01/05/2017 17:27
Loin de faire bloc comme en 2002 contre le Front national, les syndicats célèbrent lundi 1er mai en ordre dispersé. Les uns veulent appeler à "faire barrage" à Marine Le Pen, d'autres à voter pour Emmanuel Macron et certains à "battre les deux candidats".

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Posters de campagne de Marine Le Pen, près de Toulouse, le 28 avril 2017.
Photo : AFP/VNA/CVN


À moins d'une semaine du second tour de la présidentielle, la traditionnelle journée internationale des travailleurs aurait pu souder, comme il y a 15 ans, l'ensemble des organisations salariales contre le Front national.

Mais cette fois elles ont échoué à faire l'unité le temps d'un défilé, faute d'entente sur les mots d'ordre. 

"On n'est plus en 2002. Avec la CFDT il y a une différence d'appréciation de fond sur l'analyse des raisons qui amènent le FN" au second tour, expliquait dimanche 30 avril Philippe Martinez, numéro un de la CGT, dans Le Parisien.

Du coup, la CFDT et l'Unsa, qui ont appelé à voter pour Emmanuel Macron le 7 mai pour "battre" la candidate du FN, organisent, de leur côté, des rassemblements dont un à Paris, avec les étudiants de la Fage (Fédération des associations générales étudiantes).

Laurent Berger, numéro un de la CFDT, et Luc Bérille, son homologue de l'Unsa, ont invité les militants à 11H00 devant le métro Jaurès (19e arrondissement) pour "rejeter la vision réactionnaire et identitaire du Front national".

Conscient des réticences à voter Macron, Laurent Berger a prévenu que le bulletin en faveur du candidat d'En Marche! ne valait "pas acceptation de son programme". "Nous combattrons M. Macron lorsque nous serons en désaccord, notamment sur sa conception du dialogue social", a-t-il dit.

Mais la CGT, FO, FSU et Solidaires ne sont pas du même avis, et manifesteront ensemble dans de nombreuses villes. À Paris, ce sera à 14h30, de République à Nation.

Ces centrales, déjà unies pour s'opposer à la loi travail, ont appelé à "faire barrage" à Marine Le Pen, sans pour autant inviter ouvertement à voter pour son adversaire.

M. Martinez s'est défendu d'opter pour le "ni-ni". "Ce n'est pas la position de la CGT. Cela veut dire qu'il faut aller voter, c'est clair"

"Battre les deux candidats" 

Comme d'habitude, Force ouvrière, elle, s'est abstenue de donner une consigne de vote. "Je ne veux pas culpabiliser les électeurs quels qu'ils soient, on n'est pas des directeurs de conscience", a déclaré son secrétaire général, Jean-Claude Mailly, lundi 1er mai, même si pour lui, il n'y a "pas un signe égal" entre les deux candidats. 

"On ne peut pas faire abstraction du fait qu'Emmanuel Macron représente tout le quinquennat: le travail le dimanche, le CICE, la loi travail, c'est lui", explique Éric Beynel, porte-parole de Solidaires, qui défilera aux côtés de Philippe Martinez, Jean-Claude Mailly et Bernadette Groison (FSU).

Des voix discordantes issues des rangs des centrales syndicales appelleront "à battre les deux candidats". "Nous sommes contre le fascisme et contre la finance", explique Romain Altmann, secrétaire général CGT Info'Com. Une position avec laquelle Philippe Martinez se dit "en profond désaccord". "Le Front national, c'est un parti raciste, xénophobe, anti-femmes et anti-salariés", a-t-il rappelé lundi matin 1er mai.

En 2002, quand le second tour opposait Jacques Chirac à Jean-Marie Le Pen, les organisations syndicales avaient fait bloc le 1er mai.

Ce jour-là, environ 1,3 million de personnes, dont 400.000 à Paris (selon le ministère de l'Intérieur), avaient battu le pavé dans le calme dans toute la France à l'appel de la CGT, la CFDT, FO, la FSU et l'Unsa pour "faire barrage par leur vote à Jean-Marie Le Pen".

Mais cette année, "la situation n'est pas la même", insiste Jean-Claude Mailly: "le choc est moins fort". Une position partagée par Philippe Martinez, qui regrette qu'après 2002 "pas grand monde" n'ait "tenu compte de cet électrochoc".

Cette année, plus de 9.000 policiers, gendarmes, et militaires de l'opération Sentinelle seront engagés dont 2.000 dédiés notamment à la sécurisation de la manifestation parisienne, selon la préfecture de police. L'an dernier, en pleine contestation de la loi travail, 84.000 personnes avaient défilé en France, de sources policières, avec des incidents à Paris.

D'autres mobilisations, qui ne sont pas à l'initiative de syndicats, sont également prévues dans la matinée comme celles de jeunes appelant à manifester "contre Le Pen et Macron" place de la République ou de militants d'Alternative libertaire.
 

AFP/VNA/CVN

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