15/01/2016 13:10
Le gouvernement turc a annoncé le 14 janvier avoir riposté à l'attentat suicide qui a tué 10 touristes allemands à Istanbul en bombardant en Syrie et en Irak plusieurs centaines de cibles du groupe État islamique (EI), accusé d'avoir piloté le "kamikaze".
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Deux jours après l'attaque, qui a visé des étrangers pour la première fois en Turquie, le Premier ministre Ahmet Davutoglu a révélé que l'artillerie turque avait visé en 48 heures "près de 500 positions de Daech (l'acronyme arabe de l'EI)" en représailles au "lâche attentat d'Istanbul".

Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu. Photo : AFP/VNA/CVN

Lors d'une intervention devant les ambassadeurs turcs, le chef du gouvernement turc a affirmé que les bombardements avaient fait 200 tués dans les rangs de l'EI. Ce lourd bilan n'a pas été confirmé de source indépendante.

Très ferme, M. Davutoglu a averti que "toute attaque qui vise les invités de la Turquie sera punie". "Nous lutterons d'une manière déterminée contre l'organisation terroriste Daech jusqu'à ce qu'elle quitte définitivement la frontière turque", a-t-il déclaré.

Sous la pression de ses alliées, la Turquie a toutefois rejoint l'été dernier la coalition internationale antijihadiste, et pilonné à plusieurs reprises des cibles jihadistes.

Sept gardes à vue

Depuis l'attentat qui a fait 103 tués le 10 octobre devant la gare d'Ankara, attribué à l'EI, la police turque a multiplié les coups de filets contre ses membres présumés et renforcé les contrôles à ses frontières pour tenter de tarir le flux des recrues étrangères qui rejoignent le groupe jihadiste en Syrie.

Si la responsabilité de l'EI était confirmée, l'attaque du 12 janvier marquerait un changement de sa stratégie en Turquie, où elle n'avait jusque-là jamais visé de cible étrangère.

Dix Allemands ont été tués et 17 autres personnes blessées tout près de la basilique Sainte-Sophie et de la Mosquée bleue, deux des monuments les plus visités de la plus grande ville du pays.

Sept suspects ont été placés en garde à vue, a annoncé le 14 janvier le ministre de l'Intérieur, Efkan Ala, sans en préciser l'identité ou le rôle présumé.

Un policier monte la garde sur le site de l'attaque d'Istanbul, le 14 janvier.
Photo : AFP/VNA/CVN

Selon les autorités turques, le "kamikaze" est un Syrien de 28 ans, identifié dans les médias comme Nabil Fadli. M. Davutoglu a précisé le 13 janvier qu'il était parvenu à entrer sur le sol turc quelques jours avant l'attaque comme un "migrant ordinaire", dans le flot des réfugiés qui fuient la Syrie en guerre.

"Bombe atomique"

Dans la nuit du 13 au 14 janvier, 5 civils, dont 3 enfants, et un policier ont été tués dans un attentat à la camionnette piégée attribué aux rebelles kurdes, qui a visé le QG de la police à Cinar, au sud-est de Diyarbakir. L'attentat a aussi fait 39 blessés.

La déflagration, provoquée selon les enquêteurs par une charge d'une tonne et demie d'explosifs, a réduit le commissariat à un tas de ruines, et a soufflé la façade d'un bâtiment proche où résidaient les policiers.

"On allait se mettre au lit lorsqu'on a entendu une énorme explosion. J'ai cru que c'était une bombe atomique", a raconté un voisin, Sitki Dinç.

Ankara a lancé mi-décembre une vaste offensive, avec chars et hélicoptères, pour déloger de jeunes partisans des rebelles qui ont érigé des barricades dans les villes sous couvre-feu de Silopi et Cizre, ainsi que dans le district historique de Sur à Diyarbakir.

Au moins 200 policiers et soldats ont été tués ainsi que plus de 3.000 "terroristes", a affirmé fin décembre le président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan. Selon l'Association des droits de l'homme (IHD) turque, 170 civils ont aussi été tués.

M. Davutoglu a réitéré le 14 janvier sa volonté de lutter contre "toutes les formes de terrorisme".

La reprise du conflit kurde a fait voler en éclats les pourparlers de paix engagés en 2012 pour mettre un terme à la rébellion, qui a fait plus de 40.000 morts depuis 1984.

AFP/VNA/CVN

 
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