12/07/2017 09:25
Le premier ministre Edouard Philippe a clarifié mardi 11 juillet la stratégie budgétaire du gouvernement en annonçant des baisses d’impôts massives dès 2018, évaluées à près de 11 milliards d’euros, afin de créer un "souffle fiscal" susceptible de relancer l’économie française.
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Le Premier ministre français Edouard Philippe, le 11 juillet à Paris.
Photo : AFP/VNA/CVN

Taxe d’habitation, impôt sur la fortune, flat tax... Après plusieurs jours de tergiversations, marqués par des annonces contradictoires, le chef du gouvernement a dit vouloir "accélérer" le rythme des baisses d’impôts "afin de maximiser les effets économiques de cette stratégie".

"La pression fiscale sera réduite de près de 0,6 point de PIB" l’an prochain, "soit un montant proche de 11 milliards" d’euros, a-t-il déclaré dans un entretien publié sur le site internet des Échos, à la veille du début du débat d’orientation budgétaire avec les parlementaires.

"C’est un effort considérable", qui représente "plus de la moitié" des baisses d’impôts promises par l’exécutif sur l’ensemble du quinquennat, a ajoute le premier ministre, disant vouloir "provoquer un effet de souffle fiscal en faveur de l’investissement, de l’emploi et de la croissance".

Lors de son discours de politique générale, le 4 juillet, le chef du gouvernement avait annoncé des mesures d’économie, mais aussi et surtout le report à 2019 de plusieurs réformes fiscales, afin de contenir le déficit sous la barre des 3% exigée par Bruxelles en 2017 comme en 2018.

Mais face à la grogne des milieux économiques, qui craignaient de voir l’effet des baisses d’impôts se diluer en cas d’étalement des réformes dans le temps, M. Philippe avait indiqué lundi 10 juillet "étudier les solutions" pour "accélérer" les baisses d’impôts, jusqu’alors prévues à 7 milliards en 2018.

"Il s’agit d’un élément d’une politique globale cohérente, avec le plan d’investissements de 50 milliards" et "la réforme du droit du travail", assure le locataire de Matignon, désireux de "donner confiance aux acteurs économiques, avec de la visibilité et des engagements précis".

"Pas un fétichiste du chiffre"

Oublié donc le report de la réforme de l’impôt sur la fortune (ISF) : le nouveau dispositif, qui prévoit de concentrer cet impôt emblématique sur le seul patrimoine immobilier afin de favoriser l’investissement, sera appliqué "intégralement en 2018", ce qui coûtera trois milliards d’euros.

Terminées également les hésitations sur le calendrier de la réforme de la taxe d’habitation: sa suppression pour 80% des ménages, présentée comme l’une des mesures phares d’Emmanuel Macron pour le pouvoir d’achat, sera enclenchée l’an prochain, avec une première étape évaluée à trois milliards d’euros.

Quant au prélèvement forfaitaire unique de 30% sur les revenus de l’épargne, parfois qualifié de "flat tax", il sera mis en oeuvre dès 2018, avec un coût "d’environ 1,5 milliard d’euros" pour les finances publiques, souligne Edouard Philippe, qui précise que "les produits défiscalisés comme le Livret A seront toujours exemptés".

Malgré ces différentes mesures, le chef du gouvernement se dit "prudent" sur les prévisions macroéconomiques, indiquant tabler sur une hausse du produit intérieur brut (PIB) de 1,6% en 2017, puis de 1,7% en 2018 et de 1,8% en 2022. Soit une trajectoire proche de celle prévue par le gouvernement précédent.

Le gouvernement a par ailleurs inscrit dans ses documents budgétaires un déficit public s’établissant à 2,7% en 2018. "Mais je ne suis pas un fétichiste du chiffre", prévient le Premier ministre. "Mon objectif politique est d’être en dessous de 3%, grâce au retour de la confiance".

La France, qui a enregistré un déficit de 3,4% du PIB en 2016, doit repasser sous la barre des 3% dès cette année et s’y maintenir l’an prochain afin de sortir de la procédure de déficit excessif dans laquelle elle se trouve.

Pour respecter cette trajectoire, tout en finançant les baisses d’impôts, le gouvernement prévoit un quasi-gel des dépenses publiques hors inflation. Sur l’État, "cela devrait représenter au moins 20 milliards d’euros d’économies en 2018", précise M. Philippe.

Au total, d’ici la fin du quinquennat, le chef du gouvernement se fixe pour objectif de faire passer l’endettement public de 97% du PIB en 2017 à 92% en 2022. 

AFP/VNA/CVN

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