19/06/2017 12:49
Le président Juan Manuel Santos a défendu dimanche 18 juin la paix en Colombie, au lendemain d'un attentat à la bombe ayant tué à Bogota trois femmes dont deux Colombiennes et une Française, et offert une récompense pour toute information permettant d'en identifier les auteurs.
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Le président colombien Juan Manuel Santos, le 17 juin à Bogota.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Avec la paix, avec la réconciliation, nous avons beaucoup avancé pour assurer la tranquillité des Colombiens", a lancé le président Juan Manuel Santos, récompensé en 2016 d'un Nobel de la paix pour ses efforts afin de tourner la page du conflit armé déchirant le pays depuis un demi-siècle, le plus ancien d'Amérique latine.

"Soyez sûrs que nous n'allons pas permettre que ce qui a été atteint jusqu'à présent soit freiné par des extrémistes, des lâches ou ceux qui ne veulent pas la réconciliation du peuple colombien", a-t-il ajouté.

Le chef de l'État, qui s'est rendu sur les lieux de l'explosion, provoquée par un engin placé derrière un siège des toilettes pour femmes d'un centre commercial, a annulé son déplacement prévu ces prochains jours au Portugal.

Il a en revanche maintenu sa visite en France où il se réunira mardi 20 juin avec son homologue Emmanuel Macron, qui a exprimé dans un tweet sa "tristesse et (ses) condoléances" aux proches de la victime française, Julie Huynh, 23 ans, "engagée bénévolement à Bogota".

Les autorités ont "trois hypothèses concrètes" sur les auteurs de cet attentat, a-t-il précisé après une réunion avec les hauts responsables des forces publiques, refusant de donner plus de détails pour ne pas "porter préjudice à l'enquête" et offrant une récompense de 100 millions de pesos (environ 33.000 dollars) "à toute personne qui nous donnerait des informations pouvant aider à capturer les responsables".

"Un +boum+ très fort" 

L'attentat, immédiatement condamné par l'ELN, la dernière guérilla en activité en Colombie, ainsi que par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), s'est produit samedi 17 juin vers 17h00 (22h00 GMT) dans le centre commercial Andino, très fréquenté, notamment par les étrangers.

Patrouille de police le 18 juin à Bogota, dans un centre commercial où un attentat a été commis la veille. Photo : AFP/VNA/CVN

La section antiterroriste du parquet de Paris a ouvert une enquête pour "assassinats et tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste", selon une source judiciaire à Paris, une procédure classique quand des ressortissants français figurent parmi les victimes.

Cet attentat survient alors que les Farc, qui ont signé un accord de paix en novembre, doivent terminer mardi 20 juin de remettre leurs armes à l'ONU. Des négociations sont menées parallèlement avec l'ELN (Armée de libération nationale) pour parvenir à une paix complète après plus d'un demi-siècle de conflit armé qui a fait 260.000 morts et plus de 60.000 disparus.

Volontaire pour une ONG

Pour l'expert Victor de Currea-Lugo, il est peu probable que l'attentat ait été commis par les Farc ou l'ELN.

En revanche, "il y a des groupes paramilitaires d'extrême droite qui sont responsables du meurtre de militants sociaux et d'actions contraires à la paix", a expliqué ce professeur de l'Université nationale. Cela ne devrait toutefois ps menacer le processus de paix, qui "a sa propre dynamique et le soutien d'une partie de la société", selon lui.

L'attentat "ne peut venir que de ceux qui veulent fermer les chemins de la paix et de la réconciliation", a également estimé le chef des Farc, Rodrigo Londoño, alias "Timochenko".

Dimanche 18 juin, le centre commercial a rouvert ses portes, avec des mesures de sécurité renforcées et une affluence de visiteurs nettement moindre que d'habitude, a constaté un journaliste de l'AFP.

AFP/VNA/CVN

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