27/01/2017 06:08
Un coq bouilli, les ailes écartées et une rose dans le bec? Cette image extraordinaire est habituelle pour les Vietnamiens. Un véritable «chef-d’œuvre» du Têt destiné au culte des ancêtres.

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Un coq de culte dans la position «Coq en vol». Photo : TP/CVN

La tradition veut que le premier festin du Nouvel An lunaire de la famille soit dédié au culte des ancêtres. «La préparation soigneuse d’un repas de réveillon montre la vénération pour les parents défunts», dit-on. Et de faire de son mieux pour que les plats soient à la fois appétissants et majestueux. Cela pour s’attirer les bonnes grâces des ancêtres qui, là où ils sont, peuvent encore agir sur notre destinée, favorablement ou non. En effet, parmi les offrandes de culte préparées lors des fêtes (familiales ou communautaires), outre un plateau de xôi (riz gluant cuit à vapeur), le poulet bouilli à l’eau est un des éléments les plus importants.

Il est agréable de voir sur le plateau rituel un joli coq doré et de belle prestance. Cet «oiseau sacré» peut se présenter dans des positions différentes, appelées par exemple  «Coq en vol» (gà bay), «Coq en prosternation» (gà quy), «Coq en audience royale» (gà châu), «Coq aux ailes de fée» (gà canh tiên)… Il existe même un art de la cuisine dédié exclusivement à la préparation et à la présentation du coq de culte.

Un concours de lignées

«La préparation et la présentation du coq de culte sont  tellement importants qu’ils ont donné naissance à un concours particulier chez nous, dans la commune de Thach Châu, district de Lôc Hà, province de Hà Tinh (au Centre)», vante Trân Huu Tu, paysan, chef de la lignée familiale Trân, qui a remporté le Premier prix lors du concours 2016. Ce concours annuel, organisé au 15e jour du premier mois de l’année lunaire, est un événement festif communautaire opposant les lignées familiales Trân, Lê, Phan, Nguyên, Vu …

Selon la tradition, à l’occasion du Têt, chaque lignée de Thach Châu se réunit une journée pour faire un grand festin dédié au culte des ancêtres communs. L’occasion aussi pour les villageois de témoigner de leur gratitude profonde envers leurs parents défunts. Un événement spirituel et culturel important où tous les membres des lignées sont présents, y compris ceux partis travailler dans d’autres provinces. «C’est l’occasion de rivaliser de talent et de resserrer les liens communautaires», explique Trân Huu Tu.

Le concours se tient annuellement, au jour de la première lune pleine (le 15e jour du 1er mois de l’année lunaire). Chaque lignée apporte un beau plateau d’offrandes. Le coq bouilli à l’eau trône sur une assiette garnie de xôi, au milieu du plateau d’offrandes. Un jeune coq de 2 kilos environ. «Voyez ce Phénix prenant son envol. C’est admirable!», s’exclame une jeune femme en montrant du doigt le coq aux ailes rabattues gracieusement sur le dos. À côté, le coq «gà canh tiên» de Lê Mai Phung, chef de la lignée Lê, est tout aussi impressionnant : les ailes sont croisées devant le cou, la tête s’élance fièrement avec une rose dans le bec.

 

Le coq bouilli à l’eau et le xôi sont les plus importantes des offrandes.
Photo: CTV/CVN


La présentation du coq, tout un art

Selon Lê Mai Phung, 74 ans, l’art de présentation du coq de culte existe depuis très longtemps. Très expérimenté, le septuagénaire révèle quelques «trucs» qu’il a accumulés au fil de temps. Quatre étapes doivent être suivies : choix du coq, abattage, création de la pose et cuisson à l’eau.

«C’est mieux d’avoir un jeune coq qu’on a élevé avec soin chez soi. Généralement, un bon coq de culte doit présenter un plumage velouté, un corps potelé et bien proportionné, une démarche leste et majestueuse, des pattes dorées avec des ergots pointus et une grande crête pourprée», explique Lê Mai Phung.

Concernant l’abattage, tout le processus - saigner, plumer, vider - doit être exécuté par un homme expérimenté afin d’éviter des traces bleues sur la peau.
La création de la pose est le maillon décisif. Avec habileté, le créateur donne à l’oiseau la forme voulue, puis le fixe grâce à des ficelles et des baguettes de bambou.

La cuisson est elle aussi déterminante. Le coq est placé dans une grande marmite d’eau chauffée à environ 70-80°C. Une fois le coq cuit, on le sort de la marmite puis on le trempe dans de l’eau froide tout en retouchant la pose. Afin de rendre sa peau plus dorée, on l’enduit d’une couche de graisse de poulet mélangée avec du safran.

Il ne reste qu’un dernier maillon: la présentation. On dépose le coq dans une assiette de xôi et on ajoute une rose dans le bec.

«La taille du coq a peu d’importance. L’important, c’est que les ancêtres ressentent à travers lui de la vénération et de la reconnaissance de la part de leurs descendants», conclut Phan Huy Tho, surnommé «expert en coq de culte».

Le concours 2017 approche. À voir absolument !


Nghia Dàn/CVN



 

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