23/07/2017 15:26
Deux Palestiniens ont trouvé la mort samedi 22 juillet dans des affrontements avec les forces de l'ordre israéliennes près de Jérusalem, au lendemain de violences meurtrières provoquées par les nouvelles mesures de sécurité à l'entrée de l'esplanade des Mosquées.

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Des Palestiniens tentent de bloquer le passage de voitures de police israéliennes à proximité de la Porte des lions, dans la vieille ville de Jérusalem, le 22 juillet 2017. Photo : AFP/VNA/CVN 


Les violences meurtrières seront le sujet d'une réunion d'urgence lundi 24 juillet du Conseil de sécurité de l'ONU, convoquée à la demande de la France, de la Suède et de l'Égypte.

Depuis une semaine, les heurts sont quotidiens entre forces de sécurité israéliennes et manifestants palestiniens, qui dénoncent l'installation par Israël de détecteurs de métaux aux accès du troisième lieu saint de l'islam, dans la vieille ville de Jérusalem. Mais jusqu'à vendredi 21 juillet ces affrontements n'avaient fait que des blessés.

Samedi 22 juillet, un Palestinien de 17 ans est mort quelques heures après avoir été grièvement blessé par balle dans des heurts à El-Azariyé, en Cisjordanie occupée, juste à l'est de la ville sainte, selon le ministère palestinien de la Santé.

Non loin de là, à Abou Dis, un autre adolescent palestinien, âgé de 18 ans, est mort lorsque le cocktail Molotov qu'il voulait lancer sur les forces israéliennes a explosé sur lui, d'après la même source.

"Appels à la désescalade"

 

Des musulmans palestiniens prient à l'extérieur de la Porte des lions, principale entrée menant à l'Esplanade des Mosquées dans la vieille ville de Jérusalem, le 22 juillet 2017. Photo : AFP/VNA/CVN 


La veille, trois Palestiniens ont perdu la vie dans des affrontements avec les forces de sécurité à Jérusalem-Est et en Cisjordanie. Et trois Israéliens ont été tués par un Palestinien à leur domicile dans une colonie israélienne près de Ramallah en Cisjordanie occupée.

La réunion du Conseil de sécurité de l'ONU prévue pour lundi 24 juillet permettra de "parler urgemment de la façon dont les appels à la désescalade peuvent être soutenus", a indiqué l'ambassadeur suédois à l'ONU, Carl Skau.

Les représentants du Quartette pour le Proche-Orient ont appelé samedi 22 juillet toutes les parties à "faire preuve d'une retenue maximale, à éviter les actions de provocation et à travailler en vue d'une désescalade".

Dans un communiqué daté de Bruxelles, le Quartette (
États-Unis, Russie, Union européenne, ONU) a dit avoir pris acte des "assurances du Premier ministre d'Israël (Benjamin Netanyahu) selon lesquelles le statu quo sur les lieux saints serait préservé et respecté".

Les envoyés du Quartette encouragent "Israël et la Jordanie (gardienne des lieux saints musulmans à Jérusalem, ndlr) à travailler ensemble pour maintenir le statu quo" sur l'esplanade des Mosquées.

Un voeu partagé par l'Union européenne, qui a "encouragé Israël et la Jordanie à travailler ensemble pour trouver des solutions pour maintenir la sécurité pour tous".

Statu quo

Un membre de la Croix Rouge aide un blessé, lors d'affrontements entre Palestiniens et forces israéliennes au checkpoint de Qalandiya, entre Ramallah et Jérusalem, en Cisjordanie occupée, le 21 juillet 2017.
Photo : AFP/VNA/CVN 


Les autorités israéliennes ont fait installer des portiques de sécurité aux entrées de l'esplanade des Mosquées après une attaque meurtrière contre des policiers le 14 juillet à proximité de ce site ultra-sensible, qui cristallise les tensions depuis des décennies.

Le président palestinien Mahmoud Abbas a annoncé le gel des contacts avec Israël tant que ces mesures ne seraient pas annulées.

Elles ont ravivé les craintes des Palestiniens de voir Israël prendre le contrôle exclusif de l'esplanade des Mosquées, site le plus sacré du judaïsme sous le nom de Mont du Temple, dont l'
État hébreu contrôle les accès mais dont la gestion revient à la Jordanie.

Les autorités israéliennes assurent ne pas avoir l'intention de modifier les règles tacites du statu quo, aux termes duquel les musulmans peuvent monter à toute heure sur le site et les juifs y pénétrer à certaines heures, sans pouvoir y prier.


À Jérusalem-Est, dont l'annexion par Israël n'a jamais été reconnue par la communauté internationale, la vieille ville était placée samedi 22 juillet sous forte présence policière.

Des heurts ont éclaté à la porte des Lions, située à proximité de l'esplanade des Mosquées.

Plusieurs dizaines de Palestiniens encagoulés ont par ailleurs jeté des pierres et des pneus enflammés sur les forces de l'ordre en fin d'après-midi à Jérusalem-Est et dans des villages palestiniens limitrophes, a dit une porte-parole de la police.

Au point de passage de Qalandia, entre Ramallah et Jérusalem, des heurts ont opposé plusieurs centaines de Palestiniens aux forces de l'ordre israéliennes, selon des sources palestiniennes. Au moins huit Palestiniens ont été blessés, d'après le ministère palestinien de la Santé.

Ce nouvel accès de fièvre fait craindre une reprise de la vague de violences qui secoue Israël et les Territoires palestiniens depuis octobre 2015 et qui a coûté la vie à 289 Palestiniens, 47 Israéliens, deux Américains, deux Jordaniens, un 
Érythréen, un Soudanais et une Britannique, selon un décompte de l'AFP.

Cette vague de violences avait commencé peu après plusieurs jours d'affrontements en septembre 2015 autour de l'esplanade des Mosquées et avait considérablement diminué ces derniers mois.

AFP/VNA/CVN 

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