13/09/2015 15:49
Les migrants continuent d'affluer en Allemagne via Munich (Sud), alors que des dizaines de milliers de manifestants ont battu le 12 septembre le pavé en Europe, en faveur des réfugiés à Londres, Copenhague ou Madrid, et contre leur arrivée à Varsovie ou Prague.

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Quelque 9.000 réfugiés sont arrivés le 12 septembre en début de soirée à Munich, selon les autorités locales, qui s'attendaient à en accueillir "jusqu'à 13.000" d'ici la fin de la journée.
 

Des migrants arrivent en gare de Munich le 12 septembre.
Photo : AFP/VNA/CVN


Le point d'entrée dans "l'Eldorado allemand" est en voie d'égaler le record établi le 6 septembre, suscitant l'inquiétude des autorités débordées qui alertent sur le manque de capacités d'accueil.

Derrière des banderoles "Ouvrez les frontières" ou "la vie des réfugiés compte", des dizaines de milliers de personnes ont réclamé à Londres au gouvernement de David Cameron une politique d'accueil plus généreuse pour les réfugiés.

Le premier geste du tout nouveau leader du parti travailliste Jeremy Corbyn, élu le 12 septembre, a été de se joindre à la manifestation après avoir appelé le gouvernement à plus de "compassion".

Sous la pression, M. Cameron vient d'annoncer l'accueil sur cinq ans de 20.000 réfugiés syriens fuyant la guerre qui ravage leur pays. Dusan Petkovic, un des manifestants londoniens, a jugé ce chiffre "pathétique".

Au Danemark, dont les autorités cherchent à bloquer le flux de migrants, 30.000 personnes ont défilé à Copenhague, et des centaines d'autres dans plusieurs villes du pays. Ils étaient plusieurs milliers à Madrid, un millier à Stockholm, autant à Helsinki et à Lisbonne.

En France, le président François Hollande s'est rendu dans un centre d'accueil de demandeurs d'asile syriens près de Paris.

Le gouvernement français s'est engagé à accueillir 24.000 réfugiés d'ici l'an prochain, et le ministre de l'Intérieur a réuni 700 maires disposés à les recevoir. Mais les appels à manifester n'ont suscité qu'une faible mobilisation: le principal rassemblement a réuni quelque 700 personnes à Nice (Sud-Est), davantage qu'à Paris et Lyon (Centre).

Prière à la Vierge

Le ton change de l'autre côté de l'ex-rideau de fer : À Varsovie, plusieurs milliers de personnes (10.000 selon les organisateurs) arboraient des banderoles "L'islam, c'est la mort de l'Europe".

"Nous sommes là pour que (...) la décision d'accueillir les musulmans soit abandonnée", a lancé un des organisateurs à la foule, qui a fait une prière à la Vierge Marie. Varsovie a accepté d'accueillir 2.000 réfugiés mais refuse la logique des quotas prônée par Bruxelles.
 

Un policier guide des migrants vers des hébergements temporaires à leur arrivée à Munich en provenance de Budapest le 12 septembre.
Photo : AFP/VNA/CVN


D'autres manifestations du même type, réunissant des centaines de participants, ont eu lieu à Bratislava et Prague, où les orateurs ont appelé le gouvernement à quitter l'UE.

En Allemagne, championne de l'accueil des réfugiés avec 450.000 nouveaux entrants enregistrés depuis le début de l'année, la mobilisation populaire était clairement en baisse, comme à Berlin où quelques centaines de personnes seulement ont manifesté pour un meilleur accueil des réfugiés en Europe.

Un conseil extraordinaire des ministres de l'Intérieur de l'UE se tiendra le 14 septembre à Bruxelles pour tenter d'aplanir les divisions béantes entre pays membres.

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban, chef de file de la ligne dure sur ce dossier, a réclamé un plan d'aide européen de 3 milliards d'euros aux pays voisins de la Syrie, Turquie, Liban et Jordanie, qui hébergent à eux seuls quatre millions de réfugiés.

La Hongrie, qui a recensé plus de 180.000 migrants passant ses frontières, espère bloquer leur passage dès le 15 septembre, grâce à une double clôture de fils de fer barbelés à la frontière serbe.

"Cynisme"

"S'il faut plus d'argent nous augmenterons l'aide" aux pays frontaliers de la Syrie, "jusqu'à ce que le flux de réfugiés se tarisse", a dit M. Orban au quotidien allemand Bild.

Ses propos ont été rejetés comme "extrêmement cyniques" par une responsable gouvernementale allemande, Aydan Özoguz.

Le chancelier autrichien Werner Faymann a lui aussi vivement critiqué M. Orban, estimant que le traitement réservé par la Hongrie aux réfugiés qui transitent sur son sol rappelait la période nazie. "Entasser les réfugiés dans des trains dans l'espoir qu'ils aillent très loin réveille le souvenir de la période la plus sombre de notre continent", a-t-il dit dans Der Spiegel.

Aux points de passage des frontières comme à la frontière serbo-hongroise, les flux ont grossi depuis l'annonce par Berlin, le mois dernier, d'un assouplissement de ses conditions d'accueil pour les Syriens.

Plus de 430.000 migrants et réfugiés ont traversé la Méditerranée depuis janvier, et près de 2.748 y ont péri ou disparu, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). La moitié de ceux qui sont arrivés sont des Syriens fuyant les bombardements du régime et les exactions des jihadistes, dans un pays où plus de la moitié de la population a dû quitter son foyer depuis le début du conflit en 2011.

Parallèlement, à Jeddah en Arabie Saoudite, l'Organisation de la coopération islamique (OCI), dont les membres accueillent des millions de réfugiés syriens, devait tenir une réunion extraordinaire sur la crise des migrants.

AFP/VNA/CVN

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