09/12/2015 16:01
Un juge de la plus haute juridiction brésilienne a suspendu provisoirement mardi soir 8 décembre la procédure de destitution de la présidente de gauche Dilma Rousseff, qui avait viré au pugilat au Congrès des députés.
>>Rousseff qualifie la procédure de destitution de "coup d'État"

Luiz Edson Fachin, l'un des 11 juges du Tribunal suprême fédéral (STF), gardien de la Constitution, a fait droit provisoirement à un recours du PCdoB (parti communiste) dénonçant des irrégularités lors de l'élection, quelques heures plus tôt, de la Commission spéciale qui sera chargée d'examiner la demande de destitution de la présidente de gauche.

Les députés de l'opposition de droite, alliés à des dissidents de la coalition au pouvoir, avaient célébré une première victoire en remportant une majorité de sièges au sein de cette commission. Les anti-Rousseff y avaient obtenu une majorité de 39 députés sur un total de 65, par 272 voix contre 199.

La présidente du Bresil Dilma Rousseff, le 8 décembre à Brazilia.
Photo : AFP/VNA/CVN

Mais la procédure imposée par le président du Congrès des députés, Eduardo Cunha, en particulier le vote à bulletins secrets, a provoqué une révolte des députés de la majorité.

Deux urnes électroniques ont même été cassées pendant cette séance plus que houleuse.

Le juge du STF a donc décidé de suspendre les travaux parlementaires jusqu'au 16 décembre, le temps que la haute juridiction au complet ne tranche sur la régularité de ce vote.

Impartialité douteuse

"La Cour a entendu que nos arguments étaient solides et que toute la procédure pouvait être entachée de nullité", a commenté l'avocat du parti communiste Ademar Borges.

Le juge Fachin a donné 24 heures à Eduardo Cunha, ennemi juré de Mme Rousseff, pour fournir des "informations sur la procédure suivie". L'impartialité de M. Cunha, quatrième personnage de l'État, est plus que sujette à caution dans cette partie d'échecs.

Le président de la chambre basse, qui a donné la semaine dernière son aval à la procédure de destitution réclamée par l'opposition, est le chef de file des anti-Rousseff au sein du grand parti centriste PMDB, poids lourd de la coalition au pouvoir.

Ce député évangélique ultraconservateur risque lui-même son poste et sa précieuse immunité parlementaire devant la Commission d'éthique de l'Assemblée pour son implication présumée dans le scandale de corruption au sein du groupe pétrolier étatique Petrobras.

Mme Rousseff, réélue de justesse fin 2014, est accusée par l'opposition d'avoir sciemment maquillé les comptes publics de l'État en pleine campagne électorale et en 2015, pour minimiser l'impact des déficits publics.
 
AFP/VNA/CVN
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