08/12/2015 11:41
Les ministres sont entrés en scène le 7 décembre à la conférence de Paris sur le climat pour progresser vers l'accord universel contre le réchauffement espéré le 11 décembre, une dernière ligne droite abordée dans un état d'esprit "constructif".
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Photo prise au grand angle d'une œuvre artistique faite avec des morcaux de glace, exposée devant le Panthéon, le 6 décembre.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Plusieurs parties ont mis de côté les positions qu'elles préfèrent pour avancer vers des consensus", a déclaré la ministre de l'Environnement de la Norvège, Tine Sundtoft, à l'issue des travaux de la journée.

D'autres délégués ont évoqué lors d'une séance plénière un "état d'esprit constructif" (Brésil), une "bonne atmosphère" (Malaisie) ou encore un "esprit de coopération et de bonne volonté" (Cuba).

Plus tôt dans la journée, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, avait appelé les délégués réunis au Bourget, près de Paris, à prendre "plus que des demi-mesures".

"La catastrophe climatique nous guette (...) et le monde a les yeux rivés sur vous", avait-il lancé. L'heure est venue de répondre "à l'appel de l'histoire", avait renchéri la responsable climat de l'ONU, Christiana Figueres.

Les délégués doivent conclure vendredi 11 décembre un accord qui permette de limiter le réchauffement à +2°C par rapport à l'ère pré-industrielle, et éviter l'accélération des effets destructeurs déjà constatés, de la fonte des glaciers aux cyclones dévastateurs. Or, de nombreuses questions épineuses restent à régler.

Une bonne nouvelle est cependant venue conforter les efforts déjà accomplis en faveur d'une transition énergétique.

Les émissions de CO2, issues de la combustion d'énergies fossiles et de l'industrie, devraient baisser en 2015 d'environ 0,6% après une hausse rapide durant des années et une quasi-stabilité en 2014, selon une étude.

Bien plus important, il s'agit de la première baisse du principal gaz à effet de serre en période de croissance économique. Elle est essentiellement due à la baisse de la consommation de charbon en Chine, le premier pollueur au monde qui s'est engagé à un pic de ses émissions "autour de 2030".

"Airpocalypse"

La Chine a d'ailleurs déclenché pour la première fois lundi 7 décembre l'alerte maximale "rouge" à la pollution à Pékin  alors qu'un nouvel épisode "d'airpocalypse" devait toucher la capitale.

Évolution des financements climat et données comparées (135x91mm).
Photo : AFP/VNA/CVN

Une centaine de ministres (Environnement, Énergie, Affaires étrangères), dont le secrétaire d'État américain John Kerry, travaillent sur un texte de 48 pages adopté samedi, qui contient encore de très nombreuses options à trancher.

Le calendrier posé par le président de la COP21, le ministre français Laurent Fabius, est très serré : "une première vision d'ensemble" du texte dès mercredi et sa conclusion jeudi, pour des raisons de traduction et de formulation juridique.

La conférence a d'ores et déjà permis d'obtenir de 185 pays, couvrant la quasi-totalité des émissions de GES, l'annonce de mesures pour limiter la progression, voire réduire, leurs rejets polluants d'ici 2025 ou 2030.

Pour autant, ces émissions continueront globalement à progresser, mettant la planète sur la trajectoire d'un réchauffement situé entre 2,7°C et 3,5°C.

L'un des enjeux de l'accord de Paris est de bâtir un mécanisme garantissant une révision tous les cinq ans et à la hausse des objectifs de chaque pays.

La date de première révision est une question cruciale. Ban Ki-moon a clairement appelé les pays à agir "dès avant 2020", un point très disputé et auquel tiennent particulièrement les pays les plus vulnérables, comme les Etats insulaires menacés par la montée des eaux.

"Si nous sauvons Tuvalu, nous sauverons le monde!", a lancé son Premier ministre, Enele Sosene Sopoaga, qui a rappelé l'importance de la mention dans le texte de l'objectif de 1,5°C, car toute hausse au-delà cette limite "entraînera la disparition totale" de son île.

L'un des dossiers les plus difficiles est celui de l'aide financière aux pays du Sud pour leur permettre de s'engager dans une transition énergétique et de s'adapter aux effets du réchauffement.

Ces derniers exigent notamment des assurances sur le versement promis de l'aide de 100 milliards de dollars par an d'ici 2020, et sur une augmentation de cette somme après cette date. Mais les pays riches ne veulent plus être les seuls à mettre la main au portefeuille. "Il est temps d'en finir avec cette ligne de partage entre pays développés et en développement qui nous empêche d'avancer", a plaidé John Kerry.
 
AFP/VNA/CVN
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