05/07/2017 09:06
La coalition au pouvoir dans la région espagnole de Catalogne a encore défié Madrid, mardi 4 juillet, en promettant de déclarer "immédiatement" l'indépendance si elle remportait le référendum d'autodétermination qu'elle veut organiser le 1er octobre.

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"Un vote décisif aura lieu le 1er octobre, nous respecterons le vote de tous les citoyens de Catalogne", a déclaré le président séparatiste de Catalogne Carles Puigdemont lors d'une conférence.

Dans la matinée, des députés indépendantistes de tous bords avaient détaillé le contenu de la loi destinée à organiser le vote, interdit par la justice espagnole.

 

Le président séparatiste de Catalogne, Carles Puigdemont, à Barcelone, le 4 juin. Photo : AFP/VNA/CVN


"Si une majorité des votes émis est en faveur de la création d'un république catalane, il faudra évidemment et immédiatement déclarer l'indépendance", a notamment estimé une élue régionale de la petite formation séparatiste d'extrême gauche CUP, Gabriela Serra.

En cas de victoire du "non", a-t-elle précisé, de nouvelles élections régionales seraient convoquées.

La loi "établira un régime juridique exceptionnel", a déclaré l'élu Jordi Orobitg de la coalition "Ensemble pour le oui" (Junts pel si), composée de séparatistes de droite et de gauche.

Pour les séparatistes, cette loi prévaudra sur les autres normes et sera donc au-dessus de la Constitution espagnole car, stipule son article 2, le "peuple de Catalogne est un sujet politique souverain".

"C'est un coup d'État qui prend des apparences démocratiques", a immédiatement réagi Xavier Garcia-Albiol, chef en Catalogne du Parti populaire (conservateur) qui gouverne l'Espagne.

La Catalogne, deuxième région la plus peuplée d'Espagne - avec 7,5 millions d'habitants sur 47 - a vécu depuis le début des années 2010 un essor rapide de l'indépendantisme, favorisé par l'absence de dialogue avec les conservateurs arrivés au pouvoir à Madrid fin 2011.

Dès 2014, le gouvernement régional du nationaliste Artur Mas avait voulu organiser un référendum s'inspirant du modèle écossais. Mais, face à l'opposition de Madrid, il l'avait transformé en une consultation sans conséquences légales, qui avait été interdite par la justice.

Un an plus tard, en septembre 2015, les séparatistes de tous bords l'avaient emporté avec près de 47% des suffrages, ce qui leur donne 72 sièges sur 135 au Parlement régional.

Majorité favorable à un référendum

Même si leur victoire n'avait alors pas été aussi large qu'espéré, ils avaient considéré que les Catalans leur avaient donné carte blanche pour mener la région vers l'indépendance, leur programme électoral étant centré sur cette promesse.

La société catalane est pourtant encore profondément divisée : 48,5% des Catalans sont contre la sécession, 44,3% pour, selon un récent sondage d'un institut dépendant du gouvernement catalan.

Mais une très large majorité, plus de 70%, aimerait trancher la question par un référendum.

Le gouvernement espagnol du conservateur Mariano Rajoy est fermement opposé à ce référendum et répète qu'une question relative à la souveraineté nationale doit être débattue par l'ensemble des Espagnols.

Il a saisi la Cour constitutionnelle, qui, une fois de plus, a déclaré cette consultation illégale.

En février, la Cour avait fait savoir à l'exécutif catalan que toute action en ce sens serait passible de poursuites.

 

AFP/VNA/CVN

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