11/07/2017 11:12
Touchés de plein fouet par la flambée de la violence de ces derniers mois à Rio de Janeiro, un groupe d'une quarantaine d'enseignants brésiliens ont commencé lundi 10 juillet une formation pour apprendre à réagir lors de situations à risque.

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Une affichette avertit contre des risques d'agressions, dans le quartier touristique de Santa Teresa, à Rio de Janeiro, le 5 juin. Photo : AFP/VNA/CVN


Chaque participant de la formation pour apprendre à réagir lors de situations à risque d'une semaine dispensée par le Comité International de la Croix Rouge (CICR) aura ensuite pour mission de former à son tour ses collègues au sein de chaque école municipale.

"Il s'agit d'apprendre à gérer chaque situation, comment réagir lors d'une fusillade, par exemple. Ce sont des gestes simples qui peuvent faire la différence", explique à l'AFP Lorenzo Caraffi directeur régional du CICR en Amérique Latine.

La formation s'appuie sur des méthodes utilisées par la Croix Rouge lors de missions humanitaires, adaptées aux besoins des enseignants.

"Ce ne sont pas de simples recettes à appliquer à la lettre. Les participants de cette formation doivent échanger avec nous pour que nous puissions penser ensemble à des solutions", ajoute les responsable du CICR.

Rio compte 1.537 écoles municipales, près d'un tiers d'entre elles dans des zones considérées à risque.

 

Des instituteurs brésiliens reçoivent une formation pour apprendre à réagir en cas de fusillade, le 10 juillet à Rio de Janeiro. Photo : AFP/VNA/CVN


Depuis le début de l'année scolaire, seuls sept jours de cours sur 120 ont pu se dérouler sans qu'au moins un établissement de la ville ne soit fermé à cause de problèmes de violence.

Rio est en proie à des conflits de plus en plus sanglants entre bandes rivales de trafiquants dans les favélas, quartiers pauvres où habitent près d'un quart de ses six millions d'habitants.

Lundi matin 10 juillet, au moment du début de la formation, 18 écoles étaient fermées en raison d'une intervention policière dans la Cité de Dieu, favela rendue célèbre par le film éponyme de Fernando Meirelles.

"La situation s'est tellement aggravée ces derniers temps qu'il est important de disposer de nouveaux outils pour survivre à ces scènes de chaos", affirme Emiliane Tinoco, l'une des participantes à la formation.

Cette enseignante coordonne les ressources humaines d'établissements situés dans une zone du nord de Rio où la jeune Maria Eduarda, 13 ans, a été tuée par une balle perdue en pleine cour d'école le 30 mars dernier.

"Les enseignants savent par expérience qu'en cas de fusillade, il faut amener les enfants dans le couloir, leur demander de se baisser. Mais ils se sentent souvent trop seuls face à ces situations de stress", déplore Mme Tinoco.

Selon le quotidien O Globo, 632 personnes ont été atteintes à Rio par des balles perdues - soit en moyenne plus de trois par jour - entre le 1er janvier et le 2 juillet, parmi lesquelles 67 sont décédées.

"Nous n'allons par résoudre les problèmes du jour au lendemain, mais nous ne pouvons pas rester sans rien faire", explique l'adjoint à l'éducation de la mairie, César Benjamin.

 

AFP/VNA/CVN

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