les pèlerins étrangers étaient rares.
 
Des membres du clergé devant l'Église de la Nativité, le 24 décembre à Bethléem.
Photo : AFP/VNA/CVN

Sur la place de la Mangeoire, cœur touristique de Bethléem, Soeur Donatella, une religieuse italienne, affirmait qu'il était important "d'être là, pour réagir et envoyer le message de paix de Noël".

Cette année à Bethléem, selon le patriarche latin de Jérusalem Fouad Twal, la messe de Noël serait dédiée aux victimes du "terrorisme, cette idéologie mortifère, fondée sur le fanatisme et l'intransigeance religieuse qui répand la terreur et la barbarie au milieu d'innocents".

En leur hommage, il a invité "chaque paroisse à éteindre pendant cinq minutes les lumières de l’arbre de Noël, en signe de solidarité".

"Tout est feint !"

Dans de nombreux pays, la fête de Noël a été en partie éclipsée par les violences et les exactions de jihadistes.

En Syrie, c'est dans l'angoisse que les chrétiens de villages menacés par l'EI s'apprêtaient à passer la fête de la Nativité.

Le nonce (ambassadeur) du Saint-Siège à Damas, Mario Zenari, a souhaité jeudi 24 décembre sur les ondes de Radio Vatican que ce quatrième Noël de guerre "soit le dernier". "Nous voulons espérer que ces germes apparus (notamment la feuille de route approuvée par le Conseil de sécurité de l'ONU) puissent fleurir. Et que, l'an prochain, dans toutes les crèches de Syrie, il y ait autant de rameaux d'oliviers".

En Irak, un pays dont une partie est contrôlée par l'EI et où la communauté chrétienne s'est réduite comme peau de chagrin ces dix dernières années, le cœur n'est pas à la fête.

"Nous prions (...) pour le retour des déplacés sur leur terre", confie Farida, une cinquantenaire dont douze proches ont dû abandonner leur maison après la prise par les jihadistes en juin 2014 de la deuxième ville du pays, Mossoul.

En Somalie, pays à majorité musulmane, le gouvernement est allé jusqu'à interdire les célébrations de Noël et du Nouvel An au motif qu'elles pourraient susciter des attaques des islamistes shebab.

En France, où des attentats revendiqués par l'EI ont fait 130 morts le mois dernier à Paris, la sécurité sera renforcée à l'entrée des églises durant les messes de Noël. Comme dans d'autres lieux publics, il conviendra de faire ouvrir les manteaux, a préconisé le ministère de l'Intérieur.

Faisant état de "possibles menaces contre les Occidentaux", les ambassades des États-Unis et de Grande-Bretagne à Pékin ont demandé à leurs ressortissants d'éviter un quartier animé de la capitale durant les fêtes de Noël. Des avertissements très inhabituels dans cette métropole.

AFP/VNA/CVN
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