05/12/2015 15:04
Fin du premier round : après une semaine de laborieux pourparlers, les négociateurs de la conférence de Paris sur le climat remettent à la mi-journée leur copie, canevas de l'accord mondial espéré pour juguler l'emballement du réchauffement planétaire.
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À partir du 8 décembre, il appartiendra aux ministres des 195 pays réunis jusqu'au 11 décembre au Bourget, près de Paris, de s'emparer du texte pour le transformer en un accord universel.

Un Indien de la forêt amazonienne lors de la conférence sur le climat au Bourget près de Paris, le 4 décembre. Photo : AFP/VNA/CVN

"Le vrai test ce sera quand les ministres arrivent", avertit Alix Mazounie, de l'ONG Réseau Action Climat France. Il faudra "voir s'ils confirment qu'on est bien à la hauteur du défi". "En général, la première semaine on reste dans la posture", souligne-t-elle, espérant que "les pays ont encore des cartes à jouer la semaine prochaine".

Pour Greenpeace France, "on est à mi-chemin de la COP mais il va rester beaucoup à faire la semaine prochaine".

Le président de la conférence, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, à qui les négociateurs remettront leur texte - fruit d'une mission de quatre ans qui leur a été confié à Durban -, l'a lui-même reconnu : "il y aura encore beaucoup, beaucoup de travail" pour les ministres, car "à ce stade, le compte n'y est pas".

"Mon souhait est que le texte qui me sera remis intègre le maximum de solutions de compromis", a-t-il souligné.

Sean Penn au Bourget

Les médiateurs des groupes de travail ont présenté le 4 décembre un document de 38 pages offrant des propositions de compromis et qui a perdu la moitié de ses options entre crochets, passés de 1.400 à 750.

Mais il reste encore de nombreux points d'achoppement, les plus durs étant le financement de l'aide climatique aux pays du Sud et la répartition des efforts pour lutter contre le changement climatique entre pays développés, émergents et en développement.

Évolution des financements climat et données compares.
Photo : AFP/VNA/CVN

Une nouvelle fois, Laurent Fabius a rappelé le 4 décembre que les délais sont courts. "Il faut faire le calendrier à l'envers, la conférence doit se terminer vendredi soir (11 décembre), il faut un accord avant", a-t-il dit.

Les ministres vont tenter de parvenir à un accord pour limiter à 2 degrés la hausse du thermomètre. Au-delà, les scientifiques promettent des impacts irréversibles (sécheresses, inondations accrues, baisse des rendements agricoles, érosion des côtes...).

Pour l'heure, les engagements de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre annoncés par les États ne suffisent pas à atteindre cet objectif, plaçant le monde sur une trajectoire de +3 degrés.

En marge de la conférence se tiendra samedi 5 décembre la Journée de l'Action (Action Day) qui doit réunir sur le site de la conférence (COP21) plusieurs dizaine de personnalités du monde entier mobilisées dans la lutte contre le changement climatique.

Après Leonardo di Caprio et Robert Redford, accueillis vendredi le 4 décembre au sommet des maires à Paris, Sean Penn sera l'hôte de la COP21. ll devrait prendre la parole sur la forêt.

La journée sera clôturée par le président François Hollande qui s'entretiendra également avec l'ancien vice-président américain Al Gore, prix Nobel de la paix en 2007 avec le Giec, les scientifiques qui ont alerté sur le climat.

AFP/VNA/CVN
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