25/01/2016 15:52
Le président français François Hollande retrouve le 25 janvier le Premier ministre indien Narendra Modi pour tenter de nouer un accord sur la vente de Rafale à l'Inde et encourager l'essor de l'énergie solaire, prolongement concret de l'accord de Paris sur le climat.
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François Hollande (gauche) et Narendra Modi, le 24 janvier à Chandigarh en Inde. Photo : AFP/VNA/CVN

Le président français s'est montré très prudent le 24 janvier, au premier jour de sa visite d'État de trois jours en Inde, sur les perspectives de sceller la vente de 36 avions de chasse de Dassault dont Modi avait passé commande lors d'une visite à Paris en avril 2015.

Lors de cette visite, "nous allons franchir une autre étape qui va dans le sens, nous l'espérons tous, de l'acquisition par l'Inde de 36 Rafale", a dit le président à son arrivée à Chandigarh (Nord).

François Hollande a prévenu que cette vente passerait par la conclusion d'un "accord intergouvernemental" avant tout "contrat commercial" que devra négocier Dassault. Ce qui repousse la perspective d'une vente rapide de l'appareil que l'avionneur français a déjà commercialisé l'an dernier en Égypte et au Qatar.

Le montant de ce contrat est estimé à plusieurs milliards d'euros. M. Modi avait annoncé en avril une commande de 36 avions "prêts à voler", nécessaires pour moderniser la flotte indienne.

Le prix et le niveau d'équipement des avions sont les deux points d'achoppement de cette longue négociation. Les tractations sur la vente de l’avion de combat français à l'Inde constituent depuis des années le fil rouge des relations entre les deux pays.

Après un appel d'offres en 2007, New Delhi avait entamé dès 2012 des discussions exclusives avec Dassault Aviation pour un contrat plus large de 126 appareils mais cette première tentative avait échoué.

Dans les pourparlers en cours, l'Inde demande à Dassault d'investir jusqu'à 50% du montant du contrat, selon la presse indienne, sur le sol indien.

Si le contrat Rafale peine à se concrétiser, le groupe aéronautique Airbus s'est montré lui confiant sur la concrétisation de son entreprise commune avec l'indien Mahindra pour la fabrication d'hélicoptères militaires en Inde. Les deux groupes avaient signé un protocole d'accord en juillet.

La lettre d'intention signée le 25 janvier entre les deux groupes "définit les étapes que nous devrons franchir (..) pour être en mesure de devenir un fabricant d'hélicoptères robuste capable de servir le marché militaire indien", a dit Pierre de Bausset, patron d'Airbus en Inde.

Alliance solaire

Le président français, François Hollande (2e à gauche), arrive le 24 janvier à Chandigarh en Inde. Photo : AFP/VNA/CVN

Pour son deuxième jour en Inde, le chef de l'État français doit assister le matin du 25 janvier à la cérémonie officielle d'accueil au palais présidentiel de Rashtrapati puis il doit avoir un entretien avec Narendra Modi en milieu de journée.

M. Hollande vante la force du partenariat stratégique conclu en 1998 entre les deux pays mais veut y donner plus de consistance, en renforçant les échanges économiques et en améliorant la coopération antiterroriste.

Concrètement, François Hollande a fixé un objectif d'un milliard de dollars d'investissements supplémentaires par an pour les entreprises françaises en Inde et annoncé des accords dans le domaine des villes intelligentes ("smart cities"), dans l'énergie et le transport.

Il a cité en exemple la volonté d'associer la SNCF à la rénovation des gares indiennes, dans un pays doté d'un gigantesque réseau ferré mais qui nécessite un gros effort de rénovation.

Hollande et Modi entendent par ailleurs montrer leur volonté d'avancer en matière de lutte contre le réchauffement climatique après que le chef de l'État français eut salué l'engagement de l'Inde, quatrième émetteur mondial de gaz à effets de serre, lors de la conférence de Paris en décembre.

Les deux dirigeants doivent être inaugurer ensemble le 25 janvier en banlieue de New Delhi le siège de l'Alliance solaire internationale, regroupant 121 pays à fort ensoleillement qui veulent coopérer pour réduire le coût du financement et des technologies solaires.

L'Inde veut montrer la voie, avec un objectif de 100 gigawatts de capacités solaires en 2022, contre 4 aujourd'hui.

New Delhi a promis de réduire de 35% son intensité carbone d'ici 2030 et de générer 40% de son électricité à partir d'énergies renouvelables à cet horizon. Le géant asiatique prévoit cependant de doubler sa production de charbon d'ici 2020 pour approvisionner en électricité les 300 millions d'Indiens qui en sont toujours dépourvus.

AFP/VNA/CVN
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